Crise d’électricité : L’EDM-sa en manque des moyens…

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Suite à de coupures intempestives et de délestages du courant électrique devenus de plus en fréquents au cours de cette période de fortes chaleurs dans notre pays et de baisse d’étiages des cours d’eau chez notre partenaire ivoirien, la société EDM (Energie du Mali) est confrontée cette année encore à de difficultés persistantes et défis majeurs qui sont d’ordre technique et financier. Des difficultés, très malheureusement aussi, ignorées par la majorité des consommateurs, l’opinion publique en général et, apparemment, par les Décideurs politiques du plus haut niveau de l’Etat. Pour combler ce déficit d’informations capitales, la Direction Générale de l’EDM-sa a consacré la journée du 5 mai dernier à l’ouverture entière des portes des principaux sites abritant les installations techniques et infrastructurelles de l’entreprise aux Hommes des médias et à la société civile. Ce, afin qu’en soient informés objectivement les consommateurs et les partenaires potentiels de la géante de l’électricité malienne.   

Après les membres du Conseil National de la Transition-CNT (en mars dernier) et le Ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Seydou Lamine Traoré (en avril suivant), les Hommes des médias et Acteurs de la société civile ont été invités à effectuer, le mercredi 5 mai 2021, une visite historique dans les enceintes des principaux sites de la société Energie du Mali (EDM). C’est à la faveur d’une journée de portes ouvertes organisée par la Direction Générale de l’Energie Du Mali (EDM). Le but initial de cette journée est de permettre à l’opinion nationale en général et principalement aux consommateurs, partenaires et aux plus hautes Autorités nationales de mieux s’enquérir de l’état défectueux et dépassé de ses installations techniques et infrastructurelles. C’est précisément sur les sites de Balingué, de Sirakoro-poste et de Sotuba où Représentants de la presse, des associations des consommateurs et de la société civile ont effectué une visite guidée à l’issue de laquelle il a été constaté qu’en réalité l’EDM n’a pas les moyens de sa politique. Vu les conditions matérielles, logistiques et techniques voire budgétaires dans lesquelles fonctionnent les différents sites visités, force est d’admettre les Responsables de la société d’électricité nationale la plus prestigieuse du Mali ne ménagent aucun effort pour accomplir leur mission régalienne. Sans ambages, tout indique qu’au plan technique du planton au Directeur Général, tout le monde (Agents, Responsables et Employés contractuels), dans tous les rouages de la filière électrique, des énormes sacrifices sont consentis. Nuit et jour, Oumar Barou Diarra avec ses lieutenants et leurs équipes respectives se battent inlassablement et stratégiquement pour alimenter tant bien que mal la ville de Bamako et l’ensemble des zones dessertes en électricité.

Suivant le programme établi à cet effet, de 9H30 à 13H40, les visiteurs ont sillonné successivement les sites stratégiques de Balingué, de Sirakoro et de Sotuba où ils ont eu droit d’accès à toutes installations techniques opérationnelles et en cours de construction.

Ainsi, pour le site de Balingué est le poste d’arrivée de la ligne de Selingué. Construit dans les années 1980, ce poste est équipé de transformateurs abaisseurs avec des départs moyenne tension de 30 à 15 KV alimentant les quartiers Est de Bamako et la zone de Koulikoro.

Cette centrale fonctionne comprend six groupes électrogènes de 10 MW chacun dont deux sont opérationnels depuis 2000. Le poste abritant BID est une centrale thermique au fuel dont la puissance globale est de l’ordre de 60 MW.

Ensuite, les visiteurs se sont rendus sur la centrale thermique Deutz qui est d’une puissance totale de 23 MW. Elle est équipée de quatre groupes dont trois de 6 MW chacun et l’autre de 5 MW.

Au nombre de difficultés constatées sur le site de Balingué, il y a vétusté des installations et équipements techniques pourtant opérationnelles et la pollution atmosphérique qui se répercutent directement sur la fourniture régulière du courant électrique à l’échelle nationale.

