Interview du nouveau maire de Kayes : “Nous avons des ressources très limitées. Il faut aller chercher les moyens ailleurs et la coopération décentralisée est la voie la plus louable.”, dixit M. Gunido

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Après un mandat bien rempli, Adama Guindo mord la poussière en voulant rester aux commandes de la mairie de Kayes. Intellectuel bon teint, il garde le profil bas pour réapparaitre avec fracas. C’est ainsi que sous les couleurs du Rpm, il décide de se lancer dans la course. Par l’aide de Dieu, M. Guindo et sa liste s’imposent. Il devient le nouveau maire de Kayes.

Le Zénith Balé : Bonsoir M. GUINDO, quelles sont vos premières impression après cette élection ?

Adama GUINDO : Je vous remercie pour cette question. Mes impressions, c’est une joie immense, un bonheur. Vous savez, être maire, partir, ensuite aux élections revenir, regagner la confiance des mêmes populations, ça envoie un message fort. Ça veut dire que la mémoire collective se rappelle comme si c’était hier des bons souvenirs des résultats qui ont été atteints pendant votre présence lors de votre premier passage et là c’est un bonheur immense. Je peux vous assurer que depuis que j’ai pensé à revenir, j’ai été à l’écoute de la population de Kayes pour voir leurs préoccupations, savoir ce qui a été fait de positif pendant que nous étions là et ce qui a manqué, ce qu’elle attend de nous. C’est-à-dire une bonne équipe municipale dirigée par quelqu’un auquel elle peut confier son destin pendant au moins les cinq prochaines années. Je vous avoue que c’est après une analyse minutieuse que j’ai décidé de me porter candidat au titre du RPM qui m’a également fait confiance. Je pense que les résultats attestent la position de la population par rapport à ma candidature puis que sur 37 conseillers, j’ai pu engranger 16 avec le RPM. Je remercie toutes les kayésiennes et tous les kayesiens et l’ensemble des listes qui ont prétendu à la magistrature suprême au titre de la ville qui sont animées de bonne foi comme moi pour cette élection apaisée. Je suis heureux de revenir et je souhaite l’accompagnement de tous, les conseils de tous pour pouvoir faire mieux que lors de mon premier conseil.

ZB : Si on vous demande, sous quel signe sera placé ce deuxième mandat que vous avez demandé à la population de Kayes, que diriez vous ?

  1. GUINDO : Je vous remercie aussi de cette question. En réalité, lors des élections de 2004 auxquelles j’ai été battu, mon deuxième mandat était placé sous le signe de la coopération décentralisée. Nous avons des ressources très limitées. Il faut aller chercher les moyens ailleurs et la coopération décentralisée est la voie la plus louable. En revenant, j’ai mûri cela aussi. Je pense que c’est la voie exprimée pour aller un peu plus vite en matière de développement parce qu’il faut des grands moyens. Les villes s’étendent très rapidement, les moyens ne suffisent pas, les infrastructures collectives ne suffisent pas et la demande sociale est très forte. Je veux suivre la voie de la coopération décentralisée que ce soit avec l’Europe, que ce soit avec l’Asie, que ce soit avec l’Amérique, que ce soit en Afrique que ce soit même au Mali voire les expertises, en tout cas tout ce qui peut nous apporter de plus dans notre façon de faire afin d’améliorer les conditions de vie, les cadres de vie de nos concitoyens. Ce sera placé dans l’optique d’améliorer fortement la coopération décentralisée et ce de raviver les coopérations qui existent comme avec Evry, avec Mac-De-Bourg en Allemagne qui a été l’une des coopérations les plus exemplaires au temps du président Modibo Kéïta. Nous allons essayer de raviver tout ça et engager d’autres coopérations sur l’Europe et à travers le monde.

ZB : Kayes, on peut dire que c’est une région enclavée. Parce que pratiquement à Kayes, à tout moment il fait chaud et le problème d’eau est un casse-tête mais Kayes regorge aujourd’hui pratiquement toutes les grandes mines du Mali. Que comptez-vous faire avec ces mines ? Et surtout Kayes est la porte d’entrée du Mali. Normalement Kayes ne doit plus être une ville insalubre où il ne fait plus bon vivre.

