Déploiement de casques bleus de l’Onu : L’engagement tardif de la Mauritanie au Mali

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En marge d’une visite d’amitié et de travail qu’a effectuée le président du Niger Mahamadou Issoufou à Nouakchott en Mauritanie en début de semaine, son homologue mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a déclaré que son pays était désormais disposé à envoyer des troupes au Mali dans le cadre du déploiement d’une force sous mandat des Nations unies.

Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, rentre à Nouakchott le samedi 24 novembre. REUTERS

Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, rentre à Nouakchott le samedi 24 novembre.
REUTERS

Cette déclaration a été largement commentée par de nombreux médias, notamment français. Pouvait-il en être autrement dans la mesure où depuis l’occupation du Nord du Mali par les terroristes et autres jihadistes, la Mauritanie est restée inflexible sur sa position de ne « jamais envoyer de soldats au Mali ».

Pour justifier leur réticence à l’envoi de troupes au Mali, les autorités mauritaniennes ont toujours mis en avant les griefs qu’elles ont de tout temps reprochés au régime amorphe et démagogique défunt de l’ancien président Amadou Toumani Touré dans le cadre d’une stratégie globale commune de lutte contre la menace terroriste.

Cette inflexibilité de la Mauritanie, malgré l’annexion des 2/3 du territoire national, les crimes et autres atrocités auxquels les occupants ont soumis les populations, les infrastructures et les monuments culturels 10 mois durant, a été très mal comprise par la majorité des Maliens.

En effet, selon une frange importante de l’opinion, quels que soient les griefs et autres remontrances que le Mauritanie et bien d’autres pays du front pouvaient logiquement nourrir à l’égard de l’ancien régime malien, les uns et les autres devraient pouvoir mettre de côté, ne serait-ce que le temps d’éteindre d’abord le feu ardent allumé à leurs portes par des fanatiques de tout acabit, afin de venir au secours d’un pays frère « menacé dans son existence même », selon le président français, François Hollande.

Aujourd’hui, après que le pays soit totalement libéré ou du moins en voie de l’être grâce à l’intervention des armées française et tchadienne avec l’appui conséquent des autres forces de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) et de l’armée malienne, la Mauritanie se dit prête à y déployer des soldats pour se battre dans le cadre d’une force sous mandat des Nations unies.

N’est-ce pas un peu le médecin après la mort ? En quoi pourrait désormais être utile une présence mauritanienne, même dans la forêt de Wagadou, comme a indiqué le président mauritanien dans un entretien accordé à RFI le lundi dernier ? Car, faut-il rappeler que présentement le contingent nigérian fort d’environ un millier d’hommes quadrille cette zone. En la matière, la Mauritanie dispose-t-elle de plus de capacités que le grand Nigeria ? Rien n’est moins sûr.

Les soldats des pays de la Cédéao, du Tchad et de la France sont en train de réussir de façon extraordinaire une mission que tous les experts militaires présentaient comme des plus difficiles et périlleuses. Mais en moins de trois mois après le lancement de l’Opération Serval, les soldats maliens et leurs alliés sont actuellement dans la phase de « finition » des opérations de nettoyage visant à anéantir les derniers éléments jihadistes retranchés dans les falaises de l’Adrar des Ifoghas. Sinon, la reconquête du territoire en elle-même est quasiment terminée avec la libération de toutes les principales villes jusque-là occupées par les terroristes.

Lors de sa visite mémorable à Tombouctou et Bamako le 2 février dernier, le président français, François Hollande justifiait l’intervention française par un devoir de remboursement d’une dette envers le peuple malien. Quant au président Idriss Deby Itno du Tchad, il place le déploiement de ses soldats au Mali dans le cadre de « la solidarité et la fraternité vraies » entre peuples au même destin.

Ils sont nombreux les pays africains et européens à avoir répondu à l’appel de détresse du président de la République par intérim du Mali, Pr. Dioncounda Traoré lorsque les terroristes ont violé les résolutions 2056, 2071 et 2085 des Nations unies, celles également de l’Union africaine et de la Cédéao en la matière, en forçant les dernières positions des forces armées de défense et de sécurité maliennes les 10 et 11 janvier 2013.

Ceux qui voulaient réellement aider le Mali à se défaire de l’emprise des terroristes ont depuis lors accouru à travers l’envoi de soldats pour les uns, l’accompagnement logistique et le soutien politique pour d’autres. Bien que la guerre ne soit pas encore totalement gagnée, le Mali leur est éternellement reconnaissant des énormes sacrifices consentis à ce sujet. Le peuple malien mieux que quiconque sait désormais que la solidarité internationale n’est pas un vain mot.

En effet, c’est dans les moments les plus difficiles de sa vie que l’on reconnait ses vrais amis, selon un adage de chez-nous. Le Mali et les maliens savent à présent les frères et les amis sur lesquels ils peuvent compter au besoin. Car, à quelque chose malheur est souvent bon !

Bréhima Sidibé

SOURCE:  du   6 mar 2013.    

