Irruption du militaire dans la sphère politique : Le Général Moussa Sinko Coulibaly sauveur ou usurpateur ?

18 Déc 2017 - 00:55
Mis à jour: 9 ans
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Irruption du militaire dans la sphère politique : Le Général Moussa Sinko Coulibaly sauveur ou usurpateur ?
Moussa Sinko Coulibaly
Après la démission de l’Armée du Général Moussa Sinko Coulibaly, le 30 novembre dernier, certains responsables politiques, toutes tendances confondues, s’agacent de l’intervention jugée intempestive, voire contraire au devoir de réserve, de cet officier supérieur habituellement discret. Mais, un général doit-il fermer sa gueule comme vient de le déclarer récemment d’un ton condescendant et méprisant un baron du régime?   maliweb.net - Il est vrai que nos élites politiques, qu’elles détiennent les rênes du pouvoir ou qu’elles aspirent à y accéder, ne sont pas habituées à ce que des militaires, et en particulier des généraux, en viennent à être prolixes, lorsque l’intérêt supérieur du pays et de la nation est en cause comme c’est le cas aujourd’hui. Il ne s’agit cependant pas de sédition ou de conspiration de leur part. Cela révèle simplement le niveau atteint par l’incompréhension et le décalage énorme qui s’est instauré entre le militaire et le politique en matière de conception de la gouvernance du pays sur le long terme, qui doit viser la sécurité à l’extérieur et la concorde à l’intérieur. Il y a aujourd’hui, incontestablement, un fossé qui s’est creusé et qui sépare l’approche des problèmes du monde, et par voie de conséquence du pays, entre le militaire et le politique. Les logiques et les horizons de l’un et de l’autre sont par nature différents. Le premier voit loin et la permanence de la défense du pays et de ses intérêts, la sécurité et la protection de la nation restent un tourment constant qui dépasse le temps présent et s’inscrit dans le temps long. Le second détient le pouvoir, après avoir gagné des élections, qui consacrent généralement des ambitions personnelles mais l’exerce le plus souvent soumis au cours des événements qu’il ne maîtrise pas toujours et qui le maintient dans une vision qui ne dépasse pas le court terme, voire le moyen terme dans le meilleur des cas, mais qui s’inscrit donc dans le temps court. Alors, s’agissant de la sécurité à l’extérieur, chacun sait que depuis très longtemps le budget de nos forces armées a servi de variable d’ajustement et il faut reconnaître que depuis le renouveau démocratique, la situation n’a fait qu’empirer, la détérioration de nos capacités opérationnelles ayant atteint un niveau critique mettant en danger la vie de nos soldats engagés sur les théâtres d’opérations. Cette détérioration a d’ailleurs déjà mené à une rupture irréversible des capacités, dont la conséquence pour nos forces armées se traduit par un déclassement stratégique, extrêmement préjudiciable pour le Mali et dangereux pour la défense de nos intérêts dans la sous-région. Quant à la concorde à l’intérieur, elle dépend essentiellement du niveau de cohérence interne de la société caractérisée par sa culture et donc son identité. Force est de constater que la société malienne n’est plus aujourd’hui une société apaisée et ne le sera plus avant longtemps en raison de la mutation identitaire qui lui est imposée contre son gré. Car, après des décennies de laxisme, de manque de vision et de clairvoyance, d’absence de courage et de fidélité aux racines du Mali, les élites politiques ont fini par oublier que gouverner c’est prévoir (pré-voir). Elles ont ainsi trahi l’âme du pays en favorisant passivement et activement le jihadisme violent et le terrorisme. Le cas Moussa Sinko Coulibaly, n’est pas une provocation, encore moins une désobéissance ou une rébellion, toutes contraires à la culture militaire, mais d’une démarche de salut public ou de salut national, d’une démarche nécessaire consistant à porter, avec d’autres, une sorte d’« assistance à notre pays en danger ». Mais cette démarche s’exerce, il faut bien le constater, dans un contexte détestable de mépris condescendant de la part de certains acteurs, de menaces de la part d’autres à l’égard de généraux qui lancent l’alerte à juste titre et qui, ce faisant, prennent des risques pour défendre l’intérêt supérieur de la Nation. Et devant la mise en danger de la Nation aujourd’hui, due aux conséquences du laxisme et du manque de clairvoyance de nos responsables politiques depuis longtemps et de leur passivité aujourd’hui devant cette invasion migratoire, un général, tel une sentinelle, sonne l’alarme car il est un lanceur d’alerte. Son expérience, sa culture militaire et son engagement