Arrivée des Syriens dans le nord du Mali : Le silence opaque des autorités maliennes

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Nord : des migrants syriens arrivent à Inkhalil

Plus de six mois après l’annonce de la présence massive des réfugiés syriens dans le nord du Mali, les autorités maliennes sont restées bouche bée. Face aux inquiétudes exprimées par les populations et aux appels à la prudence constamment faits par les médias nationaux et internationaux, les nouveaux maîtres du pays ont décidé de « crever les yeux » et « boucher les oreilles ». Par leur silence étonnant, elles veulent faire avaler aux Maliens qu’il  n’y a aucun danger du fait que le nord du pays, une zone de guerre, soit la zone de prédilection en puissance pour des gens qui disent fuir la guerre.  Comme l’avait fait le précédent pouvoir en 2012, le régime IBK est-il en train d’ouvrir de nouvelles portes de l’enfer?

Cette nouvelle route, toute tracée par les Syriens au Mali au lieu de l’Europe de l’Est, leur voie habituelle, étonne plus d’un observateur. Pourquoi le Mali maintenant ? Et pourquoi le nord du Mali? Qui est derrière ce nouvel épisode aux équations inconnues ? Voilà autant de zones d’ombre sur le sujet et sur lesquelles les autorités se plaisent à faire un black out total. Et les nombreux rappels de la presse sur la complexité de la situation ne semblent pas être assez pour les faire sortir de leur sommeil profond.  Et comme pour dire que le feu ne s’est pas assez éparpillé pour crier au pompier, le régime ne se donne pas la peine de savoir pour quelle raison des réfugiés fuyant une zone de guerre viennent trouver refuge dans  une autre zone de guerre. Où est la logique ?

Comment des dirigeants d’un pays qui  éprouve tous les maux du monde à réduire l’élan irrédentiste de groupes armés et terroristes dominés par des tendances ethniques (Touareg et Arabes), peuvent être négligents au point d’assister en toute indifférence à une telle situation?

En plus de ne rien faire pour voir clair dans cette affaire, le régime IBK trouve aussi que les Maliens n’ont pas droit à des explications et à des assurances. Des syriens pullulent le nord du Mali, un endroit où il y a chaque jour des attentats contre les civils et les militaires et on sait peu de choses sur eux. Cela depuis fin 2014. Le régime trouve qu’il s’agit d’un non évènement.

Pourtant il y a de quoi s’inquiéter car les Syriens arrivent en groupes à Bamako, à bord de cars de transport en commun, à partir de la Mauritanie. Et de la capitale malienne, le trafic des Syriens se poursuit non pas vers Sikasso, Kayes ou encore Ségou,  mais vers Gao, la plus grande ville du nord du pays. Une région en crise sécuritaire, à l’instar des autres régions du nord malien comme Kidal et Tombouctou.

 

Que cache le silence des autorités maliennes? Pourtant elles sont au courant que si certains de ces réfugiés poursuivent leur trafic vers l’Algérie. Rien n’est moins sûr! Qu’est-ce qu’ils deviennent après? Encore une fois, les autorités maliennes n’ont pas cherché à savoir ou s’estiment tout simplement exempts de tout devoir d’explication envers le peuple souverain. Une chose est certaine, un refugié quitte une zone de guerre pour une zone de paix. Ce qui est loin, très loin d’être le cas présent.

Youssouf Z KEITA

 

 

 

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2 COMMENTAIRES

  1. La gestion des réfugiés syriens relèvent de la CMA. IBK n’a aucune autorité dans ces localités. Il faudra que vous puissiez vivre avec ça désormais

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