240 heures sans écoles : Une grève diversement appréciée

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Crise éducative
Les syndicats signataires du 15 octobre 2016

Suite à l’échec des négociations le week-end  dernier entre le gouvernement et les différents syndicats de l’enseignement primaire et secondaire autour de leur grève de 240 h qui a commencé le lundi 21 janvier et prendra fin le 1er février, une équipe de reporters du journal ‘’Le pays’’ s’est rendu dans certains établissements  scolaires publics de la rive droite  afin  de constater  l’effectivité  du mot d’ordre décrété.   

Au Lycée Massa Makan Diabaté, l’ambiance était plutôt calme  du côté des élèves qui étaient, pour la grande majorité, rentrés à la maison. Ceux qui profitaient des derniers instants avec leurs camarades étaient   dispersés un peu partout aux alentours du lycée.  Thomas Assoumane  Stéphane PiscassDiango  est l’un de ces élèves  encore présents et fait la classe de terminale. Il   trouve cette grève de dix jours inacceptable surtout  pour ceux en classe d’examen.  Pour lui, les élèves  risqueront d’aller  faire les épreuves avec plein de handicaps. Il dira  que l’AEEM doit provoquer une assemblée générale pour  supplier les enseignants d’entrer en classe. Toutefois, il se dit favorable à une amélioration des conditions  de vie et de travail des enseignants. Il demande alors à l’État de s’assumer.

Du côté des enseignants, le mot d’ordre a été largement suivi malgré que trois enseignants titulaires  et un stagiaire se sont présentés  pour  dispenser les cours.

Amadou Guindo, proviseur de ce lycée,  appelle les deux parties à s’entendre pour le bien et l’avenir  de l’école malienne. Il dira que cette situation  doit être à tout prix évitée du moment où l’état envisage d’uniformiser  les examens avec ceux des pays de  l’UEMOA, précisément le bac à l’horizon 2023. C’est pour dire que  le baccalauréat sera un examen sous-régional de tout l‘espace UEMOA. Avant  donc d’arriver à l’irréparable, selon lui, l’État doit trouver la solution et les enseignants aussi de faire des efforts pour mettre fin à ces grèves à répétition qui deviennent une habitude pratiquement au cours de chaque année scolaire.

Aux dires  de Broulaye Sangaré, professeur de mathématique au même lycée, les enseignants ne demandent pas trop,  mais c’est  seulement un manque de volonté politique de l’état. Il lancera  un appel à tous les enseignants de rester unis  derrière les différents  syndicats pour l’aboutissement de leur lutte commune.

Au groupe scolaire Mamadou Kounta de Kalaban-Coro, nous avons rencontré Mr Seydou Diakité, Secrétaire General du SYNEC de Kalaban-Coro, qui a accepté de nous parler. Il dira qu’ils ont  accepté de sursoir la fois passée pour seulement permettre  un dialogue en tant  que  premiers  acteurs  de l’éducation  et en ayant le souci de l’avenir des enfants. Ce qui explique selon lui l’intervalle d’une semaine observée entre les deux grèves afin de donner  au gouvernement, s’il a véritablement  la volonté, le temps de réfléchir à une solution de réconciliation. À ses dires, l’état les a appelés dans la semaine deux fois. Une  première fois, c’était les mêmes propositions et  la deuxième fois s’est conclue sans  consensus.

Il dira qu’ils n’iront jamais  au-delà de l’impossible, car, ils estiment connaitre  certaines réalités économiques du pays. Ce n’est pas donc trop ce qu’ils demandent à l’état, mais juste un manque de volonté politique. Estime-t-il. À le croire, quand on prend le cas de la prime de documentation qui fait partie des points de revendication, il suffisait juste  que l’Etat l’accepte  d’abord et ensuite discuter du montant. Mais non,  sur les  dix points de revendications,  seulement deux concernent  un  côté financier, tout le reste des points concerne  le bon fonctionnement de l’éducation malienne. L’État a  seulement accepté deux points d’accord et deux points partiels sans  toucher  aux six autres  points, ce qui prouve concrètement le manque  de volonté  de l’Etat à  résoudre le problème.

En fin, M. Diakité a profité de notre micro pour demander la contribution de la société civile  et surtout des médias afin de  faire comprendre à tous que le problème  ne se trouve pas juste du côté des enseignants. Selon lui, les grèves à répétition dans un  secteur clé du développement comme l’éducation n’honorent aucunement notre pays, surtout en cette période de crise multidimensionnelle  qui exige  une solution rapide.

  ISSA DJIGUIBA

 Ibrahim Sidibé,stagiaire

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