Échiquier politique : Les FARE sont au cœur de l’opposition

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Dans notre parution n°790 du jeudi 14 avril 2016, nous publiions un article dans lequel l’auteur (Kalifa Gadiaga) interpellait le président du parti Fare An ka wuli sur son appartenance politique (majorité ou opposition ?). D’autant que, relève-t-il, « pendant que Modibo Sidibé semble flirter avec l’ADEMA/PASJ de la majorité présidentielle,  au point d’en être présenté comme le potentiel candidat en 2018, son vice-président, Souleymane Koné, avec ses chroniques intitulées “Mali-Niaiseries” se situe carrément  du côté de l’opposition ». En réaction à cet article, nous avons reçu la réponse de Souleymane Koné, 1er vice-président des Fare. Pour lui, son parti est au cœur de l’opposition. 

Qui est de l’opposition politique au Mali ? Tout parti politique se déclarant ne pas soutenir l’action du Gouvernement, est un parti qui se situe dans l’opposition au sens du droit et des pratiques en la matière. Il faut donc de la volonté et un acte de déclaration politique au sens de la loi sur le statut de l’opposition.

Le débat sur l’opposition politique sous cet angle, gagnerait à être plus intelligent et constructif plutôt que d’évoluer au ras des pâquerettes.

En cette année 2016, le débat sur l’opposition peut paraitre à certains comme une  provocation intellectuelle ou même une simple mesquinerie. Il n’en est rien pourtant, s’il sort des sentiers crypto personnel comme disait Léopold Sedar Senghor, premier président de la république du Sénégal, et contemporain du Président Modibo Keita.

Au cours de l’année 2015, nous avons appris que l’enjeu de ce débat se trouvait dans  l’attente que nos compatriotes ont pour une  opposition  plus mordante et vigoureuse face à un pouvoir qui a trompé son monde.

C’est pourquoi devant la récurrence de la question « les FARE sont elles dans l’opposition ? » Il a fallu expliquer encore et encore. Car, nous savions à l’époque que la question était manipulée par d’autres partis politiques et non des moindres pour affaiblir l’image de notre parti dans le pays.

Le président des FARE, Modibo Sidibé a constamment réaffirmé le positionnement  du parti depuis son premier congrès ordinaire, les 15 et 16 mars 2014.

Candidat des FARE à l’élection présidentielle, il en avait déjà donné l’indication qu’il serait dans l’opposition, si à l’issue du scrutin les Maliens lui préféraient une autre personnalité.

Oui, les FARE sont un parti qui évolue dans l’opposition démocratique et républicaine. Que nul n’en doute. Sur ce point le pouvoir IBK ne s’est jamais  trompé et cela vaut preuve.

Les FARE depuis leur congrès ont été dans la conception de toutes les initiatives de l’opposition avec les autres partis qui s’y trouvent. Elles ont participé à toutes les manifestations clé de l’opposition à l’intérieur du pays comme à l’extérieur, pour dénoncer l’incurie, le manque de vision et de cap,  et la culture de scandale du pouvoir IBK.

Faut-il le rappeler, les FARE, dans un esprit républicain, ont tenu à rencontrer tous les partis qui en ont bien voulu, au sortir de leur congrès pour leur expliquer non seulement le sens de son positionnement dans l’opposition, mais également les grands principes et valeurs républicains pour lesquels elles pensent que la classe politique de notre pays se doit d’adopter un comportement qui fait honneur  à la démocratie et aux Maliens.

Au nombre de ces partis ont peut citer le MPR, le CNID-Faso Yiriwaton, l’ADEMA/PASJ, le PDES, le PS-Yeleen Kura, la CNAS–Faso Hère, le PIDS, l’URD le MODEC et bien plus tard le SADI etc.

Au sortir desdites rencontres les FARE sont allées jusqu’à la création d’un cadre de concertations sur les grandes questions de la nation avec certains partis politiques indépendamment de leur positionnement politique dans la majorité présidentielle ou dans l’opposition.

Rassembler les Maliens, les intelligences nationales, les forces vives et les partis qui ont la volonté d’œuvrer à la refondation de notre pays est le credo politique des FARE.

Dans cette perspective le parti FARE n’exclut personne et ne s’interdit de parler à aucun parti politique légalement constitué.

D’où vient l’idée que Modibo Sidibé doit clarifier son positionnement politique et celui des FARE ?

Dans la livraison du Journal L’Aube du 14 avril 2016, monsieur Kalifa Gadiaga croit percevoir  une confusion dans la position du parti pour cause de contact suivi avec l’ADEMA/PASJ.

Si mes informations sont fondées, je crois savoir que monsieur Kalifa Gadiaga est militant d’un parti politique. Dans son cas, peut-on  raisonnablement confondre sa prise de position ici avec celle de son parti qui travaille au quotidien avec les FARE dans l’opposition ? Les contacts des FARE avec l’ADEMA/PASJ sont inscrits dans l’agenda des deux partis depuis le premier congrès des FARE.

