La République en 2021 : Des incertitudes qui ne devraient plus être

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Le 05 décembre dernier, le Conseil National de la Transition a été mis en place. Un mois après, le 04 janvier 2021, il a vu ses membres complétés par la nomination par décret présidentiel de Madame HaïdaraAïchataCissé. Les questionnements demeurent pourtant.

 Depuis le 25 septembre 2020, le président de la Transition et son vice-président, désignés selon les conditions identiques, ont prêté serment de la Cour suprême. Deux jours après, le 27 septembre, le Premier ministre a été nommé en la personne du haut fonctionnaire et non moins diplomate, Moctar Ouane. Il formera, début octobre un gouvernement de 25 membres. Il ne restait plus que l’organe législatif de la Transition, le CNT (Conseil National de la Transition) qui verra le jour le 05 décembre. On peut estimer que celui-ci a atteint la complétude de ses membres, 121, le 04 janvier dernier.

Mais il y a encore quelques incertitudes. Citons deux majeures. L’article 25 de la Charte de la Transition stipule : “En cas de contrariété entre la Charte de la Transition et la Constitution du 25 février 1992, les dispositions de la présente Charte s’appliquent”. Or, c’est bien cette dernière qui est la matrice du pouvoir transitoire actuel et elle prévaut de possibles conflits entre elle et la Constitution de la République qu’elle n’a pas abrogée. Un hic qui ne manquera peut-être pas de devenir un serpent de mer.

À ce questionnement, il faut ajouter le sort du Cnsp. Les militaires l’ont mis en place quelques jours seulement après leur putsch du 18 août 2020, non sans proclamer un Acte fondamental qui a aujourd’hui tout l’air d’avoir été supplanté par la Charte cependant que pèse sur lui bien de soupçons. Dans tous les cas, tous les organes de la Transition sont maintenant en place. L’article 26 de la Charte stipule : “Jusqu’à la mise en place des organes de la Transition, le Comité National pour le Salut du Peuple (Cnsp) prend les mesures nécessaires au fonctionnement des pouvoirs publics, à la vie de la Nation, à la protection des citoyens et à la sauvegarde des libertés”. En clair, pendant les mois écoulés, le Mali était sous le joug du CNSP.  Maintenant  que tous les organes de la Transition sont effectifs, nulle mesure n’a été édictée quant à la fin du CNSP. Dissolution tacite ou fonctionnement par dissimulation ? Certaines incertitudes ne devraient pourtant plus être.

Zié Coulibaly

 

 2020,  une année sombre pour le Mali

Maladie corona virus (Covid-19), des grèves répétitives voire illimitées, des contestations électorales suivies de la chute du régime d’IBK donnant naissance à un processus transitoire contesté. Le tout couronné des morts, notamment de grandes personnalités de la république (Moussa Traoré, Amadou Toumani Touré, SoumaïlaCissé..) l’année 2020 est, sans doute, l’une des années les plus sombres de l’existence de la République du Mali.

Source : La Plume libre

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