Mot de la Semaine : Turbulence

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CSTM : la grevé inévitable ?

Après deux ans et huit mois d’accalmie et cela en dépit des bourdes et des errements commis par le régime en place, le Mali renoue désormais avec les grandes marches, les grèves d’une certaine ampleur et autres manifestations. Ce sont là, des signes évidents d’un mécontentement profond et généralisé. Il semble que nous entrons véritablement dans la zone de turbulence, à deux ans et deux mois des prochaines élections présidentielles et législatives. L’une des principales centrales syndicales des travailleurs du Mali en l’occurrence, la CSTM, après une grève de 48 heures bien suivie, projette d’organiser une marche pour dénoncer la mal gouvernance, la corruption et la gestion clanique et familiale du pouvoir.  L’Opposition républicaine, elle aussi, vient d’enfoncer le clou. Ainsi après avoir protesté contre l’adoption de la loi sur les autorités intérimaires, elle vient de claquer la porte lors de la rencontre entre le ministre de l’administration territoriale et les partis politiques, le mardi 12 avril 2016. Après avoir lu sa déclaration, elle tiendra un point de presse sitôt le lendemain à la Maison de la presse pour informer l’opinion nationale et internationale  sur sa position sur les grandes questions brûlantes de l’heure. Selon le conférencier, l’ancien ministre Djiguiba Keita dit PPR, principal animateur de ce point de presse, une grande marche sera organisée le 23 Avril 2016  pour dénoncer les tares du régime qui sont entre autres la corruption, la gestion de la crise au nord du Mali, la loi sur les autorités intérimaires qui portent les germes de la partition du Mali, le chômage des jeunes et le manque de vision du gouvernement à faire face à la crise socio-politique. Que dire du bras de fer entre les établissements financiers et la justice sur la rocambolesque affaire dite de « Cissé Technologies ». Comme pour dire aux autorités que le plus tôt serait le mieux pour régler les problèmes et avant qu’il ne soit trop tard. Le malaise social est à un point si culminant qu’il nécessite une prise de conscience rapide et un esprit d’anticipation pour  minimiser les dégâts. Pour rappel, toutes les grandes révolutions qui ont secoué le monde en cette fin du 20e siècle, ont souvent commencé par des faits divers jugés banals, mais qui ont fini par aboutir à de véritables insurrections populaires. L’exemple de  la Révolution du 26 Mars 1991 au Mali en est une parfaite illustration. La première marche contre le « Mali sous Moussa Traoré » a été organisée par l’AJDP, l’Association des jeunes pour la Démocratie et le Progrès, dont les membres furent qualifiés en son temps de « fous de la démocratie ». La suite est connue, ce fut un embrasement général qui aboutit finalement au coup d’Etat le 26 Mars 1991. Les mêmes acteurs étant toujours là, il est à craindre que les mêmes causes finissent par produire les mêmes effets.

Youssouf Sissoko                                                                                          [email protected]

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1 commentaire

  1. Franchement les maliens et le Mali ne peuvent ni ne doivent rien attendre d’IBK
    IBK est un ennemi du Mali

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