Des brebis galeuses au sein de la CMA

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Le 29 juin dernier, lors d’une opération dans la commune de N’Tillit, la force Barkhane a arrêté trois personnes dont deux se sont présentées comme des officiers de la CMA. L’un d’entre eux, Bahoudou Ag Hamata, serait pourtant bien connu pour sa proximité avec le grand banditisme et le djihadisme.

Bahoudou Ag Hamata, pourtant officiellement membre d’une organisation agissant pour l’avancée de l’APR, n’a en réalité rien d’une personne œuvrant pour la paix au Mali. Ce natif de Bourem fait plus parler de lui pour son opportunisme malveillant et ses activités criminelles que pour son sens moral et son souci du bien commun.

Impliqué depuis plusieurs années dans des trafics divers, dont celui des voitures volées qu’il revend notamment aux groupes terroristes, ce dernier agirait uniquement guidé par son seul enrichissement personnel. C’est avec cet état d’esprit qu’il traiterait aussi bien avec le JNIM que l’EIGS. Mais, sa complicité avec les différents groupes illégaux ne se limiterait pas au seul recel de voitures et Bahoudou se serait également fait un nom dans le trafic d’armes au Mali.

Grâce à un réseau de facilitateurs et sa connaissance du milieu du crime organisé, il n’est dès lors pas illogique que Bahoudou traite à la fois avec le JNIM et l’EIGS, deux groupes dépourvus de sens moral une fois sortis de leurs discours. Le négoce simultané avec les deux mouvances djihadistes pourrait cependant devenir conflictuel. En effet, la probable reprise d’affrontements plus violents entre les deux groupes devrait sans nul doute pousser les groupuscules à exiger l’arrêt des livraisons d’armement à l’adversaire.

Les activités criminelles de Bahoudou étant localement connues de tous, il semble particulièrement probable que certains représentants de la CMA de la région aient couvert ce dernier. Parfois contrainte ou se sentant tenue par des liens tribaux ou familiaux, cette minorité entache l’image du mouvement laissant perdurer les collusions de l’organisation avec les groupes terroristes.

Ibrahim Keïta

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