Tribune : Mali, un État détruit

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Le Mali, jadis prospère, aujourd’hui, souffre non pas du manque de ressources, mais du fait des dirigeants qui se sont succédé au pouvoir depuis l’indépendance à nos jours.

Sous la première République, le choix politique et le culte de la personnalité ont conduit à la chute du régime Modibo Kéita.

La deuxième République est celle du monopartisme constitutionnel. Tout comme la précédente, le culte de la personnalité et le clientélisme ont été des facteurs déterminants dans la chute du régime Moussa Traoré.

Si les dirigeants de ces deux premières Républiques ont commis des erreurs dans la gestion de la chose publique, on y sentait chez eux une fibre patriotique et un souci du respect de l’intérêt général.

Sous la troisième République, les différents dirigeants qui se sont succédé à la tête de l’État ont été les véritables bourreaux du Mali. La troisième République est celle du déclin du Mali et est à la base de tous les malheurs du peuple malien.

La révolution de mars 1991 a été un tremplin pour les fossoyeurs de la République.  En véritables chercheurs de trésors, ils ont dilapidé tous les acquis de leurs prédécesseurs. La troisième République a été celle du règne de :

La spéculation foncière.

C’est sous la troisième République que la terre a pris une valeur incommensurable. Le phénomène de spéculation foncière s’est développé avec la création de véritables structures spécialisées dans l’expropriation et l’accaparement des terres des pauvres populations avec la complicité de ceux qui ont la charge de la gestion du foncier.

Une véritable escroquerie foncière a vu le jour. Aujourd’hui, les conflits fonciers sont la cause des troubles sociopolitiques et économiques que connaît le Mali.

La Destruction du système éducatif

L’éducation est la meilleure chose qu’un dirigeant doit offrir à son peuple. Si les cadres des pays limitrophes ont à partie été formés par les enseignants maliens, aujourd’hui, le Mali est devenu la risée des autres États à cause du niveau exécrable de son éducation. Le système éducatif de notre pays, à cause des mauvais choix politiques et son instrumentalisation par les supposés démocrates, est complètement détruit. Cette destruction de l’éducation a pour conséquences la destruction de l’État comme le soutient Djy Khy DJÔH « 

  • Détruire un pays ne nécessite pas, effectivement, l’utilisation de bombes atomiques, de missiles à longues portées ou autres armes de destruction massive.
  • Il suffit juste de détruire son système éducatif, en permettant et en encourageant la triche, la fraude et la corruption dans l’éducation et la destruction se fera toute seule, ça sera juste une question de temps.
  • Du coup, des patients meurent entre les mains de médecins médiocres, fraudeurs et corrompus.
  • des bâtisses, des autoroutes et des ouvrages d’arts s’effondrent car construits par des architectes et des ingénieurs médiocres, fraudeurs et corrompus.
    le système économique du pays, ses richesses, ses réserves de changes fondront comme de la neige, car entre les mains d’économistes, d’hommes politiques, d’investisseurs et d’hommes d’affaires médiocres, fraudeurs et corrompus.
  • La justice devenue injuste et au service des plus forts car entre les mains d’hommes de lois, des juges médiocres, fraudeurs et corrompus.
  • (…) tous les domaines, tous les secteurs sont en ruines car gérés par des tricheurs, des fraudeurs et des corrompus qui non plus de valeurs, plus de repères, de modèles, de grandeur, de dignité, de conscience ce qui engendre l’effondrement de la nation.
  • A méditer, il est encore temps[1] ! »

La déstructuration de l’armée :

L’armée, tout comme l’éducation, constitue un des piliers de l’État. Selon Franck SILVI « un pays sans armée, est un pays sans avenir[2]». Et pourtant, c’est ce que nous assistons aujourd’hui. L’armée malienne était une des plus puissantes de la sous région, mais avec le règne des pseudo-démocrates, cette vaillante armée n’est que l’ombre d’elle même. La première plaie de cette armée est le mode de recrutement basé sur le népotisme, la corruption etc. installé comme règle. La conséquence d’un tel système de recrutement ne peut que détruire l’ordre hiérarchique et engendrer le  désordre au sein de cette institution dont les règles fondamentales sont la discipline et l’organisation hiérarchique.

