Bataille de Konna : six ans, jour pour jour, le film des événements

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M. Sory Konta, natif de Konna, se souvient de la bataille de Konna

Le 03 janvier 2013, un communiqué d’Ansar Dine signé par Iyad Ag Ghali dénonce la «mauvaise volonté» du gouvernement malien lors des négociations et déclare suspendre son offre de cessation des hostilités. Le 04,  Ansar Dine remet un document au médiateur et président burkinabè Blaise Compaoré dans lequel il réclame l’autonomie de l’Azawad et l’application de la charia au nord du Mali.

Mais, depuis le 02 janvier, venues des régions de Gao et de Tombouctou, les forces djihadistes d’Ansar Dine, du Mujao, d’Aqmi, dirigées par Amadou Koufah, se rassemblent à Bambara Maoudé.

Le 07, une cinquantaine de leurs véhicules dépasse Douentza et se positionne à Dangol-Boré, face aux forces de l’armée malienne. Les forces armées maliennes s’attendent à combattre. Dans la région de Mopti, le commandement est assuré par le Colonel-major Didier Dakouo. Le commandant Abass Dembélé dirige les forces spéciales maliennes ; Kassim Goïta, le régiment de Gao ; Elysé Daou, la Garde nationale ; et le capitaine Pascal Berthé, l’artillerie.

Le 08 janvier 2013, les djihadistes sont près de la ligne de démarcation dans la région de Mopti, les soldats maliens effectuent quelques tirs de sommation et des renforts sont envoyés. Le 09, les terroristes franchissent la ligne de démarcation et engagent le combat avec les Fama dans les environs de Konna. Les djihadistes attaquent Konna dans la nuit du 09 au 10 janvier.

Dans la nuit du 10, l’armée malienne arrête quelques terroristes et récupèrent des véhicules, les terroristes se replient en dehors de la ville. Mais, en réalité, c’était un piège pour que l’armée lance une course poursuite et c’était une embuscade qui a fait plusieurs morts parmi les soldats et ils se replient dans la ville.

La matinée du 10, des affrontements extrêmement violents commencent à 08 heures 30 et s’achèvent à 16 heures. Vers 13 heures, deux bus pénètrent dans la ville après avoir été contrôlés par des soldats maliens, mais il s’avère que les 14 occupants de ces bus sont des combattants d’Aqmi déguisés en civils. Arrivés à un check-point au milieu des militaires, ils ouvrent le feu, tirent sur tout ce qui bouge et tuent une soixantaine de soldats avant d’être à leur tour exterminés par les soldats maliens.

Au terme de la journée, la ville est prise par les djihadistes après de très violents combats avec les forces armées maliennes qui se terminent par un carnage total contre les troupes loyalistes. Les troupes maliennes sont mises en déroute et se replient sur Sévaré.

Dans la nuit du 09 janvier au 10 janvier, un enseignant, près de Dangol-Boré, affirme avoir compté plus de 300 véhicules djihadistes. Pour le reporter Jean Paul MARI, les assaillants avaient 150 véhicules, dont 70 pour Ansar Dine. Mais, selon les informations de Moussa Nimaga et Djibril Sow, ils étaient au nombre de 100 pick-up.

Le soir du 10, les terroristes ayant reçu un important renfort, à moins d’une dizaine de kilomètres de Sevaré, s’apprêtent à lancer l’assaut sur la ville de Sévaré. Au même moment, à Bamako, une violente manifestation était en cours. Pendant ce temps, un étrange avion venait d’atterrir sur l’aéroport de la ville Sévaré avec des armes lourdes. C’est l’opération SERVAL qui venait de commencer, qui sera officialisée par le Mali et la France, plus tard…

Soldat SISSOKO

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