83 Réactions à Déploiement de casques bleus de l’Onu : L’engagement tardif de la Mauritanie au Mali

  1. Leguen

    Ne touchez surtout pas à un seul cheveu de notre Gamou national. Lui au moins il s’est battu jusqu’à la dernière cartouche et n’a quitté le front que lorsqu’il a attendu en vain l’aide de Bamako. Au Mali, surtout au sein de cette vaillante armée nationale, le malien commence à découvrir les vrais garçons. Heureusement ils sont encore nombreux ceux-là qui ne déshonorent ni la tenue ni le drapeau national. La nation saura le leurs reconnaitre le moment venu.

  2. Leguen

    L’armée malienne est aux côtés des forces française et tchadienne dans les massifs de l’Adrar des Ifoghas. Certes en petit nombre, mais à travers des éléments qui jouent un rôle éminemment important pour la progression des forces alliées. Maintenant il s’agit pour le gros des troupes de monter en puissance le plus tôt possible afin de parachèver le travail colossal abattu par les forces précurseurs. Dans une guerre tout ne se dit pas. Très bientôt l’ensemble du territoire malien redeviendra unifié et plus jamais les maliens ne permettront à quels que individus que ce soit de s’attaquer impénument aux fondements de leur nation séculaire.

  3. saad

    Le MNLA est un mouvement malien ,ses bases sont éparpillées au mali.Avant d’indexer la mauritanie d’abriter ses bases ,essayez de les extraire de votre pays .

    Vous maliens comprenez que vous avez un problème de cohabitation avec certaines éthnies (arabes et touareg) reglez ce problème ,même s’ils ne représentent pas un grand pourcentage de votre population ,le problème est reccurent depuis l’indépendance .Je suis quasi certain que les armes ne regleront pas le conflit .Seul le developpement des zones marginalisées et fragiles de ce pays attisera la rebellion.

    Unutilede transposer vos problèmes sur vos voisins (Mauritanie ,Boukina,Algérie),en tout cas l’un des problèmes majeurs dont fait notre pays c’est l’hébérgement de dizaines de milliers maliens fuyant les feux des 02 parties adverses ( pouvoir malien et rebelles du nord) et après nous endossons les foudres d’éxtrémistes maliens qui continuent à agresser notre peuple par des saloperies .
    A bon entendeur salut

    • Leguen

      Ce que vous dites là vaut pour tous les pays africains, Saad. Quel est ce pays africain qui ne soit pas confronté à un problème de développement? Est-ce pour autant qu’il faille encourager certains à prendre les armes contre leurs frères? Qui sème le vent récolte la tempête. Le Mali a abrité sur son terroire pendant des décenies des milliers de mauritaniens, sans jamais accepter que ceux-ci utilisent le pays comme base arrière d’activités subversives visant à déstabiliser leur pays d’origine. Le bon voisinage a ses exigences. En la matière le Mali n’a de leçons à recevoir d’aucun pays voisin. Mais, continuez dans vos analyses bidons, chacun a son tour chez le coiffeur. Rira bien qui rira le dernier. Il est certes indécent de souhaiter malheur à son prochain pourvu que ce sentiment soit réciproque. Maintenant au Mali, nous savons qui est qui parmi tous ceux qui partagent notre environnement. Cette crise a ouvert les yeux au peuple malien. Vous ne tarderez pas à l’apprendre et à le constater.

      • saad

        Dommage !vous n’avez rien compris à l’opinion que j’ai developpé dans mon analyse ,la mauritanie n’a jamais agressé quiconque à plus forte raison le mali qui a toujours été un pays frére depuis les époques les plus reculées de l’histoire et un havre de paix pour les populations sahéliennes .Mon idée est que le mali retrouve sa stabilté d’antan .

        • Leguen

          Pour cela il faut que la Mauritanie appuie les efforts du Mali avec sincérité. Elle pourrait interdire son territoire aux membres du MNLA et livrer ceux faisant l’objet de mandat d’arrêt international parmi eux et qui vivent sur son territoire. Cela constituerait déjà un début de clarification en vue de lever toute équivoque dans sa volonté de toujours entretenir des rekations de bon voisinage avec le Mali. En tout cas, l’ambiguïté jusque-là entretenue par les autorités mauritaniennes a surpris et déçu plus d’un malien. Par contre, les peuple mauritanien et malien restent et demeurent liés par des liens multiséculaires que rien absolument rien ne doit pouvoir altérer encore moins les vélléités égoïstes d’un régime antidémocratique, qui a inconsciemment mis à mal les principes sacro-saints d’amitié et de fraternité qui nous unissent depuis la nuit des temps.

  4. de toutes les façons la Mauritanie n’a jamais été claire sur sa position concernant la guerre au Mali, peut etre il a pris conscience de la théorie du revers de la médaille,

  5. Kassin

    LA NOUVELLE MAJORITÉ MALIENNE

    THE NEW MALIAN MAJORITY
    N2M

    Merci à tous pour vos engagements pour le Mali.