Un pseudo-démocrate ne disait-il pas que le « Mali n’a pas besoin d’une armée de guerre, mais d’une armée humanitaire » et pourtant la guerre n’est elle pas notre quotidien maintenant ? Nos soldats sont en train de périr au Centre et au Nord faute de moyens et de formation militaire négociée pour beaucoup d’entre eux. Que leurs âmes reposent en paix.

Dans ces conditions, nous sommes obligés de sous-traiter notre sécurité nationale avant d’avoir une armée disciplinée, hiérarchisée et surtout bien équipée.

Le pire dans l’autodestruction du Mali par les pseudo-démocrates est la destruction de l’économie du pays

 

  • La destruction de l’économie nationale.

Dans leur course folle à la recherche de la richesse, les pseudo-démocrates ont liquidé toutes les sociétés de production du pays. Je ne citerai que quelques unes d’entre elles comme illustration :

  • HUICOMA :
  • COMATEX
  • TRANSRAIL
  • Usine Sada Diallo
  • La destruction anarchique des kiosques

A cette liste s’ajoute tout récemment la tentative de déstabilisation d’un fleuron de notre économie le thé ACHOURA. Plus qu’un thé, ACHOURA est aujourd’hui la fierté du Mali. Connu dans le monde entier, ce thé porte le label malien. Il appartient à tout État de soutenir et protéger ses opérateurs économiques afin de créer de la richesse, de l’emploi pour la jeunesse.  Le mérite du thé ACHOURA réside dans le fait que non seulement il remplit un rôle de service social, mais également sa politique d’emploi est originale. La société HOUMA, offre la possibilité aux jeunes désespérés l’opportunité de s’affirmer, d’avoir confiance en eux. Aujourd’hui, grâce à ce thé, des centaines de jeunes ont trouvé du travail, fondé leurs familles.

Au lieu de soutenir de telles initiatives et encourager la jeunesse malienne à s’inspirer de cette expérience, on veut plutôt détruire cette société.

Pourquoi nos pseudo-démocrates pactisent-ils avec les démons du mal pour détruire ce pays ?

Il est temps que les Maliens, toutes générations confondues, se lèvent et barrer la route aux fossoyeurs de notre pays. Aujourd’hui ACHOURA qui demain ?

 

