Du marché musical aux points de vue d'un artiste : Come back d'Aziz Wonder

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”Les artistes sont des photographes de la société sans caméras”. Conviction apparente du musicien.

 

Absent de la scène musicale depuis un certain temps, absence motivée par une grave maladie qui a alité un bon moment le reggae-man, Aziz Wonder revient en force en signant un 4ème opus de 10 titres dénommé ”Tièba et Babemba. Après ”Tiama Tiama”, ”Fin beh ibolo mogo bi lah”, l’album sur la vaccination des enfants et une tournée en France, ”Tièba et Babemba”, mis  sur le marché depuis peu (4 mois environ) aborde différents thèmes relatifs aux problèmes de société. En effet, ”les artistes sont des photographes de la société sans caméras”, précisera le musicien. Ce nouveau titre vise à immortaliser deux vaillants et valeureux rois du Kénédugu qui ont résisté à nombre d’ennemis dont les Français (charité bien ordonnée oblige). ”Tièba et Babemba” traite ainsi de la question du travail dans un titre intitulé ”Baara” où, en philosophe, il conseille aux enfants le principe ”aide-toi, le ciel t’aidera” en les invitant à quitter l’attentisme et le parasitisme pour compter sur leur propre force.  Seul le travail paie aux yeux du chanteur philosophe. Dans ”Dougoutigui ka tchikan”, un autre titre, l’artiste fustige le cannibalisme nouveau qu’il observe dans la société. Il trouve que les succès et réussites des uns se construisent sur les tombes des autres.

 

Il décrie le fait que ”l’homme est bien devenu un loup pour l’homme aujourd’hui”. Aziz Wonder immortalisera Tièba et Babemba dans sa 3ème chanson tout en poussant les dirigeants actuels à s’inspirer de ces patriotes émérites dont les exploits et hauts faits ont été soigneusement évoqués. ”Elections” cherche à panser un ulcère comportemental de la population, notamment de la jeunesse en éveillant les consciences. L’artiste au verbe piquant invite les citoyens à refuser d’être ”les esclaves de thé et  de t-shirts”. A travers ”Hope Musique”, le photographe particulier de la société parle de sa ”renaissance” musicale. La trêve, à laquelle une maladie terrible l’avait contraint, venait de prendre fin grâce à sa guérison inespérée par ses proches et fans. Il rend grâce à Dieu. En historien, Aziz Wonder brosse les conditions dans lesquelles l’OUA a été créée en 1963 à Addis-Abeba. Il en chantera l’esprit et les objectifs auxquels il adhère. Un 7ème titre, ”Shake them down” conseille, dans l’esprit rasta de self défense, de chasser les hypocrites au premier contact. Tant ils sont nocifs pour leurs proches. Dans ”Yeo yiri Africa”, il interpelle les Africains et les pousse à l’effort pour aller de l’avant tandis que ”Jah Message” livre un message divin faisant comprendre que la couleur, la race, l’ethnie ne doivent constituer des facteurs de discrimination, encore moins de racisme. Car les hommes sont égaux aux yeux de l’artiste aux thèmes parlants. Un remix de ”Baara” complète les chansons à 10 et ferme l’album. La dédicace aura lieu très prochainement en 2010. Sur un tout autre plan, Aziz Wonder ”demande aux jeunes de faire très très attention à leur parcours” car ”le SIDA existe, c’est une réalité”. Il suggère, en cas de doute, d’aller faire test de dépistage. Tout en invitant les populations à croire à l’existence du SIDA, le photographe-philosophe trouve que c’est une maladie à prendre comme toute autre, mais déplore ”le grand pompage, la trop grande manipulation” qu’il y a derrière ce phénomène. Voyant qu”’aujourd’hui les dirigeants viennent au pouvoir pour leur poche et que tous ceux qui gouttent au miel ne veulent plus quitter”, le reggae-man leur suggère de ”penser au peuple, sinon, du côté de la population, il y aura des feux sans fumée”.  Aziz Wonder dit qu’il ne manque pas de matière, d’inspiration avant d’informer que le 5ème opus est en cours de préparation. A en croire le philosophe le texte de 12-14 titres est déjà prêt. Ce futur album traitera des problèmes de l’Afrique comme le paludisme, l’insalubrité…, a indiqué M. Aziz Wonder. Bonne inspiration man !

Boubacar Bengaly

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