    Je suis partisan d’une idée de création d’une Association apolitique constituée de toutes les forces vives du pays (jeunes élevés et étudiants, jeunes diplômés et non diplômés au chômage urbains et ruraux, jeunes travailleurs urbains et ruraux, femmes au foyers, femmes des marchés, femmes travailleuses, femmes urbaines et rurales) avec comme porte-paroles des jeunes rappeurs ou autres artistes, des sportifs, des acteurs de théâtres et de cinémas, des chefs d’entreprises, des animateurs radios, des journalistes, des cantatrices, des professeurs d’enseignement, des instituteurs dans les villes et comme dans les campagne.

    Cette association apolitique, créera donc un vaste mouvement de VEILLE DÉMOCRATIQUE et D’INTELLIGENCE POLITIQUE, ECONOMIQUE ET SOCIALE ayant pour activités d’identifier et de développer les préoccupations socio économiques du peuple malien et d’en faire des manifestes et des plans d’Actions et les soumettre au politiques et dirigeants du pays pour améliorer la gouvernance, lutter contre la corruption, améliorer la justice et le respect des lois et règlements du pays.

    Concrètement il faut informer les populations à tous les niveaux dans la société de leurs droits et de leurs devoirs dans la république et faire savoir aux populations que les dirigeants tiennent leur pouvoir du peuple malien et qu’ils ne doivent et ne peuvent pas faire des politiques contraires à l’intérêt de ce peuple.

    Le mouvement de veille pourra organiser des manifestations, des rencontres, des émissions télé et de radios, des débats, des discutions sur des sujets d’intérêts publics et d’utilité générale à différents niveaux de la chaîne de prise de décisions politiques pour interpeller à tout moment les politiques et les dirigeants de ce pays.

    Il pourra aussi mener des combats contre les mauvaises politiques et pour réclamer justice au Mali.

    Par exemple l’exécution correcte d’un budget dans une Mairie, dans un ministère, dans un projet de développement, l’exécution correcte d’un marché public par un opérateur économique, la défense des intérêts d’une population par un député, un ministre, un ambassadeur, un abus de pouvoir, les trafics d’influences, les abus de biens publics…

    Ces sujets doivent être débattus directement avec les responsables concernés pour qu’ils expliquent leur gestion et les biens fondés de leurs décisions.

    Si le mouvement estime que les préoccupations du peuple ne sont pas prises en compte ou que les politiques menées ne respectent pas les intérêts du pays et des lois du pays il doit se battre par tous les moyens légaux pour obtenir des changements de politiques pour le bonheur des populations maliennes.

    Il faut des cellules du mouvement dans chaque arrondissement, chaque cercle, chaque région, à Bamako et à l’extérieur du pays, avec une coordination forte et des remontées rapides d’informations sur les actions à menées et les résultats obtenus.

    Pour cela il faut s’approprier des réseaux sociaux, et avoir un réseau national de contact et d’actions.

    Le mouvement doit être un mouvement de la majorité qui souffre, il doit être un mouvement de précurseurs, un mouvement d’intellectuels qui connaissent le droit et qui ont la volonté de son application stricte, un mouvement malien pour défendre dignement les valeurs maliennes et l’intérêt du Mali en toute circonstance, un mouvement de jeunes et de femmes actifs et dynamiques et volontaires, engagés et près au sacrifice pour le Mali.

    Nous pouvons le faire, sans distinction de race, de confession, de statuts professionnels, de conviction politique, de sexe, de niveau social et d’intellectuel.

    Il doit devenir un bloc compacte érigé devant les partis politiques et les dirigeants du pays, non pas comme un obstacle à l’action politique, mais comme un frein à la mauvaise politique et à la mauvaise gouvernance.

    Rassembler les forces vives du pays pour obliger nos dirigeants et décideurs à respecter leurs engagements, à défendre l’intérêt du peuple malien, à améliorer les actions gouvernementales, et les acteurs politiques à respecter le jeu politique démocratique.

    Il doit être un mouvement éclairé et de proximité au service du Mali, mais un mouvement juste sans parti pris, ni abus dans le respect strict de la loi et de la justice pour tous les maliens.

    Alors jeunes et femmes du Mali, il est temps pour vous d’intégrer et de faire dans la Nouvelle Majorité du Mali.

    AGISSONS POUR LE PROGRÈS CAR ON PEUT!

    Kassin Global Initiative for Africa
    kassin.giforafrica@gmail.com

  6. 1FILSDUMALIBA

    Ok meme si c’est hn peu trop tard, une aide reste une aide. Pourquoi pas!

    • Leguen

      Non 1FilsduMaliba, toutes les aides ne sont pas consommables. Certaines sont indigestes. Celle-là, nous devons nous en méfier. Car elle émane d’un pays qui abrite, nourrit, arme et forme les éléments du Mnla qui sont à l’origine de la situation catastrophique de notre nation. Alors, vigilange et prudence!

    • Leguen

      Rien d’autre que « duplicité et sournoisérie ».