Lorsque le président de l’ADEMAS/PASJ a vivement soutenu l’urgence d’une rencontre entre le parti Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence (FARE–An Ka Wuli), à la première convention nationale, cela n’a intéressé que les initiés de la vie politique malienne.

Mais lorsque le président des FARE rend la politesse à la conférence nationale de l’ADEMA/PASJ, il se trouve monsieur Kalifa Gadiaga pour conclure à la fin de l’opposition pour les FARE, à tout le moins une ambigüité dans le positionnement du parti. Que non !

Nous nous sommes souvent demandé si la force d’une opposition se lit à travers le  prisme des nombres de marches et de meeting effectués, du nombre de feux rouges cassés ou de policiers blessés. Pour sûr elle réside dans la crédibilité des femmes et des hommes qui l’animent, leurs capacités à constituer l’espoir d’une alternative et de rassurer de la possibilité d’une alternance dans la paix civile. Si cela compte, il faut croire que les FARE sont au cœur de l’opposition.

Il y a chez certains Africains et Maliens en particulier une mode intellectuelle consistant à mettre tout le monde dans tout, se contentant des généralités affligeantes sur des questions  concrètes. Cette démarche n’est pas adaptée.

Il y a encore de la ressource et beaucoup de ressources morales dans notre  pays, ceux qui ont retourné leur veste sont connus, tout comme ceux qui balancent entre deux chaises.  Les FARE ne sont pas du côté de l’opposition, elles sont au cœur de l’opposition avec une lecture horizontale et d’ouverture sur des questions concernant  l’avenir du Mali.

 

,Mais que dire  de plus à ce sujet ?

Dans une des  chronique de « Mali-Niaiserie » en nous interrogeant sous le titre « Modibo Sidibé : Un héritier malgré lui ? », nous résumions que  dans l’ADEMA/PASJ (Alliance pour la Démocratie au Mali/Parti Africain pour la Solidarité et la Justice) de Alpha Oumar Konaré et du  PDES (Parti pour le Développement Économique et la Solidarité) de Amadou Toumani, cet homme réputé intègre et compétents même par ses adversaires les plus irréductibles, avait néanmoins suscité de méfiance sinon de la curiosité dans son engagement politique.

 

Modibo faisait figure d’héritier…

On lui reprochait de s’être tenu à l’écart de joutes politiciennes et de vouloir rééditer la recette de la candidature indépendante de son mentor Amadou Toumani Touré, au détriment des héritiers putatifs de ces deux formations et ceci, dans un contexte où les partis politiques se sentant floués par la gestion consensuelle du pouvoir, vouaient aux gémonies les candidatures indépendantes.

Mais depuis le coup d’Etat, Modibo Sidibé faisait figure d’héritier malgré lui. Cela n’a pas été la moindre des difficultés. Pour justifier le coup d’Etat qui a conduit à l’effondrement du pays, la junte et ses soutiens n’ont ménagé aucun effort pour peindre la démocratie sous les traits de l’ennemi qui a engendré tous les maux du Mali.

Dans ce concert de condamnation de la démocratie, Modibo Sidibé plus que les partis politiques qui ont formé les différents gouvernements, apparaissait comme l’héritier politique de l’ère démocratique en tout cas l’héritier des pères fondateurs de la démocratie en occurrence Amadou Toumani Touré et Alpha Oumar Konaré. Il en a payé le prix fort sous le règne de la junte : tentatives d’assassinat, privation de liberté, mensonges et calomnies…sur sa personne.

Aujourd’hui, le pays est à la peine. Mais le mensonge sur la démocratie et ses serviteurs n’a pas survécu.

Les élections bâclées de 2013 ont mis en place un pouvoir impotent qui en plus de son inefficacité, soumet tout à ses humeurs, caprices de puissants, ses jeux de cour, ses calculs politiciens et enfin à ses arrogances de gouvernants. Conséquences, le pays s’est installé dans une illusion démocratique et tourne à vide.

Les Maliens scandalisés se tournent vers des hommes élevés dans la culture de la tolérance, de la démocratie et de l’ouverture, des hommes mûris dans la mentalité d’un Etat impartial et protecteur.

Tous les partis politiques qui pensent avoir une responsabilité historique à soutenir la démocratie et les valeurs de la révolution de mars 1992, ont compris qu’il faut se rassembler et faire face aux mensonges, à la restauration et au révisionnisme. Faut-il en pleurer ?

Chacun aura compris que dans ce combat aucune victoire politique  ne viendra du ciel, elle sera la résultante d’un plus large rassemblement des forces de progrès de notre pays.

La classe politique au sein de la majorité présidentielle est plus habituée à gérer ses acquis, les situations de rentes, qu’à imaginer l’avenir  du Mali. Mais il reste une pertinence à casser ce consensus confortable dans lequel, elle s’est installée. Alors, les FARE n’ont aucun problème à vouloir rassembler la nation.

La chance du Mali  en ce moment est que le pays  a la meilleure opposition de son histoire, des hommes de qualités énormes connaissant dans les détails les problèmes du pays et donc l’alternative assurée. Ce qui met notre pays à l’abri de l’aventure. Cela rassure les Maliens et les partenaires du Mali. Le reste ne dépend que de nous pour avancer. Toutes les initiatives des FARE sont lisibles et audibles à l’aune de cette démarche.

