Interview (presque) imaginaire : IBK : « comme tu le vois, je me porte comme un charme ! »

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Fraîchement rasé, bonnet vicié sur la tête, le président de la République parcourt du regard un livre de 300 pages, un verre de jus d’orange à la main. Confortablement installé dans un lit douillé, il est entouré par une équipe de médecins dévoués. Dans la salle décorée à l’italienne, IBK était seul. Ni garde du corps, ni membre du protocole. Une occasion inespérée pour nous, arrivés la veille,  à Paris,  par vol spécial à bord du « Ladji Bourama Air Force One », d’en savoir davantage sur son état de santé. Qui préoccupe l’ensemble des Maliens.

Comment vous sentez-vous, Mr le président, après cette intervention chirurgicale ?

 

Comme tu le vois, Le Mollah, je me porte comme un charme. Je mange bien, je dors bien. Car, je suis  loin des emmerdements de l’opposition, des moustiques et de la poussière de Bamako.

 

Savez-vous que l’opposition a reporté sa marche ?

 

Je suis au courant ! Pourquoi n’a-t-elle  pas  marché, en mon absence ? Dr Tréta a raison, pour une fois : ces opposants-là veulent déstabiliser mon régime. Mais ils ne réussiront pas. Car, je serai à Bamako dans ces deux jours pour leur montrer que je suis toujours le président de la République, Chef de l’Etat, président du conseil supérieur de la magistrature, chef suprême des armées, dieu vivant des leaders politiques et alliés…

 

Mr le président, vous avez pris tout le monde de court, y compris vos collaborateurs

 

Que veux-tu, Le Mollah ? Si  je leur avais dit que je me rendrai à Paris pour me soigner, ils allaient déclarer ma mort, avant même que mon avion atterrisse à Orly. Ils sont nombreux, les politicards qui me souhaitent prompt rétablissement ; alors que la plupart d’entre eux ne souhaitent plus me voir sur le trône de Koulouba. Mais que veux-tu ? C’est Allah soubhanahouwatallah qui a voulu que je sois là pour 30 ans encore.

 

Pour 30 ans encore dites-vous ?

 

Pardon, je voulais dire jusqu’en 2028 !

 

Qui vous dit que vous serez reconduit à la fin de votre premier mandat controversé ?

 

C’est déjà dans la poche. Après mon hospitalisation, tous les partis politiques se sont mobilisés comme un seul pour implorer Dieu pour moi. Preuve, si besoin est, qu’il en sera ainsi pour mon second mandat.

 

A quand votre retour à Bamako ?

 

Je ne sais pas ! Les médecins m’ont conseillé de ne ni voir, ni parler avec mes opposants politiques, au risque de voir ma maladie rechuter. C’est pourquoi, je compte rester à Paris, quelques jours. Sinon, si je rentre à Bamako, les premiers qui frapperont à mon portillon s’appelleront Soumaïla Cissé, Tiébilé Dramé, Oumar Mariko, Modibo Sidibé…..

Selon mon médecin traitant, je ne dois voir, ni entendre un opposant politique jusqu’à la fin de mon premier mandat. Car ils sont nocifs pour ma gorge.

Propos recueillis par Le Mollah Omar

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