Trois grandes figures pour conduire le dialogue politique : Forces et faiblesses des choix non consensuels

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L’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maiga, le médiateur de la République Baba Hakib Haidara et l’Universitaire Aminata Dramane Traoré sont les trois personnalités nommées lors du Conseil des Ministres extraordinaire du 7 juin 2019  pour piloter le dialogue politique inclusif tant attendu par le peuple malien. Tout comme le Pr Dioncounda Traoré pour le centre, ces trois personnalités ne souffrent d’aucune suspicion sur leur moralité et seraient à hauteur de mission, rien qu’à en juger par leur parcours. Mais est ce que la seule carrure suffit dans le contexte actuel de crise de confiance  au Mali pour être un bon pilote ? Voici les forces et les faiblesses de ces trois pilotes devant conduire le dialogue à bon port.

Comme forces, les trois personnalités semblent être choisies sur la base de leur neutralité politique. Elles jouissent d’une bonne presse et semblent être irréprochables dans la gestion des affaires publiques. Une autre qualité serait leur représentativité. On dit d’elles qu’elles sont les représentants de trois grandes entités, à savoir la Majorité avec Baba H. Haidara, qui serait un proche du Président IBK, l’Opposition avec Ousmane Issoufi Maiga, qui serait  proche de l’URD et enfin de la société civile  avec Aminata D Traoré avec son Mouvement alter mondialiste. Autres atouts des trois figures, sont  les postes de responsabilité qu’elles ont occupés ce qui leur donne une certaine légitimité. Ousmane Issoufi a été plusieurs fois ministre et a fini par la plus haute marche de l’Administration avec le poste de Premier ministre. Quant à Baba Hakib Haidara, il est l’actuel médiateur de la République et fut Ministre sous Alpha Oumar Konaré, tout comme l’Altermondialiste Aminata Dramane Traoré. Donc, leur parfaite connaissance du pays devrait faire de ces trois personnalités un bon trio pour piloter le dialogue politique inclusif.

L’arbre ne devant pas cacher la forêt en dépit de ces qualités, les trois personnalités souffrent d’un manque de consensus dans leur choix. Rien qu’à en juger par la déclaration de l’ADEMA Association et surtout du Mouvement en gestation contre le dialogue politique,  s’il n’est pas véritablement inclusif et surtout contre la révision constitutionnelle qui serait l’une des recommandations phares de ce dialogue. On peut en déduire qu’elles n’auront pas le soutien d’une frange importante de l’opposition. Pour rappel, le Mouvement en gestation qui  engloberait des associations  de la société civile des partis politiques, des regroupements politiques, aurait comme première mission  de s’opposer à toute initiative unilatéralement prise par le pouvoir.  Selon nos informations, la contestation du choix de ces trois personnalités en ferait partie. La montagne du choix de ces figures représentatives des forces socio politiques risque d’accoucher d’une maigre souris du boycott de l’opposition.

En somme, le Président de la République n’arrive toujours pas à se défaire de son manteau impérial pour devenir un Président d’une république démocratique et surtout d’un pays malade comme le Mali qui a besoin de tous ses fils pour le sauver. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, il peut redresser la barre en impliquant les forces sociopolitiques qui s’estiment exclues du débat.

Youssouf Sissoko  

    

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1 commentaire

  1. Nous croyons très sincèrement que le pouvoir d’IBK est entrain de jouer de la fourberie encore, ce qui reste certain, ces personnages ne pourraient rien faire de bon pour gagner la confiance du peuple malien dans la mesure où ils ont tous exercés le pouvoir après l’avènement de la démocratie malienne donc ils sont tous comptables de ce qui nous arrive actuellement. Comment peut-on avoir confiance aux créateurs des problèmes qui nous assaillent actuellement? Impossible, mais continuez à jouer le cinéma avec de mauvais casting, la torde est très proche et ce jour là vous n’aurez que vos yeux pour pleurer sans consolation de qui que ce soit. Les solutions des problèmes actuels du Mali ne viendraient jamais de ceux qui ont été les créateurs de ces problèmes, il y a de cela moins de trois décennies.

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