désintéressé lui confèrent une certaine légitimité pour exprimer son appréciation lorsque la sécurité et l’avenir de la Nation sont mis en danger. C’est même son devoir. Cela dit, ce devoir d’expression remet-il réellement en cause le devoir de réserve ? Certainement pas, car la vraie question qui se pose est celle-ci : pourquoi ce devoir d’expression revendiqué par des généraux habituellement respectueux d’une éthique qui les pousse à intervenir peu dans le débat public se manifeste-t-il ? C’est la question qui fâche les responsables politiques et en particulier ceux qui nous gouvernent. Pourtant, la réponse est claire : un général doit, c’est un devoir, briser le silence lorsque tout ce pour quoi il s’est battu toute sa vie est remis en question et que la Nation est mise en danger parce que les responsables politiques ne respectent ni la Constitution, ni les lois de la République dans les décisions qu’ils prennent ou parce qu’ils n’appliquent pas ou ne font pas appliquer la loi. C’est ce reproche qu’ils ne supportent pas parce qu’ils savent pertinemment que juridiquement être hors-la-loi c’est condamnable. Et sur le plan moral comme sur le plan juridique, ce n’est donc pas porter atteinte au devoir de réserve que de s’exprimer pour dénoncer le fait que la loi n’est pas respectée et n’est pas appliquée. Le fait, pour un militaire, de se présenter à une élection n’est pas une nouveauté. Car il faut le reconnaître, le monde militaire n’est pas sous-représenté dans l’administration: ils sont les « Hauts fonctionnaires de défense » dans nos ministères, sans oublier dans nos ambassades. Reste que l’engagement des militaires en politique ne va pas de soi et qu’il s’apparente à un parcours du combattant. Car le métier des armes a toujours été déclaré incompatible avec le métier des urnes. Mais sur le fond, l’affaire n’est pas tranchée, laissant le militaire entre deux eaux : citoyen parce qu’il peut voter mais sous-citoyen parce qu’il ne peut pas être élu portant son treillis. Boubou SIDIBE / maliweb.net

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Commentaires (34)

User
nfp
nfp 9 ans
Ngolo 18 Déc 2017 at 15:02 "Quelle belle analyse M SIDIBE, Moussa Sinko COULIBALY est un valeureux soldat, cultivé et intègre". On croît rêver!... A peine 5 petites années après que les putschistes-pilleurs-assassins aient plongé le pays dans le chaos, il se trouve déjà des amnésiques (voire des cons!) pour trouver l'un des leurs, je cite, "valeureux soldat, cultivé et intègre"! 6 petites années, pas plus!... Et ceci bien que le "valeureux soldat" soit prudemment resté planqué à Kati quand ca chauffait au nord... Et ceci bien que cette ordure "intègre" ait partagé avec ses congénères le pillage des douanes de Faladié et celui de divers ministère... Avec un tel degré de connerie chez certains, on comprend mieux pourquoi, alors que TOUT LE MALI SAVAIT pertinemment qu'Ibk était un vieux tricheur-magouilleur, il a été massivement élu par....77% d'amnésiques!!! Voici donc le dernier scoop en date: Sinko, putschiste à l'ère Sanogo puis truqueur d'élection à l'ère Ibk serait, selon Ngolo........................VALEUREUX ET INTEGRE A LA FOIS!!! Encore une fois: On croît rêver!
nfp
nfp 9 ans
"...mais d’une démarche de salut public ou de salut national, d’une démarche nécessaire consistant à porter, avec d’autres, une sorte d’« assistance à notre pays en danger » Tiens, comme c'est curieux! Sinko-le-putschiste aurait donc SUBITEMENT pour préoccupation "l'assistance à notre pays en danger" Etonnant non? Souvenons-nous (et c'était en 2012, autant dire hier!), le pays était REELLEMENT EN DANGER quand le mnla a tourné ses armes contre nous et a mis tout le nord à feu et à sang, et c'est pile à ce moment-là que ce même SINKO ET SA BANDE D'IVROGNES-PILLEURS-DE-DOUANES ont "pris le pouvoir"! Or, ce même Sinko comme les autres SE SONT SAGEMENT ET PRUDEMMENT BIEN GARDES D'ALLER TIRER UN SEUL COUP DE FEU AU NORD (où pourtant, Monsieur Sinko Coulibaly, le pays était REELLEMENT EN DANGER!!!!!) Au lieu de ça, notre nouveau sauveur (LOL!) "subitement soucieux des dangers que court notre pays" est alors resté sagement à Kati, à gérer et se partager avec ses collègues putschistes le butin de leurs pillages massifs, à cautionner les tabassages nocturnes de journalistes, les tortures de prisonniers, les exécutions, les charniers, etc... Pour ceux qui auraient la mémoire courte (TRES courte!), voilà QUI EST REELLEMENT l'ordure Sinko!
nfp
nfp 9 ans
PS: Sans oublier bien sûr ses talents de truqueurs d'élection pour pouvoir être dans les grâces de Zonkeba et ne pas suivre ensuite le chemin de la prison comme les autres!!!!
