Le Covid démystifié et tué au Mali

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La pandémie du Covid est apparemment plus morte qu’elle ne tue au Mali. Aucune statistique n’en indique le recul, en tout cas, mais aucune non plus ne fait état d’une progression plus redoutable que jadis. Quoi qu’il en soit, l’ampleur de la maladie est manifestement atténuée par une baisse drastique du niveau de crainte chez la population. Les citoyens les plus craintifs d’une contamination ont fini par jeter les masques et on rencontre rarement dans la circulation bamakoise peu de connaissances rendues méconnaissables par le port de cet outil de protection. La démystification de la pandémie peut tout aussi se juger au démantèlement des dispositifs de lavage des mains (qui se confondent de plus en plus aux poubelles) ainsi que par l’absence de gel hydro-alcoolique dans la plupart des enceintes administratives. Bref, les gestes-barrières sont progressivement abandonnées les unes après les autres et n’existent visiblement qu’à travers le devoir des autorités d’incitation massive de la population à la précaution. Mêmes les poignées ont reconquis leur droit de retour dans les habitudes. Le réarmement moral face au Coronavirus intervient pourtant pendant que les sonnettes d’alarme battent vigoureusement leur plein quant à l’imminence d’un rebondissement de la maladie dans plusieurs pays d’Europe. Mais au Mali les rassemblements les plus périlleux ont pu se dérouler au sans observance particulière de mesures barrières mais sans non plus les proportions de propagation particulièrement alarmantes. Quoique les niveaux de test pourraient en être une explication, il semble aussi que la population malienne développé sa part d’immunité collective.

Gao en mode far-west

La Cité des Askia n’a désormais rien à voir avec les autres contrées du septentrion malien. A la différence de celles-ci, elle est la destination privilégiée de tous ceux qui aspirent à s’enrichir par l’extraction de l’or. En effet, depuis que ce métal précieux jaillit à flot du sol d’une localité appelée Intahakka, l’affluence humaine a suivi, défiant du coup toutes les menaces d’insécurité régnante. Conséquence : la surenchère s’est aujourd’hui installée et l’accès aux denrées de première nécessité a tendance à devenir plus difficile que l’exploitation de l’or. «Tout est devenu cher à Gao», entend-on de plus en plus souvent se plaindre les autochtones submergés par l’afflux de consommateurs allogènes dans leur contrée. En plus d’être inaccessible à leurs maigres bourses, les denrées de consommation deviennent d’autant moins visibles qu’elles sont massivement acheminées vers l’eldorado où les exploitants du métal jaune se les procurent à prix d’or. L’activité est par ailleurs si prospère que les différentes forces de l’ordre s’en tirent à bon compte, à travers notamment les postes de contrôle que chacune érige à coups de droits de passage. Des différents groupes armés autonomistes à l’armée malienne en passant par les groupes d’autodéfense.

La Rédaction

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