Gouvernance politique : Les positionnements pour l’après IBK ont déjà commencé

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IBK semble éreinté déjà par ses 75 ans bientôt d’activités politiques engagées au haut niveau. La crise multiforme que traverse le pays l’a plus ou moins contraint à faire confiance à son Premier ministre, qui doit …faire le miracle. Ce qui incite les alliés politiques, mais aussi les adversaires à …se chercher le plus tôt possible !

Maliweb.net A travers son Accord politique de gouvernance du 2 mai 2019 et ses approches visant à affaiblir certains partis politiques en faveur d’autres, le Premier ministre ouvre larges les dynamiques de positionnements pour l’après IBK. Et des ténors comme Soumeylou Boubèye Maïga ne se font pas prier pour prendre de l’avance sur des concurrents comme Soumaïla Cissé de l’URD, Modibo Sidibé des FARE Anka Wuli, Cheick Modibo Diarra du RpDM, Aliou Boubacar Diallo de l’ADP-Maliba… Ces derniers jurent de se battre pour faire échouer la deuxième prorogation du mandat des députés, la révision de la Constitution sans une large concertation, le découpage territorial en chantier, etc. Ces éléments de divergence suscitent des sortes de replis identitaires par affinité.

En l’espace d’une semaine, les jalons de deux nouveaux regroupements politiques ont été posés dans le microcosme national : l’ARP de Tiéman Hubert Coulibaly et le pôle ADEMA-ASMA en phase de création. Sans compter que l’on annonce que des rapprochements sont en examen entre les partis opposés à la prorogation du mandat parlementaire tels que le RpDM.

Du côté des alliés du pouvoir, après avoir œuvré à la réélection d’IBK pour un second et dernier quinquennat l’année dernière, les alliés politiques du chef de l’Etat commencent à rêver d’un air d’affranchissement pour voler de leurs propres ailes. Surtout que le locataire du palais de Koulouba semble avoir laissé les manettes de la machine du pouvoir à son Premier ministre apolitique, dr Boubou Cissé

Selon certaines sources, de nombreux partis politiques ont été sérieusement frustrés par  la formation du  gouvernement de Dr Boubou Cissé. « L’on ne comprend pas que deux gouvernements successifs se constituent sans l’UDD », fulmine un cadre du parti de Tiéman Hubert Coulibaly. Et d’ajouter que le parti de la Colombe blanche ne compte aucun ministre ou haut fonctionnaire actuellement en fonction. Et ce cadre de protester qu’il faut que cela change. Pour lui, même si l’UDD ne va pas s’opposer à IBK, il, n’y a pas de raison que le parti ne réfléchisse à prendre toute son autonomie et à s’inscrire dans un regroupement il sera plus proactif.

Plusieurs autres responsables de la majorité n’hésitent plus à dénoncer  à demi-mot leur marginalisation dans la gestion des affaires de la cité. Ils expriment le manque de considération pour les partis politiques dans l’attelage institutionnel du pays. Ils ne comprennent pas pourquoi, ils ne sont pas les premiers interlocuteurs du pouvoir dans le processus de prise des grandes décisions. Par exemple, pourquoi la dernière prorogation du mandat des députés a été décidée sans les avoir consulté au préalable ? Pour le processus de relecture de la Constitution avait été enclenché avec un comité de révision dirigé par un cadre de l’ADEMA-PASJ sans leur avis ? Pour certains acteurs politiques alliés du pouvoir, sur la soixantaine de partis politiques composant l’EPM, moins de dix sont  considérés et sont présents dans le gouvernement. « Nous devons alors bouger ou nous faire piétiner ou écrasés » a ironisé un cadre de l’UDD, qui apprécie la création de l’alliance ARP, Action Républicaine pour le progrès (ARP) dirigée par Tiéman Hubert Coulibaly. L’ARP faut-il le rappeler, est composée de l’Union pour la  Démocratie et le Développement (UDD), Mouvement pour le Mali (MPM), des Forces Alternatives pour le Changement (FAC), du Parti Malien pour la Démocratie Sociale (PMDS), du Mouvement Mali Emergence (MME), l’Union pour le Mouvement Populaire de Changement (UMPC), de l’Union des Patriotes  pour la République (URP), l’Association Jeunesse et Alternance (AJA), du Parti pour le Peuple Malien (PPM) et de l’Alliance pour la promotion et le développement du Mali (APDM-Equité).

Il faut dire que le leadership du président de l’EPM, Dr Bokary Tréta, président du RPM, est depuis un moment contesté, l’homme n’ayant pas de très bonnes relations avec le président de la République. Surtout qu’il sétaoit personnellement investi dans la préparation d’une motion de censure contre l’ex-premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga. Dr Tréta aurait découragé l’éventuelle nomination de certains de ses pairs de l’EPM au sein du gouvernement. Ce qui aurait mis des leaders comme Ibrahim Bocar Bah de l’UM-RDA et Oumar Ibrahim Touré de l’APM dans un courroux difficilement digérable.

Cette situation pousse les uns et les autres à se chercher dans différents autres positionnements dans la perspective de « mieux resserrer les liens » afin d’affuter les armes pour affronter les défis électoraux à venir. Les lignes bougent déjà en sourdine et certains masquent vont tomber plus tôt que l’on ne le pense.

Boubou SIDIBE /Maliweb.net

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1 commentaire

  1. IBK est affaibli comme peut il affaiblir d’autres ? Quelqu’un qui a passé 6 ans sans vision , autrement dit qui ne sait pas où aller , ne peut nuir à personne . N’ayant pas été élu par le seul parti RPM, faisant économie de son élection en 2013 par la majorité des électeurs , les maliens ont connu l’homme qui ne peut rien changer dans le destin d’une nation , pardon ! il ne peut rien changer de positif dans le destin d’une nation. Je crois que les maliens en général sont soucieux de voir comment IBK arriverait au terme de son deuxième et dernier mandat . Sa succession se décidera sans lui . Il fera des deux mandats sans faire du Mali, un havre de paix .

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