Les plaies du régime ATT

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Plébiscité, il y a huit ans, par les Maliens déçus par une décennie de règne Adema, ATT dispose, désormais, d’un an et demi, pour reconquérir ses galons de « héros national ». Un an et demi, pour soigner les plaies de son régime qui frôlent la gangrène : corruption, népotisme, gabegie, délinquance financière…  

 

Amadou Toumani Touré a inscrit ses initiales (ATT) dans l’histoire de notre pays le jour où, accompagné d’une poignée d’hommes, il met fin à la dictature du Générale Moussa Traoré. Ce jour-là, ATT et ses compagnes d’armes, avaient été portés par une foule en liesse. Ce jour-là, ATT est devenu un « héros national ».

 

Porté à la tête de la Transition, ATT conduira les affaires de l’Etat jusqu’aux élections, les premières démocratiques. Avant de céder le pouvoir, comme promis, à celui qui en était déclaré vainqueur. Un acte de haute portée historique, en Afrique noire.

 

Pour nombre d’analystes et d’observateurs politiques, ATT est quelqu’un de « bon », qui aime son peuple et son pays. Surtout un homme de parole.

 

Son élection à la magistrature suprême, en 2002, n’a pas surpris. Bien au contraire. C’était prévisible, d’autant plus qu’après 10 ans de pratique démocratique, la déception était visible sur les visages des Maliens. Pour nombre de nos concitoyens, l’espoir suscité par la révolution de mars 1991, s’est estompé, laissant  place au scepticisme. Le « mouvement démocratique » a vite oublié les souffrances et les aspirations du peuple. Préférant s’occuper de lui-même que de la population. Des pratiques sous le régime de « GMT », apparaissent au grand jour sous l’ère démocratique : corruption à ciel ouvert, népotisme, accaparement des ressources de l’Etat par une classe privilégiée… En dix petites années, le régime Adema a créé de toutes pièces plus d’une trentaine de milliardaires au Mali. Roulant dans des voitures de luxe, construisant des appartements de grand standing ; De nouveaux riches bedonnants, qui narguent le peuple avec leurs richesses mal acquises.

 

Alors que la classe politique s’entredéchirait autour de la mangeoire, le peuple souffrait, se lamentait et, finalement, s’était résigné sur son triste sort. En attendant le « messie ».

L’espoir déçu ?

ATT était ce « messie ». L’homme providentiel qui pouvait changer le cours des choses. « Le héros du 26 mars » a été tiré de sa « retraite », pour sauver le bateau malien qui tanguait. Dangereusement. L’espoir suscité par son retour, était tellement immense, qu’une grande partie de la classe pourrie- tique, hostile à son retour, a dû se résigner. Avant de s’aligner derrière sa candidature.

 

Le premier quinquennat du président ATT a été placé sous le signe de la « gestion consensuelle du pouvoir ». Chose qu’il a réussie. Ou presque. Son second mandat, a été placé sous le signe de la construction nationale, avec le PDES (programme de développement économique et social), comme feuille de route.

 

Ce second et dernier quinquennat voit se construire de nouvelles infrastructures. Mais la construction de « l’homme malien », fait défaut. Pendant que le pays se construit, le Malien, lui, se détruit, se pervertie encore plus qu’il ne l’était au lendemain de l’indépendance.

 

Sous le régime d’ATT, les pratiques malsaines (corruption, détournement de deniers publics, népotisme, laisser-aller, insouciance et inconscience…) se sont accrues. Ce qu’on a reproché au régime précédent, s’est révélé au grand jour, sous le régime actuel.

 

Faut-il se convaincre que la démocratie, au Mali, n’a servi, qu’à une classe de privilégiés, les princes du jour ? Faut-il conclure que, même ATT, notre « héros national » ne s’est pas préoccupé des causes réelles de la souffrance du peuple ?

Aimé

 

 

 

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