  1. GUINDO : Merci aussi de ce constat amer qui est aussi l’une des raisons qui a motivé notre candidature. Puis qu’après 13 ans passés à observer, nous sommes arrivés à la conclusion que la fatalité n’existe pas. En réalité, il faut vouloir, malgré la modicité des moyes, il ya quand même quelque chose qu’on peut faire comme la lutte contre l’insalubrité que ce soit au niveau des caniveaux, que ce soit au niveau des dépôts de transit, que ce soit au niveau des voies bitumées qui sont pratiquement recouvertes de poussières comme vous l’avez constaté, vous et moi. Je crois que là on peut faire quelque chose avec les moyens que nous avons, avec aussi l’assistance des populations parce qu’il faut certainement éduquer les citoyens à s’investir pour la cause collective ne serait-ce que l’entretien des voies bitumées dans un premier temps et vous avez vu que les arbres qui sont les longs des artères principales, l’entretien fait défaut. On a l’impression que les gens ont baissé le bras face à l’adversité. Nous allons essayer de motiver encore les gens, nous allons nous investir pour trouver les voies et moyens de rendre la ville salubre d’ici l’hivernage prochain. Mais nous ne pouvons pas être fermes puisque la mairie a déjà des problèmes de salaires. Il y a huit (08) mois d’arriérés de salaires. Nous ne savons pas donc le niveau d’endettement de la mairie et les conditions de paiement qui s’offrent à notre équipe qui va arriver. Nous allons aller à l’écoute du trésorier pour essayer de trouver une voie d’entente pour trouver la solution afin d’assainir la ville en un premier temps.

Par rapport à la richesse minière et le fait d’être à la porte d’entrée, cela est indéniable. Je le partage avec vous. Cette porte d’entrée nous permet d’intercepter un certain flux de trafics qui doit nous permettre d’avoir les ressources financières qui peuvent nous permettre de réaliser les infrastructures collectives qui peuvent soulager le quotidien des kayesiens. Les mines aussi qui sont là, je pense que nous sommes le point de passage obligé de ces mines même si elles ne sont pas localisées dans la ville. Nous pouvons aussi à travers cet avantage concurrentiel essayer de tirer profit de ces mines ne serait-ce qu’avec leur passage obligatoire sur notre territoire pour trouver des moyens. Nous pouvons aussi les démarcher dans le cadre d’une coopération décentralisée comme je l’ai dit avec les structures autres que les villes voire même si elles peuvent nous assister sur quel type de projet. Puis, monter ce type de projet pour aller les voir quitte à ce qu’elles mandatent des gens pour venir les exécuter pour que nous puissions en bénéficier. Nous ne voulons pas avoir l’argent frais pour faire quoi que ce soit. Nous voulons qu’il y ait la transparence dans la gestion. Que ceux qui nous aident, s’ils veulent bien nous aider sur des projets qui sont notre priorité, qu’ils viennent avec les moyens financiers, les ressources humaines, les matériels pour faire le travail, cela nous agrée correctement et ça met le partenaire à l’aise. Donc, nous allons avoir toutes les démarches utiles nécessaires pour essayer de bonifier, tirer avantage plus de notre socle de porte d’entrée, de centre de la zone minière du Mali.

ZB : M. le maire, vous ne serez certainement pas un maire qui va brader les terres du Mali notamment de Kayes ?

  1. GUINDO : (Rires) Merci beaucoup pour cette question !

Je crois qu’aujourd’hui, il n’y a même plus de terrain à brader à Kayes pour qui connait le découpage au niveau de la commune de Kayes. Nous sommes entourés par la commune de Hawa Dembaya, Liberté Dembaya, Koulou, Bankassi donc il n’y a plus rien à brader. Nous allons valoriser plutôt ce qui existe et peut être que c’est même une chance. La ville ne pourra pas se développer à l’infini et si elle est contenue, ça permettra aux équipements d’atteindre les périphéries. Nous avons des ambitions par rapport aux quartiers périphériques, l’adduction d’eau potable, pour l’électricité, pour les voies d’accès, pour le transport en commun. Certainement, ce handicap peut être un avantage s’il est bien exploité. Il n’y a pas de terre à brader, n’ayez pas peur de cela, nous ne ferons pas ça Incha allah!

ZB : M. le maire si on vous demande votre dernier mot et surtout de vous présenter aux lecteurs du journal “Le Zénith Balé”.

  1. GUINDO : Merci ! Je suis Adama Guindo, Ingénieur de Construction Civile spécialiste en Route. J’ai un D.P. c’est-à-dire un troisième cycle en Gestion Informatisée des Projets et j’ai un Diplôme de Géomètre Expert. Je suis Professeur, Maître de conférences en économie des infrastructures à l’ENI. Je suis actuellement Conseiller Technique au Ministère de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement.

En dernier mot, je demande à la population de Kayes, de se lever avec moi pour essayer de lutter contre cette situation que vous avez constatée, cet état d’abandon dans lequel se trouve la ville et de nous conseiller. Nous allons restaurer un cadre de concertation trimestrielle de toutes nos actions afin que nous puissions changer les looks de Kayes. Ensemble, je ne crois pas que ce soit impossible.

Merci !

Par Boubacar DABO

Envoyé spécial à Kayes pour les communales

 

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