Ristournes et fonds de soutien aux producteurs de coton: Bakary Togola, le paysan le plus brimé du Mali, clame son innocence

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Plus que le tort à lui déjà injustement infligé, l’histoire entre Bakary Togola et la justice malienne tend à devenir un véritable feuilleton, si ce ne sont simplement des coups prémédités pour le détruire. En effet, à peine sorti de 19 mois de détention préventive (???), l’ancien patron des paysans maliens voit son nom cité (dans les médias et les réseaux sociaux) dans un supposé détournement du Fonds de soutien aux producteurs de coton d’un montant de plus de 18 milliards de F CFA.

Rien que du brouillard ! Mais, cette fois-ci, Bakary a tenu à prendre les devants en donnant sa version des faits aussi bien sur le premier dossier (sur la table de la Cour d’appel de Bamako) que sur un nouveau scandale qu’on veut lui coller au dos. Enseignement à retenir d’emblée : malgré ce qui lui arrive à tort, l’enfant de Niamala, qui clame toujours son innocence, se dit confiant en la justice malienne, mais remet son sort à Dieu.

Le fait n’est pas courant, mais, ne dit-on pas qu'”une fois n’est pas coutume” : le 10 août dernier, Bakary Togola était ouvertement face à la presse, à son domicile privé, à Yirimadio. Objectif : dissiper un malentendu sur un fait diversement interprété et démentir une rumeur l’accusant, à nouveau, de détournement.

Le malentendu ? C’est son récent passage dans les locaux du Pôle économique et financier du Tribunal de la Commune III du district de Bamako où il a été aperçu le 6 août dernier. Tel le scoop de l’année, l’info fit le tour de la toile et de certains médias et, pis, le fait fut interprété de mille manières, chacun y mettant sa pincée de sel.

Au fait, ce fameux vendredi 6 août, Bakary Togola et ses co-accusés étaient convoqués au Pôle économique et financier pour signer des procès-verbaux de l’affaire qui les avaient maintenus enfermés à la Maison centrale d’arrêt de Bamako pendant longtemps et dans laquelle ils bénéficiaient d’une liberté provisoire (nous y reviendrons plus bas).

“Nous étions dans les murs du Pôle économique et financier à la demande cette juridiction sans nous notifier le motif. Mais, en réalité, c’était juste pour nous signifier que l’enquête est bouclée à son niveau et que nous devions signer des procès-verbaux qui doivent être transmis à la Cour d’appel de Bamako. Comme tous les autres, j’ai signé, et nous attendons la décision de la Cour d’appel. Ni plus, ni moins”, souligne l’ancien président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam) et de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de coton (C-SCPC).

A titre de rappel, le vendredi 13 septembre 2019, Bakary Togola avait été placé sous mandat de dépôt et déféré à la Maison centrale d’arrêt de Bamako sur une simple dénonciation d’un ennemi juré, en l’occurrence son ancien chef comptable à la C-SCPC, Fadiala Coulibaly, en contrat expiré.

Sur l’information judiciaire ouverte pour détournement présumé de fonds publics au détriment des producteurs de coton, le procureur du Tribunal de la Commune III du district de Bamako en charge du  Pôle économique et financier de l’époque, Mamoudou Kassogué (aujourd’hui ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, garde des Sceaux) expliquait que les investigations ont permis de savoir que de 2013 à 2019, la Compagnie malienne de développement du textile (CMDT) a octroyé 13,431 milliards de F CFA à la (C-SCPC).

Bouc émissaire

Sur ce montant, seul le montant 8,854 milliards de FCFA ressort dans les comptabilités de la Confédération. Sur ce montant comptabilisé, 4,886 milliards de FCFA se seraient volatilisés. Ce qui donne un total non justifié de 9,462 milliards de FCFA. Plusieurs autres travailleurs étaient cités dans l’affaire et incarcérés à la MCA.

A l’époque, des voix s’étaient élevées du monde paysan pour demander la libération immédiate et sans condition de celui qu’il qualifie de leur protecteur et bienfaiteur sinon leur messie. Aussi, dans le monde politique et intellectuel et au sein du Malien lambda, l’indignation était à son comble. Mais, rien n’y fit. Bakary a été emprisonné pendant 19 mois entre septembre 2019 et avril 2021.

En effet, c’est le mercredi 7 avril 2021 que la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako a ordonné, en son audience du jour, la mise sous liberté de l’ancien président de l’Apcam, destitué pendant qu’il était en prison. Cinq (5) mois après, il est convoqué au Pôle économique et financier, pour le motif que nous avons précisé plus haut. Mais, sa simple présence en ces lieux avait suscité moult interprétations qui ont défrayé la chronique.

Et pour pimenter ce feuilleton Bakary Togola (2e objectif de sa conférence de presse du 10 août), son nom est cité par les canaux d’information dans une scabreuse affaire de détournement du Fonds de soutien aux producteurs de coton qui s’élèverait à plus de 18 milliards de FCFA.

Cette fois-ci, le brimé Bakary Togola prend à l’avance l’opinion nationale à témoin sur ce qui s’apparente désormais à une cabale contre l’homme. Il clame son innocence pure et simple dans une quelconque malversation  sur le Fonds de soutien aux producteurs de coton dont il était d’ailleurs le signataire des comptes en sa qualité de président de la C-SCPC.

Pour lui, il y avait plus de 2,410 milliards dans les comptes du Fonds de soutien, logés à la BIM-SA au moment de son incarcération, en septembre 2019.

Mieux, ce Fonds de soutien avait plus de 19,760 milliards de FCFA d’impayés à la CMDT, comme peuvent le témoigner Modibo Koné et Baba Berthé, anciens PDG de la CMDT.

Bakary Togola détaille dans un document mis à la disposition de la presse : “Il y avait 3 milliards d’impayés aux producteurs de coton au titre de la campagne 2016-2017 ; 9,846 milliards pour la campagne 2017-2018 ; et 6,914 milliards  au titre de la campagne 2018-2019”.

Pour quelqu’un qui séjournait en geôle, Bakary Togola s’interroge par quelle magie noire, il aurait pu détourner et dépenser cet argent. Si les faits de détournements avancés sont avérés, ils ne seraient pas son œuvre.

NATURELLEMENT ! Débat clos !

Aujourd’hui, tous les regards et les oreilles sont orientés vers la Cour d’appel de Bamako qui doit rendre son jugement dans l’affaire du supposé détournement des 9,642 milliards FCFA des ristournes des producteurs de coton.

                    La Rédaction

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2 COMMENTAIRES

  1. Ce gros Bambara bête aurait pu se passer de la politique. Voici un self-maid malien qui s’est laissé piéger par les prédateur, qui paie pour son arrogance d’analphabète. Les Bambaras ont toujours été ainsi, des imbéciles, incapables de s’unir.

  2. 9 milliards sans compter les montants derrière la virgule qui représentent des centaines de millions et des milliers de francs CFA. Énoncés comme ça ne signifient rien pour nous les smicards.
    Celà pourrait signifier quelques chose pour nous si on disait plutôt 9.000 millions.
    Avec ce montant on peut construire des ponts, des mini barrages et des Centres de santé dans beaucoup de villages dans nos zones cotonnières.
    Mes nos journaleux crève-la-faim pour la plupart courrant les perdiems lors des conférences et des réunions politiques, tentent de minimiser ces graves atteintes à nos deniers publics.
    Combien gagnent-Il en défendant de tels délits ?
    Un peu de pitié pour le peuple martyr du Mali.

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