Nord du Mali : Cédé ou abandonné ?

10 Déc 2015 - 00:33
Mis à jour: 11 ans
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Nord du Mali : Cédé ou abandonné ?
Désenclavement du nord : La Phase 1 coûtera 236 milliards de F CFA
Depuis la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation, le Nord du Mali n’a pas eu de répit à cause des attaques et autres braquages d’hommes armés. Qui sont souvent de terroristes ou de simples délinquants. Les populations, qui vivent impuissantes cette montée de la violence, ne savent plus à quel Saint se vouer. La peur, l’incertitude, et l’incompréhension font bon ménage dans une zone (le nord du Mali) quasi abandonnée par l’Etat et ses représentants. Conséquence ? Le septentrion malien est devenu une zone de non droit.  A Issabéry, à 45 km de Goundam, trois bandits armés tendent une embuscade au premier adjoint du maire et un ressortissant de Toucabangou (chef de lieu de la commune). Les victimes sont dessaisies de leurs engins à deux roues. Malgré les supplications du premier adjoint, qui parle correctement le dialecte des assaillants, ceux-ci n’ont pas daigné leur retourner leurs biens. Elles se sont finalement résigner à accepter la perte des deux motos. L’enlèvement s’est déroulé à moins de 10 km du détachement militaire de Bintagoungou. Mais, cette présence ne rassure pas les populations ou les villages situés aux alentours de Bintagoungou. Parce que tout simplement, on ne peut pas compter sur l’armée pour traquer des bandits dans ces localités. Sachant déjà la réponse d’une plainte auprès des militaires de Bintagoungou, le premier adjoint a pris le risque d’aller protester dans une base rebelle à Koïgoumo, à 25 km de Goundam et à une quarantaine d’Issabéry. Il a été accueilli à bras ouverts par les combattants regroupés dans cette localité. Il expliqua ses déboires et exigea qu’on retrouve les motos enlevées. Le commandant de la zone donna des instructions pour retrouver le même jour et jours suivants les deux motos. Elles ont été récupérées et remises à leurs propriétaires par une patrouille des combattants de Koïgoumo. Conséquences : les populations d’Issabéry et autres localités environnantes sont très satisfaites de cette attitude positive d’anciens rebelles. Qui viennent par cette action occuper un terrain abandonné ( ?) par l’Etat et ses démembrements. Un abandon qui aurait provoqué la multiplication du banditisme résiduel avec le cortège d’enlèvements de motos et de braquage de forains. Où est donc l’Etat ? Issabéry n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Les populations du Nord du Mali, notamment des régions de Kidal, Gao et Tombouctou, souffrent aujourd’hui le martyr. Elles ne s’expliquent pas le comportement des pouvoirs publics. Qui ne donnent aucun signe apparent d’espoir d’un retour éventuel dans le septentrion. Les populations s’interrogent également sur l’attitude du gouvernement depuis la signature de l’accord de paix. Comment expliquer que Kidal est toujours aux mains du Mnla et ses alliés sans que l’Etat n’exige un calendrier pour la reprise de cette ville et de toute sa région ? Est-ce que cette localité et même les deux autres régions (Tombouctou et Gao) font l’objet de deal entre le gouvernement et les groupes armés du nord ? Le cas d’Issabéry et la gestion de ce dossier par les mouvements armés interpellent chaque malien, mais en premier lieu le chef de l’Etat. Dans un pays où il y a une armée nationale, ce serait une aberration qu’un groupe de combattant garantisse la sécurité des populations. Aujourd’hui, dans le septentrion, l’Etat ne joue plus les premiers rôles. Ceux-ci sont cédés ou abandonnés ( ?) à des groupes armés ou à aux forces internationales. Qui se contentent d’accompagner les uns et les autres dans les missions de sécurisation. Les forces de la Minusma ne protègent pas les populations du nord comme elles sont censées le faire. Quant à l’armée malienne, elle est toujours cantonnée en ville et dans les villages comme Bintagoungou où elle est incapable de poursuivre de simples coupeurs de route. D’ailleurs, cela n’est que la partie visible de l’iceberg. Depuis, la signature de l’accord (15 mai et 20 juin 2015), les populations attendent impatiemment le retour de l’administration, du corps enseignant et du personnel de la santé. Mais cette longue attente continue de faire douter les populations sur la volonté des pouvoirs publics de (ré) occuper le nord du Mali. Pour l’instant, aucun acte concret n’est posé dans ce sens. Et ce n’est pas un hasard, si celles-ci (les populations) commencent à se retourner vers les groupes armés pour venir à leur secours et les protéger contre les bandits armés et autres terroristes. Idrissa Maïga

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Commentaires (57)

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Trésor
Trésor 11 ans
La Paix, la Paix rien d’autre que la paix, notre volonté à nous tous est la paix au Mali. Vive la paix.
Sylla
Sylla 11 ans
La paix est notre volonté à nous tous. Vive la paix et la réconciliation. Vive le gouvernement malien qui se soucis de la volonté de sa population qui est la paix et la réconciliation.
Sitan
Sitan 11 ans
Nous souhaitons le retour à la paix et nous avons de la chance d’avoir un gouvernement qui lutte envers ce sens.
Sexy Girl
Sexy Girl 11 ans
Aucun accord n’est parfait mais cet accord, je l’ai dit plusieurs fois, constitue une très bonne base pour faire la paix, traiter des questions de fond qui ont entraîné des difficultés au nord de notre pays, restructurer notre appareil sécuritaire et créer ainsi les fondements d’un Etat de nouveau en mesure de faire face à ses obligations. Si on l’applique dans la lettre mais surtout dans l’esprit, avec bonne foi, il y a de bonnes chances que le Mali retrouve de nouveau de bons espoirs vers demain.
Ali
Ali 11 ans
Le comité de suivi de l’accord s’est réuni plusieurs fois et a pu adopter son règlement intérieur. Espérons qu’à partir de là, on pourra engager des mesures urgentes sur les plans sécuritaires (cantonnement, désarmement…), humanitaires et de réconciliation (retour des réfugiés notamment) ainsi que les actions de développement.
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