Sikasso : Deux Coups de FEU …

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    Les bandits ont tiré sur le Français qui s”est écroulé. Les tueurs ont quitté les lieux du crime sans emporter le véhicule de leur victime.
    L”hydraulicien français, François Édouard Lucien Blanchet, a été tué dans la nuit du 3 février dernier, aux  environs de 21h. Ce meurtre reste entouré de mystère. Les enquêteurs travaillent sur plusieurs hypothèses. La victime était un habitué de Sikasso pour y avoir séjourné pendant sept ans. Il travaillait au Centre régional de la recherche agronomique et avait noué de solides relations d”amitié avec les agents de cette structure et les habitants des quartiers voisins. Même après avoir quitté Sikasso pour s”installer à Djenné, il avait continué à effectuer de fréquents séjours dans la capitale du Kénédougou. Lors de tous ses passages à Sikasso, François Blanchet logeait dans des familles amies au quartier Mamassoni.

    APPEL AU SECOURS

     Le Français s”occupait des études de faisabilité d”un programme à Djenné. En route pour une mission à Bamako, comme à son habitude, il avait effectué un crochet à Sikasso. Ainsi au cours de la nuit fatale du 3 février, il avait invité un de ses anciens collègues du Centre régional de recherche agronomique, une structure locale de l”Institut d”économie rurale (IER), un certain Moro dit Djibril Traoré. Les deux hommes étaient allés prendre un pot au "Bar Songhoï", situé au quartier Wayerma sur la route du village CAN 2002 de Sikasso.

    Le directeur régional des services de police de la région de Sikasso, le contrôleur général, Alou Badra Kéita a reconstitué le programme du Français et de son ami malien. Lorsque les deux anciens collègues sont sortis du bar, Moro a enfourché sa moto. Le Français a, lui, traversé la rue pour reprendre son véhicule. Parvenu à la portière, il a été encerclé par quatre individus non identifiés. Après quelques échanges de propos, François Blanchet a crié pour appeler Moro au secours. Celui-ci a accouru. Mais il a été mis en joue par les malfrats qui pointaient sur lui une arme à feu. Plusieurs passants ont voulu intervenir, mais ils ont été tous contraints de reculer.

    Puis deux coups de feu ont été tirés. Les curieux tenus en respect par un des malfrats, virent le Français s”écrouler. Les 4 malfaiteurs dont un seul était visiblement armé ont abandonné François Blanchet gisant à côté de son véhicule sans rien emporter. Sans se presser ils disparurent dans l”obscurité du quartier Wayerma.

    ARTÈRE FÉMORALE.

     Le blessé a eu le temps d”appeler sa femme et sa mère en France. Il a informé ses proches qu”il avait été attaqué par des bandits et qu”il était grièvement atteint. Il aurait aussitôt demandé à être évacué dans une clinique privée dont il connaissait personnellement les médecins. Malheureusement, le personnel qualifié n”était pas sur place. Il a été transporté à l”hôpital régional. Pendant ce temps, le blessé se vidait toujours de son sang car la première balle avait sectionné une des artères fémorales. Manque de chance encore une fois pour le Français car à l”hôpital régional, le médecin de garde était absent. Le personnel subalterne a apporté les premiers soins, avant d”être rejoint par le directeur régional de la santé le Dr Bakary Kampo. Mais c”était déjà trop tard pour François Blanchet. Il a rendu l”âme aux environs de 23h. Son corps a été rapatrié en France.

    La police s”est posée plusieurs questions sur le mobile des assassins qui n”ont cherché ni à emporter le véhicule, ni à le fouiller pour s”emparer des objets précieux qu”il pouvait contenir. Le Français gardait une grosse somme d”argent dans sa voiture. Doit-on envisager la possibilité d”un règlement de compte ? Le Français ne s”est confié à personne avant de mourir. Il a renvoyé -une réaction compréhensible vues les circonstances- un inspecteur de police qui lui posait des questions pour avoir une piste. Le directeur régional des services de police, Alou Badra Keïta a demandé une étude balistique à partir des douilles pour déterminer avec précision la provenance de l”arme du crime.

    Le commissaire divisionnaire, Modibo Diarra, adjoint au 1er arrondissement de Sikasso, a lancé un appel à la population pour aider la police à mettre la main sur les tueurs. Il promet l”anonymat à toute personne pouvant fournir des informations sur les malfrats.

    F. DIABATÉ
    AMAP – Sikasso



    Tessalit : IL IMMOLE PAR LE FEU SON COMPAGNON DE VOYAGE

    Le mobile est banal mais l”acte est odieux. La Brigade de la gendarmerie de Tessalit a été informée le 5 février dernier du meurtre d”un ressortissant nigérien du nom de Abdramane Issa à Inalid, commune de Tessalit à la frontière Mali-Algérie. Cette localité sert d”escale aux migrants en partance pour l”Europe. Nous tenons l”information de l”adjudant chef Dangounou Coulibaly, commandant de la Brigade de la gendarmerie de Tessalit.

    Il explique que quatre Nigériens en route pour l”Espagne se sont retrouvés les poches vides. Pour se faire de l”argent, ils se sont fait embaucher comme manœuvres pendant un certain temps dans cette localité de Tessalit. Ainsi les 4 compagnons ont fourni une série de prestations de services dont la manutention pour des camionneurs. Dans la nuit du 4 février, Abdramane Issa était resté à demeure pour dépanner un poste de radio. Entre-temps, ces trois compagnons sont allés décharger un véhicule et se sont partagés l”argent.

    Abdrahamane qui a ressenti le geste de ses compagnons comme une mise à l”écart, a pris la mouche. Il manifesta son mécontentement face à ce qu”il estimait être un acte de trahison. Il fit des reproches à ses compatriotes. Ce qui n”a pas été du goût de Saley Ousmane. Brusquement ce dernier se rua sur un bidon d”essence qu”il vida sur Abdramane. Et avant que les deux autres et sa victime ne comprennent le sens de ce geste apparemment insensé, il tira un tison du foyer qu”il jeta sur le pauvre ruisselant d”essence. Les flammes enveloppèrent subitement Abdramane et le brûlèrent au 2è degré. N”ayant bénéficié d”aucun soin, le victime a succombé de ses brûlures 72 heures plus tard.

    Saley Ousmane a expliqué son acte par un coup de folie. Il a eu l”outrecuidance d”imputer son geste criminel à la main de Dieu, avant d”exprimer de profonds regrets qui n”ont convaincu ni les témoins ni les forces de l”ordre. Il est détenu à la gendarmerie de Tessalit, en attendant d”être déféré à la justice.

    A. KASSONKÉ
    AMAP – Tessalit

    L”Essor du 13-02-2007″

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