Pour le site de Sirakoro, c’est un poste construit dans les années 1990. C’est le point d’arrivage dans notre capitale de l’énergie en provenance de Selingué, Manantali et de la Côte-d’Ivoire pour être distribuée vers d’autres postes dont les communes de la Rive droite du District de Bamako et des zones périphériques de Baguineda et de Sanankoroba.

Avec une capacité de 100 MW, ce site abrite un projet de construction d’urgence d’une centrale annexe dont les travaux sont en pleine phase d’exécution. Basé à Sirakoro, ce projet d’une centrale fonctionnant au fioul lourd avec des ouvrages d’évacuation a pour objectif de renforcer techniquement les capacités de production de l’EDM confrontée actuellement à de sérieuses difficultés en termes d’alimentation des citadins de Bamako et de l’intérieur du pays en électricité. Selon l’étude prévisionnelle, ce projet est dédié à la période de 2016-2035 et il est arrivé à la rescousse d’une dont le taux de croissance de consommateurs est évalué à plus de 10% par an. Le coût financier des travaux est estimé à 100 Milliards de francs CFA (soit 148 Millions d’euros) accordé au Gouvernement malien par la Banque islamique de Développement (BID).

Pour boucler la boucle, le convoi de visiteurs s’est transporté sur le site de Balkou, dans le quartier huppé de Sotuba, dans le secteur-est de l’IER. Là également, c’est une centrale thermique d’une puissance électrique de 20 MW qui est en finalisation. A l’instar de la centrale de Bada, ce site de Balkou s’inscrit dans le cadre des inlassables efforts préventifs de la Direction Générale de l’EDM pour amoindrir progressivement les pressions des consommateurs lors des périodes caniculaires comme celle de cette année. C’est pour alimenter les quartiers de l’Est de la ville de Bamako.

En somme, cette journée portes ouvertes, le Directeur Général O. Barou Diarra a, face à la presse, rassuré les consommateurs maliens qu’en avril 2022 (donc, dans un an), cette affaire de délestages et de coupures du courant électrique ne sera qu’un triste souvenir pour tous.  Certes, ce qui n’est pas la mer à boire. Mais, il est à rappeler, toutefois, qu’au plan budgétaire l’enveloppe financière à mobiliser nécessairement pour investir dans ce domaine est arrêtée à 2300 Milliards de francs CFA dont 1400 Milliards devant provenir du secteur privé, 500 Milliards pour le Budget national et 400 Milliards pour les partenaires techniques et financiers du Mali.  Face à la presse, le DG de l’EDM a révélé le fond de cette crise que traverse sa société durant le trimestre de mars-avril-mai de chaque année dans la fourniture de l’électricité à sa clientèle. Ces difficultés sont dues surtout à la l’approvisionnement régulier des centrales en hydrocarbure. Un problème récurrent depuis des années mais qui, selon le DG Diarra, serait en passe d’être réglée pour de bon.

Toujours selon le patron de la société EDM-sa, Oumar B. Diarra, un autre préoccupant problème à résoudre était la problématique de transit des liaisons. « Nous avions anticipé sur les problèmes qui étaient connus », a expliqué le DG de l’EDM. Mais, a-t-il ajouté, il est apparu que la demande la plus forte sur le réseau d’EDM se situe aux environs des 400 MW en cette période de fortes chaleurs. « Or, sur ces 400 MW, il y a 100 MW délivrés de façon contractuelle par la Côte-d’Ivoire. Cela dans le cadre des Accords de la CEDEDAO qui prônent les interconnexions entre les villes des Etats limitrophes. Et de 2012 à 2014 le Mali a enlevé près de 3O MW de l’interconnexion avec la Côte d’Ivoire. Cet enlèvement est allé crescendo jusqu’à atteindre en 2019 et 2020,100 MW, qui représentent le quart de la consommation nationale en périodes de fortes chaleurs », a expliqué le DG de l’EDM-s a. Et il souligne que les perturbations qu’est en train de subir de son côté de la Côte-d’Ivoire (non prévue) préoccupent vivement l’EDM-sa dont les chefs des de services compétents sont tous à pied d’œuvre pour atténuer au mieux les dégâts collatéraux.

