Entre Nous : Le paradoxe malien

Le paradoxe au Mali, c’est que l'atmosphère de malaise qui y prévaut actuellement n'existerait pas si la Constitution de 1992 avait été suspendue, celle de 2023 non encore initiée, les institutions dissoutes. Et le coup d'Etat assumé.

22 Mai 2025 - 13:47
3
Entre Nous :  Le paradoxe malien

Le président de la Transition avait mis en place deux commissions de rédaction d’une nouvelle Constitution. Dirigées par Pr Fousseini Samaké, ancien Secrétaire général du Gouvernement et ex directeur général de l’Ecole nationale d’administration, ces commissions ont élaboré un avant-projet, puis un projet de loi fondamentale. Lequel projet a été directement soumis au référendum des Maliens par le Chef de l’Etat, sans même passer par le débat au niveau du Conseil national de Transition (CNT). À l’issu du scrutin organisé à cette fin le 18 juin 2023, le texte a été largement adopté avec 96,91% des électeurs qui se sont prononcés pour le « oui ». Le taux de participation a été de 38,23%.

L’adoption de cette Constitution, immédiatement suivie de sa promulgation, le 22 juillet 2023, donnaient en principe le coup d’envoi du retour à l’ordre constitutionnel avec la mise en place des institutions de la 4è République. Selon l’article 45 de la Constitution du 22 juillet 2023, « le Président de la République est élu pour un mandat de cinq (05) ans, au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une seule fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux (02) mandats de Président de la République ».

Le 10 juin 2021, suite au coup d’Etat dit de ‘’rectification’’ contre le Président de la Transition Ba N’Dao, le Colonel Assimi Goïta a prêté serment, devant la Cour suprême du Mali, en qualité de Président de la Transition. Devant Dieu et le peuple malien, il a juré de « respecter et de faire respecter la Constitution et les lois ».

Pourtant, il y a quelques jours, en avril 2025, les concertations dites des forces vives organisées par les autorités, ont ‘’recommandé’’ de donner directement le titre de Président de la République au Président de la Transition avec un mandat de cinq renouvelable sans passer par le suffrage universel. Tout comme au Burkina et au Niger. A la différence de taille que ces deux pays de l’Aes ne sont pas passés par des tergiversations ! Mais au Mali, une telle option serait une flagrante violation de la Constitution, dont aucune disposition ne prévoit de nommer ou de désigner le Président de la République. Le locataire de Koulouba ne porte ce titre que s’il est élu par ses concitoyens en se soumettant à leur suffrage !

Voilà le paradoxe au Mali engagé, croit-on savoir, dans un processus dont la finalité est sa refondation, synonyme de renouer avec ces valeurs et principes inspirés de la vertu qui faisaient naguère la réputation de ce grand pays. Le processus devrait aboutir à ce qu’on a dénommé le ‘’Mali kura’’.

Mais le moins que l’on puisse constater, telle une évidence qui crève les yeux, est que certains Maliens ont un «incroyable talent» pour encourager le viol de « l’acte fondateur du Mali kura pris souverainement par le peuple malien ». Ils auront de la peine à convaincre que c’est cela leur compréhension de la refondation, tant espérée dans ce pays depuis belle lurette.

Notre pays, jusqu’à preuve du contraire, fait partie des 152 républiques sur les 197 officiellement recensées en 2021. Que valent donc les voix de 3 208 230 Maliens, qui ont massivement adopté la Constitution du 22 juillet en votant «oui» au Référendum du 18 juin 2023 ? Les délégués aux concertations des forces vives leur dament-ils le pion en terme de légitimité? Quelle image les acteurs de la Refondation renvoient-ils ainsi en acceptant la violation de la Constitution ? Où est donc la rupture avec les pratiques anciennes ?  Le Président de la Transition cédera-t-il aux chants de sirène ?  

Le succès de toute œuvre humaine reste tributaire de la manière de faire, et aussi de l'exemplarité de ceux qui le font.

Chiaka Doumbia

 

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 2
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 2
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (6)

