Boubou Cissé à la signature de l’accord politique : « Il ne s’agit pas d’un partage de gâteau »

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Le Mali vient de marquer un pas décisif vers sa sortie de crise avec la signature de l’accord politique pour la mise en place du Gouvernement de mission. « L’objectif n’est point d’annihiler l’opposition politique, ce qui est d’ailleurs impossible, il ne s’agit pas non plus de créer les conditions  d’un partage de gâteau comme le soutiennent d’autres…, mais une opportunité pour bâtir le Mali démocratique, uni», a explicité le Premier ministre Dr Boubou Cissé.

Mardi 02 mai 2019, il est 11h13, quand le Premier ministre nouvellement nommé, Dr Boubou Cissé fait son entrée dans la salle de conférence de la Primature. Objectif : la Signature de l’accord politique pour la mise en place du Gouvernement de mission, recommandé au PM par le Chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéita.

Sur place, plusieurs chefs ou représentants de partis politiques, majorité et opposition, ou de regroupement politiques, mais aussi la société civile : Dr Bocary Treta de l’EPM, Oumar Hamadou Dicko du FSD, Mamadou Traoré de la COFOP, Colonel Youssouf Traoré de la Coordination des partis politiques non alignés, Nouhoum Sidibé du PIDS, Abdoulaye Diarra de YELEMA, sans oublier le PSR,MORENA, MPR, Parti des Jeunes Patriotes, UFC, APM-Maliko, PADI, etc. .

Tour à tour, ces responsables ou représentants de partis ou regroupements de partis politiques ont apposé leurs signatures pour marquer leur adhésion au document de l’accord, avant que le PM n’appose la sienne pour clore cette séquence. C’était sous le regard bienveillant du représentant du Chef de l’Etat, le  Secrétaire général de la Présidence de la République, le ministre Moustaph Ben Barka.

Prenant la parole au nom du FSD, monsieur Oumar Ibrahim Dicko dira que c’est un grand moment historique pour le Mali, où ses fils ont retrouvé « les ressources » pour faire face aux « convulsions fortes » que vit le pays.

« Aujourd’hui, ce n’est plus une question d’homme, d’individu, mais du Mali, l’éternel Mali, le Mali de chacun… Cette signature est une union sacrée. Nous avons saisi une opportunité historique  de la main tendue », a déclaré Oumar Ibrahim Dicko. Qui se dit rassuré : « On n’est pas totalement satisfait, mais on a l’essentiel ».Aussi a-t-il ajouté que rien ne peut être au-dessus du pays.

« Monsieur le Premier ministre, félicitations, vous êtes le consensus. C’est un jour nouveau dans le consensus…C’est cela notre amour, c’est cela notre union pour la patrie », a soutenu le représentant du FSD, monsieur Dicko.

‘’L’accord n’est qu’un commencement’’

Selon le PM Dr Boubou Cissé, « peu importe le temps mis » pour avoir l’accord, « l’essentiel est d’y arriver ».

Sur cet accord politique  voulu par le Président de la République Ibrahim Boubacar Kéita, Dr Cissé a rassuré les partis politiques qu’ils leur accordent la même considération pour un Mali démocratique, stable et prospère. Et toutes les sensibilités politiques du pays  seront également valorisées.

« L’objectif n’est point d’annihiler l’opposition politique, ce qui est d’ailleurs impossible, il ne s’agit pas non plus de créer les conditions  d’un partage de gâteau comme le soutiennent d’autres…», a souligné Dr Cissé. Car au-delà des oppositions politiques, chacun peut contribuer pour la paix, la stabilité et le  développement du pays.

« Par cet accord, nous avons l’opportunité unique de bâtir le Mali, un Mali plus fort, un Mali plus démocratique, un Mali prospère, un Mali des communautés. L’accord n’est qu’un commencement et ouvre les perspectives sur la paix et le développement»,  dira-il.

Pour l’application de l’accord, Dr Boubou Cissé promet de rester debout sur les remparts. Car « l’accord politique sera au cœur de l’action gouvernementale ».

Le PM Cissé a exprimé sa gratitude au chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaïla Cissé qui, à ses dires, s’est montré grandement disponible au dialogue. « Je suis un serviteur de l’Etat, et je vous demande de m’accompagner », a-t-il soutenu.

