Edito : Le vrai chemin de la réconciliation nationale

09 Sept 2013 - 03:02
Mis à jour: 13 ans
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[caption id="attachment_48663" align="alignleft" width="250"]Saouti Labass Haïdara, Dirpub L'Indépendant Saouti Labass Haïdara, Dirpub L'Indépendant[/caption] Le Général Moussa Traoré était l'invité d'honneur de la cérémonie d'investiture du 4 septembre. Des observateurs ont relevé qu'à force d'être ovationné, il a ravi la vedette au héros du jour, le président IBK.   Celui-ci l'a convié à cette «fête de la démocratie» pour matérialiser sa volonté de réconciliation nationale, un des thèmes majeurs de sa campagne électorale, revenu en force dans son discours d'investiture. Il pouvait, en effet, difficilement trouver mieux que le fondateur de la 2ème République malienne pour répondre à sa préoccupation.   Alors lieutenant d'à peine 32 ans, Moussa Traoré a été le meneur du coup d'Etat militaire du 19 novembre 1968 qui a mis le Mali, 22 ans durant, sous la botte d'une dictature obscurantiste, sanguinaire et porteuse de paupérisation. Le personnage central de la tragédie, Modibo Kéita, le père de l'indépendance, est mort dans ses geôles après neuf ans de détention sans jugement. De nombreux autres responsables politiques, syndicaux, estudiantins et de simples citoyens qui ont eu le mauvais goût de dénoncer les abus et exactions quotidiennement exercés par le régime militaire, ont perdu la vie des séquelles des tortures et autres maltraitances qui leur avaient été infligées durant de longues années d'embastillement arbitraire. Le Pr de mathématiques Ibrahima Ly, père du nouveau Premier ministre, est de ceux-là.   Le paroxysme de l'horreur a été atteint quand la soldatesque de Moussa Traoré a massacré 210 personnes, pour la plupart des jeunes, lors de l'insurrection populaire de mars 91.   Mis au ban de la communauté internationale pour violations systématiques des droits humains par ses autorités de fait, le Mali a été longtemps privé des subsides occidentaux, en particulier de la France, son principal donateur. Considéré comme une destination à très haut risque, il avait été banni de l'agenda des investisseurs. Conséquence, son PIB était le plus faible et ses salaires les plus bas de la sous-région. De surcroit, ils n'étaient versés que tous les 90 ou 120 jours. Le Mali était aussi l’unique pays de la sous-région sans université.   Doublement condamné pour «crimes de sang» et «crimes économiques», Moussa Traoré ne doit sa survie qu'à la grâce présidentielle que lui a accordée son successeur Alpha Oumar Konaré. On le voit bien : rien, dans le parcours du personnage , ne laisse apparaitre qu'il est " le grand républicain" décrit par IBK. Bien au contraire, l'histoire retiendra qu'il a été un adversaire impénitent et irréductible de la liberté, de la République et de la démocratie.   On trouverait infiniment moins à redire si c’est ATT, le tombeur de Moussa Traoré et l'homme-clé de l'avènement de la démocratie au Mali, qui avait été honoré pour sa présence à la cérémonie d'investiture et avait eu droit au vocable élogieux de " grand républicain ".   Chez lui ça ne serait qu'un mérite reconnu. Il a véritablement été " le soldat de la démocratie" adulé par les foules jusqu'à sa chute. Sans compter les éminents services qu'il a rendus à ses concitoyens dans bien des domaines et dont le temps viendra pour faire le bilan.   En attendant, quel magnifique tableau de réconciliation le Mali offrirait aux 25 chefs d'Etat et autres personnalités mondiales de très haut rang annoncés pour la deuxième cérémonie d'investiture du 19 septembre en réunissant, dans une même salle et côte à côte, les cinq présidents qui ont marqué, avec un bonheur inégal, son histoire des 45 dernières années ?   IBK devrait y songer et y œuvrer. Pour ne pas laisser l'initiative et le bénéfice politique qui en résulterait aux deux organisations religieuses, l'une musulmane, l'autre catholique, qui ont résolu d'organiser une Journée de réconciliation nationale le 26 septembre prochain. Regroupant Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré, ATT, Dioncounda Traoré et IBK lui-même.   Saouti Labass Haidara