Kader TRAORE

[1] https://zikisso.com

[2] https://citation-celebre.leparisien.fr/citations/74641

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2 COMMENTAIRES

  1. Pseudo-démocrate????
    Pourquoi pseudo????
    S’il y’a pseudo-démocrate,il y a forcément les démocrates,qui sont ils?
    En réfléchissant un peu,on se dit si les pseudo-démocrate sont les hommes politiques à partir du 26 MARS 1991,les démocrates sont ceux d’avant justifiant une portée haineuse dans le terme pseudo-démocrate.
    LA HAINE S’EXPLIQUE PAR CETTE LUTTE AU NOM DE LA DÉMOCRATIE ABOUTISSANT À LA CHUTE DE LA DICTATURE MILITAIRE.
    On veut dire qu’on a eu tord de provoquer la chute de la dictature militaire dans le terme pseudo-démocrate.
    Donc on a espéré et souhaité l’échec de cette démocratie.
    CELA EXPLIQUE QU’ON ACCUSE CETTE PÉRIODE DE LA DIFFICULTÉ ACTUELLE DE NOTRE PAYS.
    Si la dictature militaire avait bien conduit l’éducation nationale,les manifestations des élèves et étudiants ne seraient pas sources de la chute de MOUSSA TRAORÉ.
    Si la dictature militaire avait réellement une ARMÉE FORTE,les rébelles n’auraient pas obligé MOUSSA TRAORÉ a signé L’ACCORD D’ALGER en 1990 quelques mois seulement après le début de la rébellion.
    ON REFUSE DE CROIRE QU’APRÈS LA CHUTE DE MOUSSA TRAORÉ,L’ÉTAT ÉTAIT TELLEMENT AFFAIBLI QUE TOUT ÉTAIT PRIORITAIRE.
    Un ÉTAT qui n’arrivait pas à payer ses fonctionnaires,ses enseignants tellement l’économie était arrêtée avait une ARMÉE FORTE et une ÉDUCATION NATIONALE DE QUALITÉ!!!!!
    Arrêter d’insulter l’intelligence des maliens.
    NOUS VIVONS LES CONSÉQUENCES DU COUP D’ÉTAT DU 19 NOVEMBRE 1968.
    Un compagnon de MODIBO KEITA qui a eu la chance de venir mourrir parmi les siens a révélé que le père de l’indépendance lui a envoyé une lettre,alors qu’ils étaient dans la même prison à KIDAL, qu’il s’inquiètait de l’avenir du Mali entre les mains des jeunes officiers subalternes sans aucune expérience politique.
    C’EST SON INQUIÉTUDE QUI S’EST AVÉRÉE RÉEL.
    Le Mali était engagé dans un processus de la construction de son ÉTAT hérité de la colonisation quand huit ans après ces jeunes ont pris le pouvoir.
    L’éducation,l’armée ,la culture,l’économie…étaient incarnées par L’ESPRIT COLONIALISTE empêchant les ÉTATS AFRICAINS de se développer par les INTELLIGENCES de ses fils.
    Ce processus de décolonisation a poussé MODIBO KEITA a choisir comme partenaire les pays communistes.
    Nos étudiants étaient envoyés dans ces pays,non pas pour se former seulement intellectuellement,mais aussi et surtout décoloniser L’ESPRIT.
    LE 19 NOVEMBRE 1968 CE PROCESSUS DE DÉCOLONISATION DE L’ESPRIT MALIEN AFIN DE PERMETTRE AUX MALIENS D’ENGAGER UN PROCESSUS DE DÉVELOPPEMENT HARMONIEUX S’EST ARRÊTÉ NET.
    En Asie,il s’est poursuivi on voit le résultat.
    BONGANA MAIGA qui a été obligé d’aller vendre son talent et sa connaissance ailleurs est le reflet de ce qu’a prévu MODIBO KEITA pour la nation malienne.
    De la façon dont toute l’Afrique envie ce cadre formé grâce à la politique initiée par MODIBO KEITA,c’est le Mali qui serait envié actuellement par toute l’Afrique.
    Au lieu de cela,à la fin des années 1980 c’est un ÉTAT MENDIANT QUI FAISAIT LE TOUR DES PAYS ARABES POUR POUVOIR PAYER SES FONCTIONNAIRES.
    L’ère démocratique a hérité de cet ÉTAT MENDIANT qui a façonné une société qui privilégie L’INTÉRÊT INDIVIDUEL.
    La scène politique est encadrée par une LOI FONDAMENTALE.
    Une nation se donne une LOI FONDAMENTALE de qualité pour permettre à son pays de s’émanciper ou de rebondir.
    De GAULLE l’a fait pour la france en 1958.
    Si la france avait besoin de stabiliser sa gouvernance instable par la LOI FONDAMENTALE précédente,le Mali avait besoin d’assainir son espace politique d’où le slogan KOKADJE.
    IL N’A PAS ÉTÉ REFLÉTÉ DANS LA LOI FONDAMENTALE PAR SES RÉDACTEURS EN 1991.
    Il s’agissait de rendre réel la séparation des pouvoirs afin d’empêcher l’homme politique par nature partisan d’avoir trop de pouvoir.
    La définition du cadre politique pendant la transition de 1991 a favorisé la perpétuation des pratiques politiques héritées de la dictature.
    Elles sont actuellement à un niveau destructeur.
    C’est pourquoi cet ESPRIT qui anime le M5-RFP c’est à dire la refondation de l’Etat pour lutter contre ces pratiques,faire hemerger les hommes politiques de qualité qui ne font pas des affaires,mais de la politique.
    Une ARMÉE n’est ni le matériel,ni la formation militaire requise,mais un ESPRIT PATRIOTIQUE.
    Le Vietnam a donné la preuve au monde entier contre les grandes puissances.
    La crème des officiers supérieurs qui refuse d’aller se battre comme ceux du Tchad a été façonnée par une école militaire(prytanée militaire de kati) mise en place en 1981 par MOUSSA TRAORÉ.
    Son recrutement est basé sur le NÉPOTISME déguisé par un concours.
    Ils sont très majoritairement les enfants des dignitaires du dictateur.
    Ils sont façonnés pour profiter des sommes affectées au fonctionnement de L’ARMÉE MALIENNE comme leurs parents proches du dictateur.
    Ils sont aussi prêts à tout pour garder le pouvoir comme MOUSSA TRAORÉ.
    En eux se reflète les dégâts du COUP D’ÉTAT du 19 novembre 1968.
    OSER LUTTER,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue.

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