Prix du meilleur césar de démission à Mme Christiane Taubira : Son exemple sera t-il suivi un jour par la classe politique Malienne ?

0
France: démission de la garde des Sceaux Christiane Taubira
La garde des Sceaux, Christiane Taubira, a présenté, mercredi 27 janvier, sa démission à François Hollande. REUTERS/Philippe Wojazer

L’ancienne  ministre de la Justice française, Mme Christiane Taubira a démissionné du Gouvernement  le mercredi 27 janvier 2016, après s’être battue contre la déchéance de nationalité des binationaux. Le projet si cher au président François Hollande et à son PM Manuel Valls, tous deux pourtant taxés d’ascendances étrangères. Cette démission après un discours historique à l’élégance littéraire haïtienne a été unanimement saluée par  la classe politique Française comme un  symbole candide  du courage et de la conviction en politique. L’image qui a le plus frappé les esprits et les consciences et qui a  fait le tour du monde est son départ du ministère après sa passation de service à vélo, comme pour dire qu’il y a une autre vie après le Gouvernement. S’il y avait un prix de la meilleure démission, elle aurait surement mérité ce César. Son exemple inspirera-t-il un jour nos ministres maliens ? Nos gouvernants comprendront-ils enfin que la démission est un acte de courage politique hautement valorisant pour soi et pour ses convictions quand elles sont violées ? C’est un message politique pour dire que lorsque l’on vient au Gouvernement pour servir le pays, partir n’est pas un problème. Mais c’est lorsque l’on vient pour son ventre que démissionner c’est comme la souris qui entre dans le fromage, elle n’en sort que « cadavrée ».

Alors que certains ministres se font chasser comme des malpropres du gouvernement au Mali, d’autres sont humiliés publiquement sans broncher, d’autres encore se prosternent ou bien préfèrent consulter des marabouts ou autres charlatans du village  pour être maintenus dans le gouvernement en dépit de la gravité de la faute commise et contre vents et marées. Il y a un dernier lot d’assoiffés du pouvoir qui, pour leur maintien dans le gouvernement, sont prêts à aller jusqu’à des compromissions. En France, c’est une « Mulâtre », pour parler comme le célèbre poète Antillais Aimé Césaire, qui vient d’inscrire son nom en lettres d’or dans les anales de l’histoire récente de la France en entrant dans le panthéon du cercle  très restreint des ministres qui sont capables et qui ont pu rendre le tablier à leur maître. Mme Taubira est considérée désormais comme l’une des figures emblématiques du combat pour la justice et l’égalité. Elle est le symbole de l’opiniâtreté  et du respect dû à la gent féminine. Au cours de sa brève adresse à la  presse, après sa démission, elle avait laissé entendre qu’elle a démissionné parce qu’il y avait un désaccord politique majeur sur la question de la déchéance de nationalité,  et qu’en tant que militante de gauche, guyanaise de surcroit appartenant à une ethnie minoritaire  et ministre de la Justice garde des sceaux, il lui était difficile d’assumer une telle responsabilité face à l’Histoire. Le Cas Christiane Taubira mérite d’être enseigné dans les grandes écoles de sciences politiques pour qu’il serve d’exemple à nos hommes politiques africains et surtout maliens. Ces derniers doivent désormais intégrer ce concept « DEMISSION » dans leur vocabulaire afin de donner une certaine crédibilité à l’homme et à l’action politique au Mali. Aujourd’hui, le constat est amer, l’homme politique passe dans notre société et aux yeux du citoyen lambda comme celui qui n’a ni foi, ni conviction, encore moins d’honneur. Et il n’a que faire des valeurs de dignité et de patriotisme. Il se soucierait aussi moins du respect des engagements et de la parole donnée. Tout ce qui compterait pour lui à ses yeux,  serait comment faire pour assouvir une ambition personnelle quelqu’en puisse être le prix à payer.

En définitive, si les hommes politiques ont le droit de solliciter le suffrage de leurs concitoyens afin d’accéder au pouvoir et mettre en œuvre leur vision du développement, ils doivent également avoir le devoir de redevabilité vis-à-vis de leurs électeurs et s’éclipser s’ils venaient à échouer dans la mise en œuvre de leurs politiques et de leurs engagements aux fondements desquels ils ont été élus. C’est seulement ce genre d’auto évaluation et de critique qui crédibiliseront la politique et les hommes politiques aux yeux des maliens. Au Mali, on a enregistré bien des cas de démissions dont le plus illustre reste toujours celui de Zoumana Sacko à l’époque de GMT. Mais il faut que cela serve de valeur d’exemple à tous.

Youssouf Sissoko

                                                                                    Youssouf@journalinfosept.com     

PARTAGER