Mme le Premier ministre à l’Office du Niger : “L’Opération pomme de terre pourrait juguler la crise alimentaire en vue”

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Un nouvel espoir est né dans la zone l’Office du Niger avec l’opération pomme de terre initiée par la Direction générale de l’Office du Niger sous la conduite de son PDG, Amadou Boye Coulibaly. L’objectif de ce programme est de faire face à la pénurie alimentaire qui pointe à l’horizon suite à la mauvaise pluviométrie. La pertinence de l’opération pomme de terre a incité le Chef du Gouvernement, Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, à effectuer une visite de terrain dans la zone Office du Niger afin d’y apporter le soutien nécessaire. C’était le jeudi 12 janvier.

Dans le cadre de l’opération pomme de terre introduite cette année dans la zone Office du Niger, la production attendue sur le marché national est de 2.000 tonnes. Cette bonne nouvelle a fait dire au Premier ministre que : "L’opération pomme de terre permettra, à coup sûr, d’atténuer les craintes d’une crise alimentaire en vue à cause de la mauvaise pluviométrie qui a fortement secoué et ébranlé  la campagne agricole qui vient de prendre fin".

Face à l’engouement suscité par cette opération au niveau de l’exploitation familiale et de l’agro-industrie, le Premier ministre a laissé entendre : "Il est fort probable que le Mali ne connaisse pas cette crise alimentaire à cause des mesures prises par l’Office du Niger sous la férule de son PDG".

A côté de l’exploitation familiale, savamment entretenue par la Direction de l’Office du Niger à M’Bawani, Cissé Mariam Kaïdama Sidibé a également apprécié, à sa juste valeur, l’engagement et la détermination d’un opérateur économique malien aux côtés de l’Office du Niger dans le cadre de cette opération pomme de terre. Il s’agit de Modibo Kéïta du Grand Distributeur de Céréales au Mali (GDCM) a recours à des engins de haute technologie pour mécaniser l’agriculture à Sanamadougou, près de Markala. Là-bas, un coup d’essai fut un coup de maitre grâce au génie technologique. En effet, les jeunes plants mis en terre, il y a quelques semaines, ont tous poussé.   Selon les experts, "grâce à la méthode utilisée par Modibo Kéïta, il est fort possible que le rendement s’articule autour de 60 tonnes à l’hectare contre une quarantaine sur une exploitation familiale".

Compte tenu du prix du kilo de la pomme de terre sur le marché (400 à 500 FCFA le kilo au Mali et plus de 1.000 FCFA dans certains pays voisins), il faut espérer de très bonnes affaires pour les producteurs. C’est pourquoi, le Premier ministre a chaleureusement félicité et encouragé Modibo Kéïta pour son grand investissement patriotique dans la zone Office du Niger. Invitant d’autres opérateurs à faire comme le GDCM, le Chef du Gouvernement a déclaré : "Il est temps que le Mali devienne le véritable grenier de l’Afrique de l’ouest. Nous avons les potentialités, une législature propice à l’investissement. Il suffit de dégager une synergie d’actions pour y arriver". Selon elle, cette synergie d’actions est déjà en branle sous la clairvoyance du ministre délégué chargé du développement intégré de la zone Office du Niger, Abou Sow.       

Pour rappel, notons que ce programme spécial est l’une des filières de diversification des cultures complémentaires à la principale culture : le riz. Elle va favoriser l’amélioration du revenu des productrices et producteurs et la création d’emplois tant en milieu rural qu’urbain.

Cette culture de diversification est une réponse à la sécurité alimentaire nationale et aux exigences du changement climatique et de la gestion rationnelle de l’eau. Le programme porte sur 300 ha pour les six zones de l’ON et concerne 1.200 productrices et producteurs issus de 120 villages qui emploient 15. 000 personnes regroupées au sein d’une fédération des coopératives de producteurs de pomme de terre de l’ON pour la professionnalisation de la filière. La campagne actuelle ambitionne de produire 10.500 tonnes dans les quatre mois. Elle va mobiliser 135 millions de FCFA de main d’œuvre pour un chiffre d’affaires de 1.837.500.000 FCFA et un bénéfice net estimé à 1,235 milliard de FCFA.

Le programme entend, en perspective, produire de la semence à court terme et étendre la culture de septembre à mars pour réaliser deux récoltes par an. Il prévoit également l’installation de cases de conservation au niveau individuel et des chambres froides aux niveaux communautaires et privé. Il préconise, enfin, la mise en place d’unités de transformation et d’un système efficace de contrôle de certification des semences. Ce qui a fait dire au PDG, Amadou Boye Coulibaly, que "Tout concourt à une meilleure organisation de la filière et à une couverture des besoins nationaux et d’exportation".

Malgré l’espoir suscité, les paysans ont laissé entrevoir quelques inquiétudes liées à la commercialisation du produit.

A ce niveau, la société Yara S.A, représentée par l’ex-PDG de l’ON, Moussa Diabaté, a assuré qu’un fonds de 180 millions de FCFA est déjà dégagé pour l’achat de pommes de terre de qualité.     

Alassane  DIARRA

Envoyé spécial

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