Donald Trump va perdre

En tout cas, c’est ce que l’on nous avait dit : Donald Trump est islamophobe, or son principal conseiller en relation internationale est musulman d’origine libanaise.

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Donald Trump, élu président des Etats-Unis, arrive pour faire une déclaration, le 9 novembre 2016 à New York
Donald Trump, élu président des Etats-Unis, arrive pour faire une déclaration, le 9 novembre 2016 à New York

En tout cas, c’est ce que l’on nous avait dit : Donald Trump est islamophobe, or son principal conseiller en relation internationale est musulman d’origine libanaise. Et pour la première fois depuis la chute du Shah, l’Iran félicite une victoire américaine. On nous l’a fait passer pour un clown alors qu’il est diplômé comme le grand-frère Hervé Assah de la Wharton School, l’école de finance la plus prestigieuse du monde. Il est décrit comme raciste alors qu’il s’est toujours montré sympathique envers moi, jeune noir, qui ai eu le privilège de le connaître dans les années 90. Et ce n’est ni Whoopi Goldberg, ni Puff Daddy, ou Mike Tyson qui sont ses amis qui pourraient le nier… Il est supposé anti-arabe, nous dit-on, alors qu’il est contre le bombardement de l’Irak, de la Libye et de la Syrie, et clame que Daesh en est la résultante. Il est décrit comme misogyne, pourtant les femmes ont majoritairement voté pour lui.

Donald Trump va perdre et pourtant il a gagné !

Alors, de là à croire que les élites mondiales et l’establishment politique n’ont rien compris au désarroi de leurs peuples, ou que les médias n’ont voulu voir que ce qu’ils voulaient, il y a un doute raisonnable. J’incline plutôt à penser que ses prétendus écarts n’étaient que du calcul d’efficacité : en quelque sorte son BATNA. Cynique certes mais on appelle cela un MINIMAX : même s’il donnait la lune aux démocrates et aux minorités, ils allaient suivre Clinton ne serait-ce qu’en souvenir de Bill. S’il donnait le soleil aux républicains, son establishment allait suivre un Jeb Bush issu de la classe patricienne.

Alors, il est parti chercher ses voix chez ceux que tout le monde a délaissés, et cela impliquait le discours qui va avec. Comme les chercheurs de diamant le cherchent dans la boue. La certitude est que c’est un vote anti-système, un vote des délaissés de la globalisation, des sous-développés du système de libre-échange. Ceux qu’on a oubliés et qui sont la majorité. Alors, cela doit nous interpeller en tant qu’Africains : Voilà le pays du capitalisme qui veut quitter les accords de libre-échange alors que nous Africains signons les APE qui vont nous faire perdre la majorité de nos recettes douanières, creuser le déficit de nos Budgets, et nous conduire à aller quémander notre survie… Et pendant qu’il remet en question l’Accord de Paris, l’Afrique célèbre la COP21 qui conditionne nos financements et investissements à la pollution, alors que depuis 200 ans, c’est du Nord que vient le danger pour la planète sans que nous soyons compensés.

Alors, Trump va perdre, nous avait-on dit ? Si tout le reste est aussi vrai que cela, je préfère croire que, comme Reagan, ceux qui ont ri de lui feront son éloge très bientôt. J’ai été heureux et plein d’espoir à l’élection d’Obama. Et, comme lui, je reste serein quant à ce que Trump fera. Comme l’a dit Obama : «Il ne pourra que vouloir le meilleur pour son pays» et le reste du monde. Dieu veille.

Madani TALL

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Trump et les Maliens, petite explication

«Hum, l’élection américaine n’a pas d’impacts sur la vie des Maliens ? Elle n’est pas notre problème hein ? Oui, les Maliens feront le Mali, personne à leur place mais…un peu de prudence. Un pays qui va recevoir les leçons et les ordres ailleurs doit s’intéresser à ce qui se passe ailleurs. Vous croyez trump(er) Trump alors que c’est lui qui vous trump(e) depuis sa lointaine Amérique si proche, si ici. La distance TRUMPIENNE n’empêche la gifle géopolitique.

Moi même ne fus pas intéressé par cette campagne, mais non pas parce qu’elle n’impacte pas, mais parce qu’avec Obama, j’avais déjà eu mon “overdose”. Tu verras l’impact de sa politique sur ton pays. Tu as plus de 10 nationalités (militaires) présentes dans ton pays, une partie t’empêche d’être à Kidal, ça se décide à Paris et à Washington. Ton Premier ministre est allé, il n’y a pas longtemps, discuter sinon recevoir les consignes à l’ONU sur le maintien ou non de la Minusma dans ton pays. L’ONU, ce sont les Américains avant tout. Le Sahel et ses terroristes, les Américains en savent aussi quelque chose…ils en savent aussi de la Libye dont la crise a provoqué en partie la nôtre…donc quel que soit son nom, le président des USA intéresse le mali, même pas le Mali seul d’ailleurs.

Des pays plus forts ont d’ailleurs commencé à envoyer de discrets émissaires à Washington pour le “nafigiya” apaisant, pour leurs propres intérêts. Même la France qui a lynché et copieusement insulté Trump par ses médias et ses élites déconnectées pendant la campagne, a vite fait de mettre beaucoup d’eau dans son vin de passion. Hollande s’est empressé d’avoir le diable de Washington au téléphone. Et même les pays qui font face à Boko Haram (Nigéria, Cameroun, Niger, Tchad…) savent que Washington en sait quelque chose…de leurs tragédies. Il faut donc souvent porter des lunettes longues….pour bien voir…

Facebook est devenu la grande foire de tous les spécialistes. Chacun est devenu spécialiste…Non point qu’il y ait de sciences closes, réservées à certains, mais à force de tout mélanger, on fait plein de raccourcis. C’est une question de géopolitique et de géostratégie, tout n’est pas milliards de dollars que tel va donner ou pas, ces milliards ne développent même pas…mais il y a d’autres enjeux… En géopolitique et en géostratégie, on peut vous gifler de loin et toutes les mains qui frappent ne se voient pas.

Donc, l’élection américaine peut avoir un IMPACT sur le Mali. Votre MINUSMA vous reste collée…Comment vous en débarrassez ? Ils sont là pour longtemps hein…interdiront à nos militaires certains coins tant qu’ils n’ont pas ce qu’ils veulent…On peut parler avec le cœur…on peut aussi parler avec la raison (l’Esprit sans passion et colère)…et même voir ce qu’on n’aime pas voir…rire.»

 Yaya TRAORE

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