Entretien avec Moussa Ag Acharatoumane, membre fondateur du MNLA : Accord, intégrité territoriale, Etat laïc et républicain

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Moussa-Ag-Acharatoumane-alger« Pour les mouvements c’est un acquis, mais qui n’exclut pas l’autonomie ou le fédéralisme »

El Aurassi Hôtel. Une des huit pendules accrochées au mur va bientôt marquer 23 heures. En provenance de Saint Georges Hôtel, où le Haut Représentant du président de la République, l’ancien Premier ministre Modibo Kéita venait de rencontrer la société civile, pour dit-il une visite de courtoisie, les journalistes semblent ranger le calepin à la fin d’une autre journée de pourparlers à Alger.

 

C’est une heure tardive, mais non, il n’est pas question de laisser s’échapper celui qui doit nous guider chez notre interlocuteur. Abdoul Karim Ag Matafa, venu directement de son refuge au Burkina Faso, ne manque pas d’humour et indique que les Maliens doivent être reconnaissants au MNLA,  « pour avoir aidé à débarrasser le pays du socialisme de la première République, du dictateur de la deuxième République pour instaurer la démocratie, et d’avoir poussé les autorités à faire la décentralisation, et maintenant de mesures nouvelles s’annoncent ».

 

L’ancien rebelle venu négocier la paix va nous être un précieux ‘’intermédiaire’’, pour mettre la main sur celui qui porte le chapeau du désormais communicateur du MNLA, et qui est arrivé à Alger, jeudi dernier. Il s’agit de Moussa Ag Acharatoumane, celui qui est pointé du doigt, accusé à Bamako d’être à l’origine de la création du MNLA en 2010, bien avant le retour de la Libye, des troupes armés.

 

Pour monter au niveau de l’étage où se trouve sa chambre, nous avons évité comme la peste, l’ascenseur qui a, un jour, failli étouffer Yaya Konaté de l’Ortm, en restant suspendu entre deux niveaux de l’étage et refusant de s’ouvrir. Sans réseau téléphonique et avec un interphone inopérant à l’intérieur, l’homme de « l’Interview de la semaine » a passé quelques minutes dans le noir, seul dans l’ascenseur avec ses imaginations. Puis l’engin se débloque (tout seul ?), mettant fin à la torture du journaliste. En tout cas dans l’intérêt pas moins du ministre Mahamadou Camara, le dernier Invité de la semaine, que du journaliste lui-même.

 

Notre indicateur, Abdoul Karim Matafa est un rescapé de la Force Serval, qui l’avait fait prisonnier. Remis aux autorités maliennes, il sera libéré après la signature de l’accord de Ouagadougou. Après avoir pris soin de bien nous identifier, deux journalistes de la presse nationale, il nous conduit à la chambre du désormais communicateur du MNLA, Moussa Ag Acharatoumane.

 

Deux fois la sonnerie. La porte ne s’ouvre pas. « Moussa… Moussa… ». Moussa dort peut-être. A la porte, de ce fondateur du MNLA, deux journalistes, et un de ses compagnons. Abdoul Karim Matafa se tourne vers nous, il est un peu tard, presque 23 h, … dit-il. Puis la porte s’ouvre. Moussa Ag Acharatoumane ne dormait pas, mais peut être observait-il un protocole de sécurité, le temps de faire passer les voix au scanner, de s’assurer qu’il n’y a pas d’erreur sur les personnes. Il avait été pourtant informé de cette visite-incursion. Il nous invite à entrer dans sa chambre d’hôtel et à nous asseoir. Ce que Yaya Konaté et moi fîmes.

 

L’homme est loin d’être comme Azaz Ag Loudagdag, physiquement. Le point commun entre eux, c’est leur intelligence. L’un a un discours modéré et sage, l’autre plus subversif et susceptible. Mais Moussa est un rebelle, peut-être assagi et redevenu docile. C’est lui qui assimilait dans le journal Le Monde, l’Ambassadeur de France à un «émissaire de France à Kidal ».

 

Mouvements et société civile, « tous ont aujourd’hui la volonté, le vœu d’aller à la paix, mais la responsabilité est celle de l’Etat et du gouvernement », pense Moussa Acharatoumane. Tous les notables sont à Alger pour s’inscrire dans la paix, indique-t-il. « Quant aux mouvements, nous avons pris l’engagement devant la communauté internationale, et c’est quelque chose qui est déjà un acquis. On nous pose chaque fois la question, comme s’il faut à chaque fois réitérer … il n’y a aucun risque de revenir en arrière ». Selon lui, l’unité nationale et l’intégrité territoriale, l’Etat laïc et républicain sont acquis au niveau des mouvements. « Cependant, on ne doit pas dire à la partie adverse de ne pas parler de fédération. On doit avoir le courage d’en parler, l’intégrité territoriale ne doit pas exclure le débat sur la fédération », selon Moussa Ag Acharatoumane. Selon lui, l’accord est l’objet de la présence de tous à Alger. « Nous avons renoncé à la sécession et à l’indépendance et adhéré à l’intégrité territoriale, mais le fédéralisme et l’autonomie ne sont point à exclure », a déclaré Moussa Ag Acharatoumane. « Pour avoir une paix durable, il nous faut réfléchir aux réponses à la hauteur des aspirations. Pour cela, le minimum serait une autonomie », conclut-il.

B. Daou

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5 COMMENTAIRES

  1. “…Pour cela, le minimum serait une autonomie », conclut-il…”

    🙄 oui, la régionalisation est aussi un autonomie…

    Le genre d’autonomie que vous avez préparez ne passera pas, c’est de l’indépendance déguisée…les maliens ne l’accepteront jamais ! 👿

  2. Monsieur le journaliste est ce un article ou le début d'un roman .La description du lieu des deux soit disant rebelles occupe les trois quarts de l'article .tout ce papier pour nour dire que " Nous avons renoncé à la sécession et à l’indépendance et adhéré à l’intégrité territoriale, mais le fédéralisme et l’autonomie ne sont point à exclure », a déclaré Moussa Ag Acharatoumane. « Pour avoir une paix durable, il nous faut réfléchir aux réponses à la hauteur des aspirations. Pour cela, le minimum serait une autonomie " Notre ami DAOU doit être fatigué

  3. Si tu as une demi-coquille qui te reste moussa, donnons rendez-vous seul a seul, je vais “REMERCIER” chaleureusement!

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