Rappelons que des personnalités politiques tels Téimoko Sangaré, Blaise Saagaré, TiébiléDramé, Dramane Dembélé, l’honorable Mamadou Diarrassouba, Oumar Ibrahim Touré, Modibo Kadjoké, Djiguiba Kéita dit PPR, BouramaAllaye Touré des organisations de la société civile, le représentant du HCIM et des familles fondatrices de Bamako, …

Cyril ADOHOUN

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SIGNATURE DE L’ACCORD POLITIQUE : Ils ont dit

Juste, à la suite de la signature de l’accord politique signé pour la formation du gouvernement, nous avons recueilli quelques réactions d’acteurs impliqués dans le processus. Réactions.

Dr Bocary Treta, président de la coalition Ensemble Pour le Mali (EPM) : « La signature de cet accord permet de mettre le Mali au-dessus de tout »

Je rends grâce à Dieu qui permet de vivre cet instant historique du pays, pour notre peuple. Je remercie très sincèrement le Président de la République, son excellence Ibrahim Boubacar Kéita qui a estimé, qui a dit et qui a agi en prouvant que le Mali est au-dessus de tout. Pour le Mali, aucun sacrifice n’est de trop. Il a estimé que pour le Mali, il faut marquer un arrêt pour réunir les fils autour de l’essentiel. Ça a été difficile, mais il l’a voulu et il l’a fait.

Je pense que cette opportunité que nous donne la signature de cet accord de gouvernance permet aux Maliennes et Maliens de se concentrer sur l’essentiel, permet à chacun de s’oublier, de mettre le Mali au-dessus de tout.

Nous avons énormément de défis et ces défis ne sont ni ceux de l’opposition ni de la majorité, encore moins de chacun pris individuellement. Ce sont des défis du peuple du Mali. C’est pourquoi nous disons que c’est une union sacrée des Maliennes et des Maliens, des forces politiques et sociales pour faire face à ces défis.  Je me réjouis qui Dieu nous ait inspiré cette idée, je salue très fortement la décision du Président de la République. Je souhaite beaucoup de chance à monsieur le Premier ministre, et tous mes encouragements à toutes les forces politiques et sociales. Je confirme que même ceux qui ne sont pas présents à la signature sont d’esprit avec nous.

Je dis oui, oui, tout ce qui a été fait jusqu’ici par le Premier ministre l’a été avec nous, en accord avec nous et avec tout notre accompagnement».

Tiébilé Dramé du PARENA : «Je crois que nous avons ici les conditions de grands pas en avant pour notre pays »

Il n’est plus question de pilotage à vue. Les balises, c’est l’accord politique, et les axes qui sont indiqués là-dans clairement qui seront la base du gouvernement qui sera mis en place. Il y aura un dialogue nation inclusif, qui n’occultera aucun problème du pays.

Il y a l’engagement que les conclusions de ce dialogue national seront mises en œuvre. Nous allons ensemble conduire les réformes politiques et institutionnelles dont ce pays a besoin pour conforter la démocratie, pour conforter la république.

Je crois que nous avons ici les conditions de grands pas en avant pour notre pays. Ensemble, nous allons nous pencher sur l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale, sur son indispensable appropriation par les Maliens. Nous allons nous pencher sur la situation au Centre du pays.

Moussa Ag Acharatoumane, signataire de l’accord pour la Paix : « Tout laisse un bon espoir »

Si je m’en tiens aux propos du Premier ministre, oui ! Tout cela laisse un bon espoir pour des lendemains meilleurs à notre pays, car il en a vraiment besoin.

Si cela peut aider à calmer la grogne sociale Bamako, oui ! Cela va permettre au gouvernement de concentrer ses efforts sur la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.

Rassemblées par Cyril ADOHOUN

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2 COMMENTAIRES

  1. Le groupe Niogolon 2019 de Boubou Cissé

    Un Accord politique avec des hommes et femmes représentant des formations politiques qui n’existent que de noms et qui n’ont aucune base électorale fiable et avérée, c’est la nouvelle trouvaille théâtrale de Boubou Cissé le nouveau premier ministre malien à la recherche de ministres pour constituer un gouvernement « d’union nationale » selon IBK.

    La nation malienne est constituée des populations et ces populations accordent leur crédit et leur confiance à des partis politiques lors des élections générales.

    Les hommes et des femmes qui n’ont aucune base électorale avérée ne peuvent pas se targuer de signer quoi que se soit au nom d’une nation, au nom des maliens puisqu’ils ne les représentent pas.

    Donc ce qu’a signé Boubou Cissé à la primature hier jeudi 2 mai 209, ce n’est pas un accord politique pour unir le Mali c’est un accord politique de façade qui n’a aucune aucune substance nationale fiable car la panoplie de politiciens qui l’ont signé ne représente pas le peuple malien sur le plan électoral.

