Billet : L’avion de la discorde

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Facturé - taxiIl aurait pu, en tant que signe de la réaffirmation de la souveraineté du Mali meurtri en 2012-2013, être l’aéronef de la renaissance du pays. Hélas, il devient l’avion présidentiel qui aura fait couler beaucoup de salive et d’encre. Dans l’histoire du monde, c’est véritablement l’achat d’un aéronef qui aura suscité le plus de discussions, de réserves, de critiques. L’opinion publique malienne s’y adonne à cœur joie au point que Rfi n’a pas pu s’empêcher de consacrer à ce sujet une de ses émissions de débat entre les auditeurs.

 

Ceux qui désapprouvent l’opération étant largement majoritaires au sein d’une opinion publique de plus en plus exigeante. Les Maliens dénoncent plus l’inopportunité et l’opacité de la procédure de l’achat de l’appareil que la nécessité pour le pays d’en disposer à court ou moyen terme. En brandissant le contexte d’assistance d’un Mali convalescent où tout est prioritaire avec des réfugiés dans le dénuement le plus frustrant, des communautés entières privées d’eau et d’autres services sociaux de base, des milliers de jeunes sans emploi, on peut légitimement penser que les 20 milliards qu’ont coûté cet aéronef pouvaient être mieux dépensés. C’est cela qui a fait monter au créneau le FMI, qui venait d’accorder des facilités de crédit au Mali, l’un des pays les plus pauvres de la planète, selon les classements du PNUD.

 

 

Classé 182ème pour son indice de développement humain seulement devant des pays comme le Tchad, le Mozambique et le Niger, le pays pouvait bien se contenter pour quelques années encore de l’ancien avion présidentiel utilisé par ATT mais aussi par les autorités de la transition. D’autant que ledit avion a été révisé à hauteur d’un milliard et demi de F CFA aux Etats unis en 2012 tout près, si l’on en croit l’information livrée par la «radio mondiale».

 

Une chose est sûre : au Mali que des milliers de citoyens meurent de faim. D’autres ont toutes les difficultés à s’offrir un seul repas journalier. Des travailleurs ont des montagnes de doléances. Ce même Mali peine à recouvrer sa souveraineté sur une partie de son territoire avec son armée largement sous équipée…

 

Et sont   décidé de s’offrir un nouvel avion de…luxe, à prix d’or. Et c’est cela la pomme de la discorde !

 

 

Bruno D. Segbedji 

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2 COMMENTAIRES

  1. C’est la fuite en avant. Jusqu’au mur. Il ne peut en être autrement pour des gens pris en faute et qui, pour nier cette faute, volent de mensonges en mensonges, les unes aussi peu crédibles que les autres. Sinon comment comparer cet avion à un avion de Commandement pour un pays qui n’a plus de flotte aérienne militaire?L’avion acheté par le “bourgeois” est un avion civil. Jusque là, il n’a servi qu’à des besoins civils. Confondre cet achat avec une dépense de type militaire pour expliquer qu’il ne respecte pas les règles du marché public c’est prendre des maliens pour des idiots. Comment une telle analyse peut-elle venir d’un Ministre de la République??? Pense-t-on ainsi convaincre les gens du FMI? Mon Dieu! nous sommes perdus…Et on n’a même pas encore abordé un autre problème de taille : Combien cet avion a-t-il réellement couté? Comment un PM peut-il parler d'”intermédiaires”?

  2. Des véritables bandits sont entrain d’endetter le mali en s’offrant du lux. des bandits de grand chemin comme mara ibk sont entrain de detourner l’argent du peuple malien. an tè an ta yafa

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