En termes de mesures qui s’imposent, le DG Oumar B. Diarra fera savoir qu’en premier lieu sa structure s’offrira d’ici à la fin des huit prochains mois d’un taux de réserves préventives de 150 et 200 MW. Puis il prévient qu’en dépit de tous ces dispositifs, le Mali n’est pas à l’abri d’incidents et à n’importe quel moment. Cela, à cause, selon ses propres termes, des conditions dans les lesquelles les ouvrages de Sirakoro et de Balingué sont exploités. « Il nous faut régler ce problème, mais aussi faire face à une nécessité d’investissements d’une grande envergure », a-t-il insisté davantage.

Pour ce qui concerne toujours l’origine de la crise qui perdure dans le secteur électricité, du jour, le Directeur Général de l’EDM-sa révèlera encore qu’en réalité tout est dû principalement au fait que le secteur d’électricité n’a pas enregistré des investissements structurant depuis plus de 30 ans. Selon un autre Technicien de l’EDM-sa, de tous les Régimes qui se sont succédés à la tête du Mali, des années 1960 à nos jours, c’est surtout celui d’ATT qui réagissait concrètement aux propositions et études soumises par les Responsables et Spécialistes du secteur électricité aux Décideurs politiques. En revanche, pour les autres Autorités compétentes et ceux qui ont des proches au sommet de l’Etat, l’EDM-sa à l’image de plusieurs autres grandes sociétés et entreprises d’Etat comme le PMU-Mali, les Mines ou les Aéroports du Mali, n’est qu’une vache laitière. Surtout lord des périodes de campagnes électorales où sont engouffrées quasiment toutes les recettes de l’Etat.

Au vu et au su de tous les désagréments causés par le phénomène de coupures et de délestages intervenant chaque année à cette même période, situation indépendante de la volonté de son personnel technique, le DG Oumar B. Diarra a présenté ses excuses à tous les consommateurs et partenaires de l’EDM-sa et a solennellement annoncé publiquement qu’une bonne de l’enveloppe de 2300 Milliards à mobiliser est déjà acquise. Pour le reste des fonds à réunir, il révèlera aussi qu’une table ronde des investisseurs et tous les partenaires se réunira très prochainement ici à Bamako.

En fait, force est conclure que pour sortir le Mali de cette crise électrique de la crise multidimensionnelle sévissant à l’échelle nationale et au détriment de tous les secteurs vitaux de l’économie nationale, il faudra investir dans le secteur eau et électricité. Les Etats africains, dans leur ensemble, doivent œuvrer à la promotion de l’énergie pour booster les unités industrielles et doter leurs pays respectifs de véritables politiques nationales d’électrification. Pour le cas du Mali, les Gouvernants doivent entendre le cri du cœur des Responsables et Techniciens de l’EDM-sa. En leur dotant les moyens de leur Politique.

Djankourou

 

 

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2 COMMENTAIRES

  1. Une boite budgétivore qui ne pourra rien donner aux maliens aujourd’hui si des hommes et femmes conscients ne sont pas mis au devant de la gestion de cette structure très rapidement, aussi, il faut absolument revoir la tutelle de la boite qui est située là où elle devrait pas être. Le potentiel énergétique réel de cette boite est énorme et illimité aujourd’hui, mais la qualité de gestion qui est en son sein ne permet pas d’atteindre les performances qu’il faut pour hisser les résultats à un niveau escompté en terme d’exploitation réelle du potentiel. L’état malien a trop investi pour construire les barrages qui restent aujourd’hui comme des éléphants blancs, incapables de soulager la peine des maliens en terme énergétique, le pays est le dernier de la sous-région en terme de satisfaction des besoins des fils et filles du pays à cause de la mauvaise gestion des cadres qui sont chargés de gérer cette boite, alors qu’il suffit de se focaliser sur l’entretien des barrages et la promotion de l’énergie solaire et c’est tout.
    Que les premier responsables de ce pays ouvrent rapidement les yeux en mettant les cadres qu’il faut à la place qu’il faut et finir avec des nominations par clanisme, favoritisme et népotisme. Avec les types de gestion actuels EDM-sa ne pourra jamais satisfaire les attentes du peuple malien.

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