Chronique du web : L’hiver et le retour à la guerre froide

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En cette période de l’année, certains Etats dans la partie septentrionale de la Fédération américaine vivent des températures hivernales d’une extrême sévérité. A Chicago, 3ème ville du pays, dans l’Etat de l’Illinois, des records historiques de -50° ont été atteints, pour un ressenti de -60°. Le Lac Michigan qui arrose la ville a complètement gelé et offre un spectacle digne du paysage de l’Arctique.  A Cotton, dans le Minnesota, le thermomètre s’est affolé carrément et a affiché -56° en fin de semaine

Ces températures extrêmement rudes sont exacerbées par le blizzard, vent violent hivernal qui souffle sur le Nord des USA et le Canada. Conséquence, l’économie des Etats du Nord est presque à l’arrêt, les écoles sont fermées, les voies ferrées et les aéroports fortement perturbés et des victimes qui se comptent déjà par dizaines.

Cette vague de froid historique qui s’abat sur les Etats Unis n’impacte-t-elle pas le mental des citoyens ? Je suis de ceux qui prendraient le risque très grave de répondre à cette question par l’affirmative. Et qui, en conséquence, ne sont guère surpris de l’annonce, le vendredi dernier, par le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, du retrait des USA du pacte historique de contrôle des armes nucléaires (INF pour Intermediate-Range Nuclear Forces Treaty) avec la Russie, signé le 08 décembre 1987, à Washington DC, par le président américain Ronald Reagan et le Secrétaire général du Comité central du PCUS Mikhaïl Gorbatchev. Tout cela ne nous rajeunit pas et ne dit presque rien à la majorité des lecteurs de cette chronique nés après la chute du Mur de Berlin en 1989.

Allons-nous revivre un nouveau chapitre de glaciation des relations internationales avec pour conséquence directe la relance de la course à l’armement ? Cette fois-ci, je n’ai pas envie de franchir le Rubicon, même si la qualité de ceux qui sont aux affaires à Washington ne m’inspire aucune confiance. Trump et ses amis sont des gens particulièrement instables qui excellent dans la victimisation permanente ; à la bouche, ils ont une subtile accusation qui les incline à vouloir rebattre les cartes internationales et donc à refaire le monde dont le centre incontesté serait Washington. Entre nous, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le centre du monde a-t-il jamais quitté Washington, qui a pensé et mis en œuvre la doctrine de la guerre froide ? L’URSS et la Russie d’aujourd’hui, son héritière, ont donné l’illusion de lui tenir la dragée haute, mais ne sont-elles pas passées par les cases effondrement et recomposition ? La Russie de poutine ne court-elle pas derrière un prestige d’antan en s’abreuvant à la sauce d’un nationalisme de bas étage et adepte d’un leadership brutal qui confine au culte de la personnalité ?

Comme on le dirait de façon triviale, « on est mal barré » avec un Donald Trump imprévisible à la Maison Blanche et un Vladimir Poutine roublard comme un Sioux au Kremlin. Ce tandem qui dicte la direction et la cadence des relations internationales n’est pas fait pour rassurer, et après l’annonce de la fin de la semaine dernière, je crains que chaque camp, soutenu par ses satellites, comme à l’époque de la guerre froide,  ne bombe le torse, bande ses muscles et cherche la confrontation. Mais comme l’ont toujours soutenu les stratèges des relations internationales, l’équilibre de la terreur est la meilleure garantie contre un conflit nucléaire. Trump a certes à la Maison Blanche un bouton (nucléaire) plus gros que celui du trublion nord-coréen, comme lui-même s’extasiait à l’affirmer du temps où il jaugeait ce ténébreux leader, mais pour autant, est-il prêt à appuyer dessus pour envoyer des ogives nucléaires se balader à Pyongyang ou à Moscou ? Je ne le crois pas !

Que Mike Pompeo « … informe la Russie et les autres parties au traité que les Etats-Unis se retireront du traité INF, avec effet dans six mois » ou que Donald Trump déclare que son pays « ira de l’avant dans le développement de ses propres options de réponse militaire » ne valident pas forcément la relance de la course à l’armement. Le pays s’autorise à franchir un seuil psychologique espérant que des lignes correspondantes bougeront dans le camp d’en face dans le sens souhaité.

Entre nous, le monde n’a-t-il pas mieux à faire que de s’engager dans une course à l’armement qui engloutirait des centaines de milliards de dollars et menacerait l’espèce humaine de destruction totale ? Rien ne justifie une nouvelle course à l’armement qui, en définitive, ne serait que l’expression de la vulgaire vanité de leaders de piètre qualité entrés par effraction dans l’histoire

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