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Commentaires (11)

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Dr ANASSER AG RHISSA
Dr ANASSER AG RHISSA 13 ans
Bonjour, Le gouvernement d'ouverture crée au Mali, après l'élection de Ibrahim Boubacar Keïta comme Président de la République et le choix de Oumar Tatam Ly comme Premier Ministre, engendre un bon dosage entre diverses sensibilités. Un tel gouvernement, avec, en plus, un ministère de la réconciliation nationale, est un prélude à la réconciliation nationale, qu'il impulsera et pilotera. Avec une telle configuration, le dialogue pour la réconciliation nationale sera piloté par le gouvernement, à travers ce ministère de la réconciliation nationale, en liaison avec le médiateur et la commission dialogue et réconciliation du Mali. LES ASSISES NATIONALES ALIMENTERONT CE DIALOGUE. Une BONNE SYNCHRONISATION entre les trois entités (gouvernement, commission dialogue et réconciliation et médiateur) EST INDISPENSABLE pour des résultats probants, une paix et une réconciliation nationale durables. Bien cordialement Dr ANASSER AG RHISSA EXPERT TIC ET GOUVERNANCE E-mail: [email protected]
Rahim Soumaré
Rahim Soumaré 13 ans
C'est si agréable de lire un si beau article!! C'est le trait d'un vrai journaliste. Att était un très grand démocrate et un grand patriote. Il était également un homme de paix. Au lendemain de cette absurde coup d'état je l'avais écrit sur ma voiture et pendant 48 heures.
amakze
amakze 13 ans
Bjr a tous, Tous les présidents ont leurs casseroles. Le peuple n a jamais eu d'explication par rapport à la mort de Filydabo, Hammadoun dicko et d' autres, sur la milice politique, sur les expropriation des paysans de leur récoltes ou de leurs biens. Des vieux ou parents qui ont subi ou ont été témoin de ces injustices sont toujours en vie. Donc attention ne remuez pas le couteau dans les plaies. Il n y a jamais eu un véritable échange sur l'histoire politique du Mali parce que les gens on peur. Chacun a sa vérité. La réconciliation c'est dans discours pas dans les actes. C'est pour ça que nous croyons qu'il faut soutenir non seulement la rencontre des anciens Présidents et nouveau ainsi que les victimes. Salut
baly
baly 13 ans
que c'est marrant de traiter ALPHA comme un PATRIOTE.c'est sous l'ere ALPHA que l'on a connu les premiers millardaires fonctionnaires au mali.quand ce journaiste nous parle de "crime economique",soyons serieux,apres tous ses mensonges et denigrements dont l'homme fut l'objet,par ceux la meme que vous traitez de democrate et de republicain.ou sont passees les faramineuses sommes d'argent dont on annoncait dans les grandes banques de suisse et autres...on l'aime ,on l'aime pas MOUSSA TRAORE n'a jamais ete un fossoyeur de denier public.j'ose esperer un jour,qu'un vrai journaliste,digne de ce nom aura le courage de nous relater ce qui s'est reellement passe en 1991.pensez-vous que SOUNDIATA,TIEBA,BABEMBA, et autres dont vous chantez les louanges sont moins dictateurs que MOUSSA TRAORE?
Behanzin
Behanzin 13 ans
Parlons de faits et seulement de faits: 1) Le Mali est à 5e président de la république. Parmi ex,un seul a fini son mandat sans être balayé par un coup d'état militaire =AOK. 1) Les Maliens ont connu l'Université et le téléphone portable avec un seul de ces 4 présidents = AOK 4) Le Mali a pu approcher l'école et le centre de santé des populations avec un seul de ces 4 présidents =AOK. Il a fait certainement beaucoup d'erreurs car n'ul n'est pas parfait. On peu ne pas l'aimer mais l'homme a fait ses preuves.
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