User
Sangare
Sangare 1 an
MaliMali Libération? Vos puchistes sont entrain de favoriser les ennemis du Mali. Ils se disent souverains alors qu'ils sont soumis à POUTINE. Sans son soutien les ennemis vont gagner comme en 2012. Ce qui intéresse les puchistes, ce n'est pas le Mali,mais le pouvoir. Ils pensent naïvement que POUTINE peut les aider à garder le pouvoir. LA LIBÉRATION DU MALI EST LE CADET DE LEURS SOUCIS!!! L'irresponsabilité liée à la soif de pouvoir va permettre aux séparatistes de récupérer les terroristes revendiqués pour toujours. Ce sont les puchistes qui ont favorisé la prise des deux tiers du territoire national en 2012,permis l'intervention humiliante de l'armée française. Maintenant les puchistes vont permettre aux séparatistes d'avoir ce qu'ils ont toujours voulu sans l'avoir. Ils ont toujours espéré du fait d'un autre autre puchiste l'officier subalterne MOUSSA TRAORE qui a empêché la construction d'une armée en cours depuis le début de l'indépendance. Les puchistes sont le malheur de ce pays!!
Sangare
Sangare 1 an
Nous devons partir du postulat qu'on a favorisé le retour des militaires au pouvoir en échouant à mettre en place des réformes politiques nécessaires à temps voulu. ALPHA OUMAR KONARE a tenté de réformer sans y parvenir, ATT a manœuvré sans avoir la volonté réelle de réformer. Le coup d'Etat qui l'a éjecté a acté le retour des ennemis de la démocratie. IBK A ÉTÉ UN ALLIÉ DE MOUSSA TRAORE. Il a exercé le pouvoir avec ce dernier au constat des éléments fidèles au régime de l'UDPM dans les fonctions stratégiques. LE RETOUR DES ENNEMIS DE LA DÉMOCRATIE MALIENNE DATE DU COUP D'ETAT CONTRE ATT. IBK a manœuvré pour imooser son fils. Les puchistes qui l'ont imposé au sommet de l'Etat sont revenus au pouvoir après avoir été écartés à la faveur de la mésentente entre IBK et MOUSSA DIAWARA, celui par le lien duquel il a pu avoir le soutien des SANOGO. ASSIMI GOITA incarne l'esprit des puchistes de 2012 qui consiste à ne jamais faire confiance à un homme politique au constat de l'échec de l'expérience IBK. CE SONT DES DÉLINQUANTS, DES CRIMINELS QUI SONT AU POUVOIR. Ils sont les auteurs de l'assassinat osé des BERETS ROUGES. Ils ont commis une récidive en assassinat SOUMEYLOU BOUBEYE MAIGA. N'espèrer rien de ces gens là!!! C'est dans la normalité qu'ils fassent tout pour plomber le processus démocratique entamé en mars 1991. Les actes irresponsables et criminels qu'ils posent vont finir par obliger soit la communauté internationale à intervenir, soit au peuple malien de payer le prix du sang comme en 1991. Wait and see!!!
MaliMali
MaliMali 1 an
-- Lire dans mon message précédent---" un pays pour lequel vous ne faites aucun effort pour que ceux qui le dirigent réussissent---"
MaliMali
MaliMali 1 an
Calmez-vous, Monsieur le soi-disant démocrate ! En lisant vos écrits, on voit tout de suite de quel bord vous venez. Votre classe politique de 1992-2002 a été à l'origine de tous nos malheurs, alors s'il vous plaît, ne falsifions pas notre histoire car elle est toute récente et est connue de tout le monde. Il semble que vous souffriez d'un manque de perspectives politiques, je vous conseille donc de trouver une autre source de revenus que de compter sur des activités politiques. Vous rabâchez sans cesse le mot « DÉMOCRATIE ÉLECTORALISTE » comme si c'était une fin en soi ou le seul système pour se développer; le développement harmonieux étant la fin de tout système choix des dirigeants dans un pays . Le pire est que vous vous réclamez d'un pays pour lequel vous ne faites aucun effort pour que ceux qui dirigent le pays échouent, et cela juste pour satisfaire vos désirs. Est-ce cela la nature de l'Homme malien ? Pire, vous souhaitez que la communauté internationale intervienne. Mais de quelle communauté internationale parlez-vous ? De celle qui est devenue amorale et qui accueille des chefs terroristes dans ses palais, ou de celle qui ferme les yeux sur ce qui se passe au Moyen-Orient ou celle qui a fermé les yeux apres la destrcution du bateau Tombouctou ou encore celle qui laisse certains pays finacés le terrorismes? Ne voyez pas que ceux qui sont en face de nos armées sont aussi armés et qu´ils ne sont pas des innocent-e-s á mains nues? Avons-nous la mémoire trop courte pour nous souvenir de ce qui s'est passé dans notre notre pays à cause de la présence de cette communauté internationale ? Une bonne fois pour toutes, il faut accepter que les choses dans ce pays ne seront plus ce qu'elles étaient à votre époque, et qu'aucune communauté dite internationale n'y changera rien. Il s'agit de l'évolution naturelle des choses dans la vie d'une nation et des générations qui la constituent. Enfin, si nous ne pouvons pas nous joindre à la lutte de libération, degrace, restons en retrait, taisons-nous et regardons tout en prenant des notes. Peut-être aurons-nous en ce moment à cœur de raconter à nos petits-enfants comment certains ont été des traîtres lorsque les Maliens luttaient pour leur libération.
Kinguiranke
Kinguiranke 1 an
Assimi Goita President de la Republique jusqu'en 2030 et si necessaire jusqu'en 2035 meme chose pour le President Ibrahim Traore et le President Abderahmane Tiani! N'en deplaise a Chiakani!
malomali
malomali 1 an
On ne dit pas président mais dictateur dans ce cas. Et ce ne sera pas 2035 mais ad vitam eternam, enfin jusqu'au prochain coup d'état qui arrivera forcement, à moins que ce ne soient les terroristes qui instaurent la charia dans le pays entier, on va s'éclater ! Mesdames, merci de ne plus aller à l'école en prévision de ce qui arrive.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (131)
  • Nfp (70)
  • Kankan (47)
  • Citoyen du monde (36)
  • Sissoko (28)