Edito : La révolution générationnelle en marche au sein de la justice

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Il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’au sein de la grande famille judiciaire il y a un véritable conflit de génération entre les magistrats. Les jeunes, décidés à laver le déshonneur et surtout la mauvaise image dont la juste fait l’objet sous nos tropiques, se heurtent à la vielle garde qui a été traumatisée par trente ans de pression de l’exécutif et qui cède à tout bout de champ. Ce genre de conflit, inhérent à l’évolution de  toute société, s’explique par une différence de lecture, de perception, donc une question d’école et par la transmutation de notre pays. Tout est parti de l’arrestation de l’ancien PM Soumeylou Boubèye Maiga et de l’ancienne ministre des finances Mme Bouaré Fily Sissoko. La mise sous mandat de dépôt de deux anciens ministres  a donné lieu à une double interprétation des hommes en robes noires que sont les magistrats. Pour l’Association Malienne des procureurs et poursuivants, AMPP il y a une instrumentalisation de la justice, Cheick Mohamed Cherif Koné, premier avocat général au parquet de la Cour Suprême a affirmé sans ambages que la Cour Suprême n’était pas habilitée à rouvrir un dossier déjà classé sans suite par une instance judiciaire. Pour lui c’est la haute Cour de Justice qui devrait statuer sur cette affaire. Pour rappel cette association est dirigée par un vieux magistrat. Comme une réponse du berger à la bergère, le Syndicat Autonome de la Magistrature, SAM et le Syndicat Libre de la Magistrature, SYLIMA, se sont dits outrés et se sont fendus d’un communiqué dont voici un extrait : depuis l’inculpation régulière suivie de l’incarcération justifiée de deux anciens membres du gouvernement dans les affaires dites des fournitures et équipements militaires, ainsi que de l’avion présidentiel par la Cour suprême, plusieurs voix s’élèvent qui pour dénoncer une justice instrumentalisée, qui pour déplorer un prétendu  acharnement de la justice contre un citoyen. Le SAM et le SYLIMA, tout en condamnant fermement ces attaques multiformes et gratuites contre l’institution judiciaire, trouvent plus qu’osé qu’un magistrat avocat général de surcroit au parquet général de la plus haute juridiction se donne maladroitement et publiquement  en spectacle dans le seul dessein de tenter de charmer l’opinion publique alors même que le peuple meurtri en a plus qu’assez de l’impunité et  de ses artisans dans un pays mis à genou par une élite. Pour rappel les deux syndicats sont  composés majoritairement par des jeunes magistrats prêts aujourd’hui à redorer le blason de la justice. D’où leur soutien indéfectible à ces actions judiciaires de la Cour Suprême déjà enclenchées contre les présumés coupables de détournements des deniers publics.

En somme la révolution générationnelle est véritable en marche au Mali. Qu’elle soit en politique comme en justice, aujourd’hui il faut reconnaitre que les lignes sont en train de bouger au sein de la justice avec des jeunes magistrats à l’image de Mamadou Kassogué, l’ancien procureur du pôle économique et actuel ministre de la justice garde des sceaux, de Idrissa Hamidou Touré, procureur de la Commune IV et d’autres magistrats. Il faudrait rappeler que  celui qui a été l’élément déclencheur de cette révolution générationnelle au sein de la justice, est sans nul doute Me Malick Coulibaly, l’ancien garde des sceaux. Vivement la poursuite de ces opérations de purge pour mettre en taule tous les bandits à col blanc

Youssouf Sissoko

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1 commentaire

  1. Ouf, quel blabla insipide !
    Demandez à ces jeunes magistrats comment ils ont obtenu leur diplôme d’abord. C’est cela la grande question. Une révolution générationnelle ne se fait pas avec des diplômes payés rubis sur ongle.
    Quel ce jeune magistrat qui en 2001, a été alpagué par la gendarmerie parce qu’il volait le tampon du greffier, imitait sa signature et partait libérer des détenues de MCA contre 500 000 CFA ? Il a été libéré sous la pression des magistrats. Pourtant, le même avait injustement condamné un chef de famille dans le seul but de faire saisir sa maison et la vendre…
    A l’époque j’ai écrit un article pour dire qu’un juge au Mali, comme jadis un roi de France, se promène avec en poche un cachet qu’il peut sortir à tout moment, remplir et envoyer un citoyen en prison.

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