La marche des distributeurs de gaz annulée sine die : L’Etat décide de payer les arriérés des sociétés importatrices

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    Le Groupement professionnel des distributeurs de gaz butane (GPDG) présidé par Birama Yattassaye, avait décidé de marcher ce mercredi pour protester contre l’indifférence  de l’Etat par rapport à la crise de gaz sur le marché national. Mais hier, dans la matinée, le gouvernement s’est engagé à payer dès hier l’après-midi les arriérés des sociétés importatrices de gaz butane estimés à 1,8 milliard de FCFA. Les distributeurs ont alors décidé de sursoir à leur marche de protestation d’aujourd’hui.

    Le gouvernement  Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé a enfin décidé de mettre un terme, pour combien de temps encore, à la crise de gaz domestique.

    En effet, il s’est engagé à payer dès hier mardi 15 novembre les arriérés du différentiel estimé à 1,8 milliard de FCFA qu’il devait aux sept sociétés importatrices de gaz.

    Celles-ci avaient arrêté toute activité d’importation depuis le 17 octobre dernier et, le stock sur le marché étant épuisé, la crise s’est vite installée et la bouteille de gaz de 6 kg, échangée à 2 000 FCFA, était cédée entre 5 000 et 8 000 FCFA par endroits.

    Les distributeurs, un des maillons essentiels de la chaine, avaient alors décidé de marcher car ne pouvant pas continuer à assister impuissamment à l’arrêt de leur activité commerciale.

    Ils avaient eu le soutien de la CSTM, l’autre centrale syndicale à laquelle le groupement est affilié et des consommateurs pour cette manifestation. Mais, la question que tous les acteurs de la filière se posent est de savoir jusqu’à quand cette accalmie sera t-elle observée ?

    En effet, depuis quelques années, le gouvernement s’est enfermé dans cette logique  de retard incessant dans le paiement du différentiel  aux importateurs.

    Il faut à chaque fois que ceux-ci arrêtent le travail et que la pénurie s’installe pour que l’Etat débourse les sous.

    Une logique qu’il faut maintenant dépasser en mettant en place une véritable stratégie d’approvisionnement de notre pays en gaz butane qui entre de plus en plus dans l’habitude des Maliens.

    En 2010, le niveau de consommation de ce produit au Mali a dépassé la barre de 10 000 tonnes, ce qui, certes, reste de loin derrière celui des autres pays voisins comme le Sénégal (plus de 150 000 tonnes) Côte d’Ivoire (plus de 100 000 tonnes) le Burkina Faso (40 000).

    Tous les acteurs de la filière gaz, de même que le gouvernement à travers le ministère de l’Industrie, de l’investissement et du commerce sont convaincus qu’il faut revoir le mécanisme actuel de subvention, notamment par une augmentation du prix de recharge de la bouteille de 6 Kg qui, depuis plus de dix ans, est resté la même (2 000 FCFA).

    Aussi, les importateurs de gaz estiment-il que l’Etat peut intervenir auprès des pays producteurs de gaz pour trouver une solution plus durable et moins contraignante pour eux pour l’approvisionnement du pays.

     

    Youssouf CAMARA


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