Mars 1991- Mars 2015 : L’Untm dénonce la mal gouvernance

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Situation à Kidal: Les travailleurs et les femmes soutiennent les autorités et l’arméePour commémorer la révolution du 26 mars 1991 ayant contribué à l’avènement de la démocratie au Mali, le bureau exécutif de l’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm) a organisé le mardi 24 mars 2015 à la bourse du travail, une conférence débat sur le thème : « les acquis de la révolution de mars 1991 : quel rôle l’Untm a-t-elle joué ? Que retenir du mouvement démocratique malien 24 ans après ?». La conférence débat était animée par Aly Niane et Ahmed Sidibé, en présence du secrétaire général de l’Untm, Yacouba Katilé, des doyens de l’Untm et de nombreuses autres personnalités. Au cours de cette conférence débat de plus de trois heures, les conférenciers ont certes mis l’accent sur le rôle joué par la centrale syndicale de l’indépendance à nos jours mais aussi en ont profité pour dénoncer quelques tares de la démocratie malienne dont la corruption, la mauvaise gouvernance et bien d’autres.

Selon le secrétaire général de l’Untm, Yacouba Katilé, l’objectif de cette conférence débat est d’éclairer la lanterne des uns et des autres sur le rôle joué par l’Untm bien avant l’indépendance du Mali jusqu’à nos jours. « Nous allons jouer notre rôle pour que la formation des syndicalistes soit une réalité », a-t-il dit. Puis après, les conférenciers qui ne sont autres que les vrais acteurs de la révolution de mars 1991 ont relaté l’histoire jour par jour. Le premier conférencier, Ahmed Sidibé a fait la genèse du syndicalisme au Mali de 1946 jusqu’à 1963. « L’Untm a toujours été obsédé pour la réalisation des intérêts moraux et matériels des travailleurs. L’Untm peut être fière d’avoir contribué à l’avènement de la démocratie au Mali », a-t-il dit. Ahmed Sidibé a dénoncé les arrestations au temps du Comité militaire de libération nationale (Cmln). Quant au deuxième conférencier, Aly Niane, il a rappelé la création de la fédération du Mali le 20 juin 1960 puis son éclatement en août 1960. Et de poursuivre que « l’Untm était au fond de la lutte politique. C’était un syndicat révolutionnaire. L’Untm s’est véritablement mêlé à la gestion politique et économique. Parfois le secrétaire général de l’Untm était le conseiller technique d’un  département ministériel pour maintenir le cap entre le gouvernement et les travailleurs ». Son exposé a émerveillé plus d’un à travers l’exécution d’un hymne différent de l’hymne national. Selon lui, le syndicaliste n’a pas vocation à prendre le pouvoir politique mais de lutter pour la réalisation de ses revendications. Pour le doyen de l’Untm, Issé Doucouré, l’Untm n’est pas un enfant d’aujourd’hui. Avant d’expliquer les relations souvent tendue entre l’Untm et le Cmln. « chacun de nous devrait récrire l’histoire du mouvement syndical et démocratique au Mali. On ne peut pas écarter l’Untm de l’histoire du Mali. Par prudence, on ne va dire tout le rôle joué par l’Untm. Quel rôle l’Untm doit jouer maintenant ? Il faut s’y mette et se former ». Quant au modérateur de la conférence, Issaka Traoré non moins ancien de l’Untm qui a vécu les événements de mars 1991, il a expliqué que rien ne marchait au temps de l’Udpm. « Les bases syndicalistes ne sont plus vigilantes comme avant. La force d’un syndicat est d’anticiper les événements. On ne peut pas nous ignoré dans ces événements. Nous sommes les faiseurs d’histoire dans ce pays et les politiciens sont des profiteurs », a-t-il dit. Avant de faire la narration des événements jour par jour tout. A l’en croire, l’Untm a procédé à la grève illimité de janvier 1991 jusqu’à la chute de Moussa Traoré le 26 mars 1991. « Moussa Traoré est tombé et ce qui m’a fait plaisir, la coordination avait formé une délégation le 24 mars 1991 pour aller dire à Moussa Traoré de démissionner de vive voix mais en vain. Le 25 mars, il a appelé Karembé de l’Untm pour dire que c’est le président et Karembé lui a répondu qu’il n’y’a plus de président de la République », a-t-il martelé. Dioncounda Niakaté de l’Anpe a fait savoir que l’Untm constituait plus de 50% du mouvement démocratique. Elle est l’un des acteurs incontournable de la révolution, un rempart de cette révolution qui reste inachevé. L’untm est une sentinelle de la démocratie, a-t-il précisé. Avant d’inviter les anciens à faire des mémoires afin de permettre aux jeunes générations de découvrir la réalité. Selon certains intervenants, les acquis démocratiques sont miettes. Au cours des débats, il ressort que la démocratie a certes contribué au multipartisme, à la prolifération des organes de presse mais a, aussi, entrainé la corruption, la mauvaise gouvernance et autres tares.

Aguibou Sogodogo

 

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