Hamdallaye en Commune IV : Sobadjo vole le Saint Coran dans la mosquée de Kalapo

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On aura tout vu à Bamako. Après les magasins et les domiciles, les voleurs s’attaquent à des lieux hautement sacrés. Tenez-vous bien ! Un jeune homme, âgé de 24 ans, profite de la « solatou soub’hi » (prière de 5 heures du matin) à la mosquée de Kalapo à Hamdallaye en Commune IV du district de Bamako, pour voler le Saint Coran de son voisin immédiat, le 1er novembre dernier. Le délinquant n’a pas pu aller loin. Dieu l’a vite fait précipiter dans les filets de sa victime. Quelques heures après.

Nouhoun Dramé, communément appelé « Sobadjo », revendeur de biscuits au centre commercial, car, c’est de lui qu’il s’agit, avait pris l’habitude d’aller s’acquitter de ses obligations religieuses à la mosquée de Kalapo. Personne ne doutait de la moralité du voleur déguisé en fidèle musulman. Bien au contraire, certaines personnes qui l’avaient remarqué, l’appréciaient, car, à Bamako, peu de jeunes acceptent de sacrifier le sommeil matinal au profit de la prière à la mosquée. Ces derniers avaient fait une mauvaise lecture de cette nouvelle figure rompue dans le mal. Tôt dans la matinée du 1er novembre dernier, Nouhoun Dramé fait partie des premiers fidèles à se rendre à la mosquée. Il prend place à côté d’un vieil homme qui lisait paisiblement le Sain Coran avant l’arrivée de l’imam. Quelques minutes plus tard, le muezzin annonce la prière proprement dite.

Le voisin de Nouhoun dépose son Coran à côté pour former le rang avec les autres fidèles. Dès la fin des quatre rackats, Nouhoun n’attend pas la fatia. Il profite de l’inattention de son voisin pour s’accaparer de son Saint-Coran. Comme un feu follet, il se glisse dans le noir avec son butin. Après la prière, le vieil homme est désagréablement surpris de constater le vol de son Coran. Il le recherche partout, mais sans succès. Vers 7 heures, le commissariat de police du 5e arrondissement est informé téléphoniquement par un fidèle, l’inspecteur de police Sidiki Koné, le sorcier de Bamako-Ouest, chef de la brigade de recherche et ses hommes se transportent sur les lieux. Pendant qu’ils rôdaient dans les environs dans l’espoir d’accrocher le voleur, ils le découvrent entre les griffes d’une foule furieuse lui distribuant des coups de poing et de pied. La chance aidant, les policiers réussissent à l’extirper des mains de ses poursuivants pour le conduire à leur base pour les besoins de l’enquête.

Le premier client du voleur était le propriétaire du Coran

C’est sans doute un fait de Dieu. Le premier client que Nouhoun Dramé a voulu aborder pour vendre « sa marchandise » était bel et bien sa victime qu’il n’avait pas bien remarquée dans la mosquée. Ce geste peu ordinaire marque alors le voleur qui a tout déballé au cours de son interrogatoire à la brigade de recherche du 5e arrondissement. Selon le suspect, après son forfait, il a tenté de vendre son butin dans le quartier. Sachant que les vieilles personnes s’intéressent plus aux questions de Dieu, il s’est dirigé sur un vieil homme à qui il a voulu le vendre à 750FCFA.

Malheureusement, celui-ci était le propriétaire du Coran. Le vieil homme ameute l’entourage. La suite est connue. Il est arrêté par des jeunes qui l’ont copieusement bastonné avant l’arrivée de la police. La question qu’on se pose, est de savoir si « Sobadjo » est à son coup d’essai dans les maisons de Dieu ? A Bamako, les mosquées sont de plus en plus victimes de profanation. Nombreuses sont celles qui ont vu enlever des ventilateurs, des nattes de prières, des chapelets, des livres et autres objets monnayables pour les revendre sur le marché noir. S’en fout la punition divine. Comme quoi, ça va chauffer le jour du jugement dernier !

O. BOUARE

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