Concours de la Fonction publique des collectivités : Les juristes frustrés d’être oublié

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Il y’a  si longtemps que les dirigeants de notre pays s’en fichent pas mal des sortants des différentes facultés de droit. Il s’agit bien de la faculté du droit public et celle du droit privé. Directement ou indirectement, ils ont toujours prouvé que les juristes pèsent peu dans la balance de l’employabilité pour ne pas dire qu’ils ne représentent presque rien. D’abord, ils sont formés en masse avant d’être jetés sous les hangars et les arbres pour prendre du thé toute la journée. Quel mal social ?

Les sortants de l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB) ont été recalés au profit d’autres sortants. Suite au rejet de leurs dossiers au concours de la fonction publique des collectivités territoriales, les sortants des facultés de droit (FDPRI et FDPU) ont le cœur meurtri sans savoir où ils vont débattre de leur sort.

Sur le communiqué N°2019 001604/MATD-SG du 30 septembre 2019 du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, il est écrit que pour être éligible au concours de la fonction publique des collectivités territoriales précisément dans la spécialité droit « il faut être détenteur de diplômes nationaux ou étrangers de niveau équivalent suivants : Master, Maitrise, Licence de l’Ecole Normale d’Enseignement Technique et Professionnel (ENETP), de l’Institut Universitaire de Gestion (IUG) ou diplômes  étrangers équivalents ».

Le nom de la faculté mère qui enseigne le droit n’apparaît nulle part. Ce qui veut simplement dire que les personnes ayant étudié le droit à la FSJP sont d’office exclues de ce concours. Combien de juristes attendaient ce concours malgré ces quotas minables qui ne sont pas moins qu’une moquerie aux yeux des chômeurs. Toutes ces personnes et surtout les juristes sont désespérément abattus. Qui pourra mieux enseigner le droit que les juristes pour que nos décideurs prennent une telle décision ? Il y’en a pas. Les juristes doivent être au centre, partout on parle des questions de droit. Ici, il n’est pas surprenant de voir centaines personnes qui disent que les étudiants sortants de l’Université des sciences juridiques et politiques manquent de niveau. Questions : Est-ce que tous les juristes sont nuls ? Dans quelles disciplines il n y a pas de nullards ? La finalité d’un  concours n’est-elle pas  de trier les meilleurs ? Que veut-on encore ? La baisse du niveau est  nationale et touche toutes les spécialités. Pour cela, qui endosse la responsabilité ? Le premier responsable est l’État ? L’Etat doit assurer une formation de qualité pour chaque fille et chaque fils de la nation avant qu’on ne retienne la responsabilité individuelle de tout un chacun.

Les étudiants sortants de l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USPB) sont des victimes. Dommage !

Nous avons fait le tour de quelques structures habilitées à recevoir les dossiers. Les messages recueillis sont tristes. Au Gouvernorat du District de Bamako, nous avons timidement  croisé Modibo Sidibé qui était venu déposer ses dossiers. A sa grande surprise, les agents ont catégoriquement refusé de prendre ses dossiers sans la moindre explication. Très furieux, M. Sidibé nous a confié cela «  il y a plus de cinq(5) ans j’ai terminé la faculté et jusque-là, je ne fais pratiquement rien. Notre seul espoir est de postuler aux concours malgré qu’ils soient rares  afin de multiplier notre chance sur le marché d’emploi. Je suis étonné qu’on refuse mes dossiers pour une étude que j’ai faite pendant quatre (4) ans. C’est du n’importe quoi ».

« Il va falloir que nous prenions nos destins en main. Il y a des choses qui se passent dans notre pays qui dépassent la réflexion humaine. Comment nous les juristes puissions être mis de côté au profit d’autres sortants qui n’ont peut-être que des notions de base en droit. Il fallait être dingue pour prendre une telle décision qui n’honore même pas le pays. Ça, c’est une humiliation pure et simple pour  notre pays aux regards des autres pays » a regretté BoureimaTogola à l’académie de la rive droite.

Pour Kadidiatou Fofana,  c’est la première fois qu’elle apprend qu’on enseigne le droit à l’Ecole Normale d’Enseignement Technique et Professionnel (ENETP) et à l’Institut Universitaire de Gestion (IUG).

Ibrahima SACKO

Notre Voie

 

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