Assemblée nationale : Place à la constituante

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En juin prochain, le mandat prorogé des Députés prendra fin. De l’avis général des leaders politiques, il n’y a pas question de leur accorder une seconde prorogation même si rien pour l’instant ne semble envisagé.

Arrivé à termes depuis décembre 2018, le mandat de nos Honorables Députés avait été prorogé de six mois (de janvier à juin 2019) sur la demande du Président de l’Assemblée Nationale par le Président de la Cour Constitutionnelle, Mme Manassa Dagnoko. Raison évoquée à l’époque : prendre du temps pour mieux organiser les élections législatives sur l’ensemble du territoire national dont une bonne partie reste toujours en dehors du contrôle de l’Etat central.

Le délai imparti pour ce travail étant aussi arrivé à son terme sans que les choses ne puissent rentrer dans l’ordre, une autre alternative s’avère nécessaire. Pour ce qui est d’une seconde prorogation, nombre d’acteurs politiques ne cachent pas leur désapprobation et souhaitent avoir une solution consensuelle.

Estimant que l’Assemble Nationale dans sa configuration actuelle ne reflète pas la nouvelle donne des partis politiques à la sortie de présidentielle de 2018, le Président d’honneur du parti Alliance démocratique pour la paix (ADP-Maliba), Aliou Boubacar Diallo, dira que proroger le mandat des députés, ce n’est pas tenir compte du poids réel de son parti, classé 3e sur l’échiquier politique en 2018.

Selon lui, deux pistes de solutions s’offrent au Gouvernement, soit les autorités organisent des élections législatives, ou il leur sera demandé de tenir compte de l’Arrêt de la Cour Constitutionnelle sur le 1er tour de l’élection présidentielle du 29 juillet 2018 qui est le dernier scrutin où les partis politiques au Mali ont présenté ou soutenu des candidats.
Mis en place, il y a juste un mois, le Gouvernement Boubou Cissé ne pourra pas organiser les élections législatives à l’immédiat. Il aura fait forcément un choix dont les contours seront déterminés par la classe politique pour la prochaine élection. Mieux, estime un autre acteur politique de la place, la question pourrait être introduite dans l’Accord politique signé avec certains partis politiques pouvant être soumis au débat inclusif national.

Au cas où le mandat des Députés ne sera plus prorogé, un observateur indépendant propose la mise en place d’une constituante. Selon lui, cette constituante représentera toutes les composantes de la société civile et de la classe politique qui, pour un bout de temps, gèrera les affaires législatives avant l’organisation d’une élection libre transparente et crédible.

Habi Sankoré

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