Entre nous : COP21 : la montagne va-t-elle accoucher d’une souris ?

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Notre pays a l’honneur au COP21 : Le Mali désigné porte-parole des pays africains

La Conférence de Paris sur les changements climatiques démarre, ce lundi 30 novembre 2015 au Bourget en France. Les assises de Paris constituent à la fois la 21ème conférence des parties (COP21) à la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et la 11ème conférence des parties au protocole de Kyoto. Selon l’Elysée, 138 chefs d’État et de gouvernement dont le Président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Kéïta, ont confirmé leur participation à ce sommet à la date du 20 novembre 2015. Depuis le 2 octobre 2015, 146 pays représentant presque 87 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre ont soumis leurs plans d’actions climat aux Nations-Unies.

Selon le comité d’organisation, l’objectif de cette conférence est « d’aboutir, pour la première fois, à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d’impulser/d’accélérer la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone ». Les experts doivent définir les mécanismes juridiques, financiers et de contrôle de ce « nouvel accord ». Les objectifs de la COP 21 sont nobles surtout qu’ils doivent permettre aux pays développés, donc des grands pollueurs de la planète, de mobiliser 100 milliards par an à partir de 2020 à travers le fonds vert pour le Climat en faveur des pays en voie de développement pour lutter contre le dérèglement climatique.  L’accord, s’il est tenu, devrait engager tous les pays dans une réduction globale des émissions de gaz à effet de serre afin de maintenir le réchauffement climatique mondial en deçà de 2°C.

De Stockholm en 1972 à Lima en 2014 en passant par Rio (1992), Kyoto (1997), Bonn et Marrakech (2001), Copenhague (2009), Durban (2011), les grands sommets mondiaux sur les questions environnementales n’ont pas abouti à des résultats escomptés faute d’accord entre les grandes puissances, des grands pollueurs qui campent chacune sur la défense de ses intérêts stratégiques. La COP 21 va-t-elle aboutir à des résultats tangibles comme la signature d’un accord juridiquement contraignant ? Le doute est permis.

Les pays africains, notamment ceux du Sahel très vulnérables au phénomène des changements climatiques, espèrent énormément sur ce sommet. De nombreuses organisations de la société civile affichent un certain scepticisme en considérant ce sommet comme « un futur échec ou une manière de mettre en place un capitalisme vert non soutenable ».  Si la France et la Chine se sont montrées favorables à un accord juridiquement contraignant, les Etats-Unis d’Amérique ne semblent pas être sur cette lancée. Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a affirmé le 12 novembre dernier dans les colonnes  de Financial Times, que l’accord ne sera pas juridiquement contraignant. Ce qui contredit la ligne défendue par le Président français, François Hollande, qui a multiplié ces derniers temps des offensives diplomatiques dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la préparation de la COP 21.

Le Pape François, au cours de son périple africain qui a pris fin par la Centrafrique, a mis les dirigeants du monde entier devant leur responsabilité. Le souverain pontife a prévenu qu’un échec de la COP 21 aurait ‘’des conséquences catastrophiques’’.

  Chiaka Doumbia

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