Escroquerie en bande organisée : Une jeune femme piégée par trois inconnus qui ont échangé les bijoux de sa mère contre des cailloux

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    Sira Diakité, âgée de 21 ans, étudiante en deuxième année à l’ENA, a été flouée, le jeudi 21 octobre, par une bande de trois escrocs qui sont parvenus à échanger les bijoux en or de sa mère, d’une valeur de 150 000 FCFA, contre des cailloux.

    Comme tous les jours, Sira était correctement habillée. Arrêtée au bord de la route, à deux pas de son domicile, elle attendait un taxi pour se rendre à l’université. Mais, ce jeudi-là, Sira était loin de se douter qu’elle allait vivre l’un de ses pires cauchemars de l’année.

    Habituée à causer et à rire des histoires d’escroquerie ou des "philo men", Sira est une fille intelligente, en 2ème année universitaire, mais dotée d’une grande sensibilité. Elle aime sa mère et est prête à tout pour la sauver.

    C’est justement cet amour pour sa mère qui sera exploité par les escrocs. En effet, la recherche de la résidence d’un certain imam Sissoko n’était qu’un prétexte pour l’approcher. Sira, naturellement, répondit qu’elle ne connaissait pas l’imam en question. M. X insista en disant qu’il venait de Tombouctou et qu’il était un professeur spécialisé dans les affaires de Djinn et qu’il est là pour soigner l’Imam Sissoko. Mais Sira a campé sur sa position. Pendant ce temps, deux individus en Djakarta se sont approchés à leur tour, comme par miracle. M. X leur posa la même question que celle destinée à Sira. M. Y et M. Z ont répondu négativement à leur tour.

    Et là, M. X a décidé de passer à la vitesse supérieure, en disant aux deux individus qu’il savait où ils se rendaient et qu’il est prêt à les aider à condition qu’ils l’aide à retrouver l’Imam.

    Les deux individus, faisant semblant d’être surpris, voulurent en savoir plus. Alors, l’un d’entre eux répliqua : "Ah oui, où allons-nous ?". M. X a répondu qu’il y a eu un décès chez eux, il n’y a guère longtemps et qu’ils sont sur le point de se rendre à l’hôpital Gabriel Touré pour y voir un accidenté. Les jeunes gens sont restés bouche bée. M. X se retourna aussitôt vers Sira, qui était encore là, pour lui dire: Quant à toi, ta mère a eu un accident et s’était cassé le bras.

    La jeune femme resta tétanisée car ce qu’elle venait d’apprendre était une vérité absolue. M. X est revenu à la charge en ce qui concerne les deux individus, en précisant que si l’un d’entre eux ne faisait pas de sacrifice ou des bénédictions, il risquerait de perdre sa vie dans un accident. L’un d’eux, comme s’il traînait une banque dans ses poches, s’empressa de sortir 450 000 FCFA qu’il va remettre à M. X pour qu’il lui fasse des bénédictions. 

    Dès lors, le poisson a mordu à l’hameçon ! C’est autour de Sira de sauver sa mère, car l’escroc de M. X lui a appris que le bras cassé de sa mère provient d’une malédiction et que si rien n’est fait, sa vie sera en danger.

    Traumatisée par ce qu’elle venait d’apprendre, elle décida de faire le geste qui sauvera sans doute sa mère. N’ayant pas d’argent sur elle, elle pria les trois complices de l’accompagner en moto, jusqu’au bout de sa rue. Là, elle rentra chez elle, prit l’or de sa mère d’une valeur de 150 000 FCFA qu’elle emballa dans un torchon avant de rejoindre les trois filous qui l’attendaient un peu plus loin, au dehors.

    M.X prit le torchon contenant l’or et le déchira, faisant mine de faire des bénédictions. Après, il demanda à Sira de ne surtout pas ouvrir le torchon avant de rentrer chez elle. Ce qu’elle fit sans problème.

    Arrivée devant sa porte, Sira, dubitative, ouvrit le torchon et constata que l’or de sa mère était remplacé par des cailloux.

    Voilà comment les bénédictions supposées se sont transformées en une opération d’escroquerie. La fameuse règle, qui dit qu’il ne faut jamais parler à quelqu’un qu’on ne connait pas, trouve ici toute sa pertinence.

    Moulaye HAIDARA

     

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