    Ils représentent eux mêmes.

    Si Boubou croient que cela va l’aider à avoir une adhésion populaire et nationale derrière lui il se met tout seul le doigt dans l’œil.

    Pour avoir une adhésion populaire il faut qu’il s’attaquent aux préoccupations du peuple malien.

    Ces préoccupations sont claires et nettes: sécurité, emploi, pouvoir d’achat, éducation, santé, développement des infrastructures routières, électricité, logement, transport, cadre de vie, télécommunications, etc.

    Il faut un gouvernement de travailleurs honnêtes et dévoués au pays qui ne volent pas l’argent public et privé et ne font pas semblant de travailler pour le Mali.

    Il faut un renforcement de l’armée et des services de police du pays par l’équipement, la formation continue, Le logistique, le renseignement, la bonne gestion des carrières et des avancements en grades ainsi que la discipline et sens du service pour le Mali.

    Il faut lute implacable contre la corruption et le gaspillage des ressources financières et matérielles de l’état malien.

    Il faut des hôpitaux dignes, bien équipés avec un personnel soignant et des médecins bien qualifiés ainsi que des médicaments adorables.

    Il faut des usines et des entreprises privées et publiques pour résorber le chômage de masse des jeunes maliens et leur donner espoir de pouvoir vivre dignement du fruit de leur labeur.

    Il faut des écoles, des lycées, des universités, bien équipées en laboratoire, en ateliers, en bibliothèques, en salles de classes suffisantes ainsi que des professeurs bien formés et des programmes d’études bien adaptés au marché du travail pour assurer une bonne éducation et un espoir de retrouver de l’emploi pour des millions de jeunes maliens.

    Il faut des routes goudronnées, des chemins de fer pour réduire le coût du transport dans le pays et faciliter le déplacement des personnes et des marchandises dans un pays vaste, de l’électricité à un prix adorable, de l’eau potable partout.

    Pour faire tout cela, il suffit de bien gérer l’argent public et mettre fins aux vols des ministres, du président de la république, des fonctionnaires, des agents des collectivités locales, des hauts gradés de l’armée, de la gendarmerie, de la police, des douanes, des impôts, des finances, des commerçants par les surfacturations des marchés publics, les exonérations inutiles, les pots de vins, les trafics de terrains et du foncier, etc.

    Pour mettre fin au vol de l’argent public il suffit d’être courageux et de faire actionner le justice du pays en obligeant les juges de comparer les salaires de chaque ministre et fonctionnaire ou agent public avec les biens immobiliers et mobiliers qu’ils possèdent.
    Comment des fonctionnaires qui ont moins de 400 000 FCFA par mois de salaires peuvent-ils avoir des villas de 50 000 000 de FCFA en moins de 10 ans de service où plusieurs villas et vergers de plusieurs dizaines de millions en une carrière?

    Comment peuvent-ils envoyer leurs enfants dans les universités canadiennes et américaines avec des frais d’inscription de plus de 20 000 dollars US par an?

    Comment peuvent-ils assurer leurs frais de santé et d’hospitalisation au Maroc, en Tunisie, en Turquie, en France, etc?

    Comment peuvent ils tous les temps envoyer leur femmes accoucher à Miami, Milan, Paris, Washington et Philadelphie?

    Comment peuvent ils circuler dans des véhicules 4×4 de plus de 40 millions de cfa?

    Voilà la réalité du Mali d’aujourd’hui.

    Et face à ces voleurs de la nation, c’est la misère populaire partout au Mali, c’est les maladies partout, c’est des routes défectueuses partout, c’est des enfants mal formés ou déscolarisés partout, c’est obscurité partout en absence d’électricité à un prix adorable ou des délestages de l’EDM faute de production d’électricité suffisante pour le pays, c’est l’insécurité partout, c’est l’injustice partout, c’est la poussière partout, cnest les mouches et moustiques partout.

    Ce mal populaire, le peuple malien le vit dans sa chair et tous les jours.

    Ceux qui se sont rassemblés devant Boubou pour signer son papier du grand théâtre Niogolon 2019, ne représentent pas les maliens, ils représentent eux-mêmes et n’ont rien à faire des problèmes du Mali, ils cherchent juste des postes ministériels et autres avantages indus pour continuer à voler l’argent public du Mali comme par le passé.

    Donc attention Boubou, ton grand théâtre n’est pas la solution que le Mali attend d’un premier ministre pour sortir de la crise.

    A bon entendeur…

    … Salut

    Kassin depuis Paris

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