COMBATS IDEOLOGIQUES
COMBATS IDEOLOGIQUES 9 ans
?TOUT CEUX LA QUI VEULENT ETRE PRESIDENTS DOIVENT ETRE DEPOURVUS DE TOUT LEURS BIENS ET NE DOIVENT ETRE APPROCHES PAR AUCUN MEMBRE DE SA FAMILLE DURANT TOUTE L EXERCICE ET GARANTIES AVOIR UNE VIE STABLE ET DIGNE SANS GRANDE RICHESSE APRES! LE PRESIDENT ET AUTRES DOIVENT ETRE CIRCONCIS UNE N NIEME FOIS S ILS TRAHISSENT LES INTERETS DU PEUPLE CELA S APPLIQUERA A TOUS LES MINISTRES ET DEPUTES ? ?LES ARABES ET LES FRANCAIS ONT MIS DES EFRONTES ET MOLOBALIW DEVANT NOS PEUPLES! LA SITUATION DOIT CHANGER?
COMBATS IDEOLOGIQUES
COMBATS IDEOLOGIQUES 9 ans
?TOUT CE QU IL FAUT AU MALI C EST CESSER DE DONNER LA PRIORITE AU VENANT DE LOIN ET SE CONCENTRER SUR LA COHESION INTERIEURE PAR LA JUSTICE SANS RACISME SANS RELIGIONISME SANS REGIONISME SANS INTELLECTISME? ?CE PAYS N EST PAS UN PAYS DE RACE NI DE RELIGION MAIS DE COHESION NORD SAHEL SUD SAHEL EST ET OUEST ! UNE COHABITATION! UN COUSINAGE PROFOND UNE UNICITE DANS LA DIVERSITE DE CULTURE DE CROYANCE CAR IL NE PEUT PAS Y AVOIR DE RACE AU MALI? ?IL FAUT RETOURNER A NOUS MEMES DANS LE RESPECT ET LA TOLERANCE! LES ETRANGERS ARABES ET FRANCAIS N AURONT JAMAIS LES MEMES INTERESQUE NOS PEUPLE HIER AUJOURDHUI ET DEMAIN? ?LE PROBLEME N EST INDIVIDUEL MAIS CULTUREL ET SOCIETAL, LA VRAIE SOLIDARITE DOIT PREVALOIR SUR LE !!VENEZ MANGER EN FAMILLE!!! ET ETRE !!!!!VENEZ DEFENDRE NOS INTERETS ET TRAVAILLER ENSEMBLE!!!!? ?SINKO MOUSSA SERA UN AUTRE LOOSER AVEC CE PEUPLE DIRIGE PAR UNE MINORITE FRANCO ARABISANTE ETOURDITE ET DEBILISEE AUX DETRIMENT DES 90% DES QUALIFIES DE NON ARABISES ET NON FRANCISES ?
Tham
Tham 9 ans
Le général Coulibaly a. le droit de démissionner et prétendre se battre pour la conquête du pouvoir Mais vu son passé de pushiste, la situation sécuritaire catastrophique du Mali et le rôle qu'il a joué dans l'élection de IBK, ce n'est pas le moment. Général d'un pays en guerre il devrait faite le boulot pour lequel il a été formé Assurer le sécurité du Mali, faire profiter à l'armée en reconstruction des expériences ( s'il en a) Ils ont fait le coup d'État le plus con du monde pour disaient t-ils libérer le Mali des rebelles .Au lieu de combattre la rébellion ils se sont adonnés à un pillage du bien public vols, extorsions de fonds,assassinats.... Quel fait militaire a fait Moussa Sinko pour mériter le grade de Général ? Voilà un bras du cndre qui veut chercher le pouvoir pour libérer ses camarades pushistes, assassins et en même se protéger. Car il doit être poursuivi pour un coup d'État, et pour malversations et trucages de l'élection de IBK. Dans tout pays sérieux , le président doit refuser cette démission ,sauf s'il y a un deal entre eux. Nous n'allons plus accepter ce jeu de ping long entre ATT -AOK- ATT et maintenant CNDRE avec Moussa S Coulibaly - IBK- CNDRE Depuis 1991 se sont les mêmes membres d'une mafia malienne qui se passent le pouvoir pour se protéger de leurs vols, mauvaises gestions le peuple malien est l'échelle pour monter à Koulouba ,une fois au sommet ils poussent l'échelle une fois tomber ils la piétine
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