Souleymane KONE

1er Vice-président des FARE

 

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Positionnement politique :

Modibo Sidibé doit clarifier…

Le comportement du parti de Modibo Sidibé prête à confusion. Pendant que Modibo Sidibé semble flirter avec l’ADEMA/PASJ de la majorité présidentielle,  au point d’en être présenté comme le potentiel candidat en 2018, son vice-président, Souleymane Koné, avec ses chroniques intitulées “Mali-Niaiseries” se situe carrément  du côté de l’opposition. Une clarification  est nécessaire pour ce grand commis  de l’Etat qu’est Modibo Sidibé.

 

Trop d’ambiguïtés tuent l’ambigüité

En Afrique en général, et au Mali en particulier, savoir se positionner de façon à prétendre être à la fois à droite et à gauche, selon la tendance du vent, est considéré comme une intelligence politique.  Cela doit cesser, car il s’assimile à de la malhonnêteté. Disons-nous la vérité. Dans les grandes démocraties reconnues, même en France qui nous sert de modèle, il est rare de voir un homme politique changer de bord du jour au lendemain. Mais au Mali, les plus forts dans cet exercice sont appréciés, et même admirés. C’est ainsi que nous voyons des politiciens qui, il y a peu,  critiquaient de façon acerbe l’actuel président de la République quand il était premier ministre, devinrent ses laudateurs fieffés, avec comme récompense un poste ministériel, sans aucune gêne. Maitre Tall, Choguel, j’en passe. Cela à mon avis ne relève point de l’opportunisme politique, mais plutôt de l’indignité comportementale, qui doit être désormais bannie de notre environnement politique. Les hommes politiques doivent donner l’exemple de probité  et de droiture, s’ils veulent à l’avenir diriger notre pays tant martyrisé.

 

Modibo Sidibé : un homme d’honneur !

Pour revenir à Modibo Sidibé, pour lequel  j’ai par ailleurs un grand respect, je reste  confus. Comment parvient-il  à la fois à entretenir de bons rapports avec l’ADEMA, normal me direz-vous, mais aussi avec le parti SADI de Oumar Mariko, celui-là même qui a applaudi des pieds et des mains le coup d’Etat contre le Président ATT ? Pour rappel, Modibo Sidibé fut  le directeur de cabinet pendant la transition de 1991 d’ATT, puis ministre. Ministre sous le régime d’Alpha et puis  premier ministre d’ATT. Cela n’est pas normal. Le soutien de Modibo Sidibé au président ATT ne doit à mon avis souffrir d’aucun doute, et doit se manifester ouvertement contre le régime en place, dès lors que ce dernier accuse ATT de haute trahison. La morale politique voudrait, selon mon analyse que lui et son parti, aient  une position claire de soutien à ce dernier, surtout par rapport à l’accusation qui lui est faite d’avoir hautement trahi l’Etat malien. Car  si trahison il y a eu, elle a eu lieu au moment où lui, Modibo,  occupait le poste de premier ministre, donc conducteur de l’action gouvernementale du président ATT. Un peu de gratitude.

 

Modibo saura clarifier sa position

Mais, depuis un certain temps, surtout après sa prestation à la conférence nationale de l’ADEMA tenue le 27 mars passé, des rumeurs de plus en plus persistantes, l’annoncent encore comme proche de l’ADEMA. Son discours qui fait mention de liens spéciaux entre lui et ce parti de la majorité, est interprété comme  un appel du pied, pour faire de lui tantôt candidat potentiel de ce parti par anticipation, tantôt initiateur d’un pôle de gauche en gestation.  Vrai ou faux ? Cela n’a pas d’importance.  C’est plutôt l’ambiguïté de sa position qui est inquiétante. Modibo Sidibé, à mon avis, doit aujourd’hui se situer du côté de l’opposition qu’anime du reste le vice-président de son parti, Souleymane Koné, ancien ambassadeur en Mauritanie. Il est trop grand pour qu’on ne puisse pas le situer soit dans la majorité ou dans l’opposition. Modibo ne doit pas jouer certains hommes politiques en quête permanente d’opportunité. Il vaut mieux que cela. Modibo Capitaine Sidibé. Il doit en plus montrer un soutien sans faille à l’ancien Président, Amadou Toumani Touré qui lui a permis de gravir  les échelons de la haute administration. La frivolité et le positionnement ambivalent, loin d’être de l’intelligence, sont  plutôt une dépravation de mœurs politiques  qui nous mettent  en retard, car ils  permettent  aux hommes de souffler à droite ou à gauche, le chaud et le froid,  au gré de leurs intérêts personnels. A ce titre,  ils doivent être combattus par les textes qui régissent les partis et la morale politiques au Mali. Et les Fares Anka Wili doivent s’assumer de façon à ce que nous puissions clairement les situer.

 

Kalifa Gadiaga

Professeur d’Enseignement Secondaire

Columbus Ohio – USA

(L’Aube 790 du jeudi 14 avril 2016)

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