Peuls, EIGS, JNIM : vers une évolution des rapports de force.

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Nous savons dorénavant que des négociations ont lieu entre l’état Malien et la Katiba du Macina. En réalité, il s’agit plutôt pour le gouvernement de négocier avec les Peuls sachant que ces derniers, pro-JNIM et pro-EIGS, travaillent afin de ne plus s’entretuer. Si ce processus aboutit on peut imaginer que l’ensemble des communautés Peules se séparent finalement des deux groupes terroristes pour les laisser régler leurs comptes entre eux. Ceci signifierait alors clairement le retour aux affrontements entre Arabes et Touaregs avec l’apparition d’un certain nombre de dilemmes qu’ils auront à résoudre. 

Par exemple :quel camp choisiront les Arabes Ouasras ?

Talha Al Libi, l’ambitieux lieutenant de Iyad AG Ghaly, soutiendra-t-il le vieux chef Ifoghas pour espérer prendre sa place ou rejoindra-t-il l’EIGS ? Et s’il reste fidèle à Iyad jusqu’à sa mort, les Ifoghas se soumettront-ils à l’Arabe Talha Al Libi ? On peut en douter.

Il en est de même pour les différents mouvements au sein des groupes armés signataires de l’accord d’Alger qui, s’ils manquent de sagesse, devront choisir entre leur filiation communautaire arabe ou touarègue.

Pour voir les choses simplement, si Amadou Kouffa se désolidarisait de Iyad Ag Ghaly, les Peuls retrouveraient leur autonomie. Alors, l’EIGS et le JNIM, c’est-à-dire les Arabes et les Touaregs, règleraient leurs comptes entre eux. Connaissant leur soif d’Azawad, les Touaregs ne sont pas prêts à se soumettre à la conquête Arabe fut-elle déguisée sous les habits d’une conquête de l’Islam et ce d’autant que les Maliens en général et les Touaregs en particulier n’ont pas de leçon à recevoir en ce sens.Par ailleurs, seul Kouffa constitue un lien entre Peuls et Touaregs sachant que les uns et les autres ont historiquement des récriminations et une hostilité réciproques. La fin de Kouffa signifierait sans aucun doute la division du JNIM.

Pour aller au bout de cette logique, quelques questions restent en suspens. Kouffa est-il prêt à abandonner Iyad qui lui a donné un statut qui dépasse les frontières du Macina ? Si ce n’est pas le cas, les Peuls doivent-ils se débarrasser de Kouffa pour retrouver leur autonomie et arrêter le massacre ? Si les Peuls redeviennent raisonnables, et c’est leur intérêt, l’Etat malien est-il prêt pour reconstruire l’équité et rendre aux Peuls la place qu’ils méritent ?

Pour le moment, les Peuls, dont rien n’excuse les exactions qu’ils commettent, restent la chair à canon des deux groupes djihadistes. Il est temps qu’ils le comprennent afin qu’ils retrouvent l’art et les vertus oubliés du Pulaaku que les djihadistes ont foulé du pied pour qu’il disparaisse à jamais.

Idrissa Khalou

@IKhalou

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