L’opposition face à la presse : « La politique de la chaise vide est une arme de résistance à des pratiques inadmissibles » dixit Djiguiba Keïta

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Djiguiba Keita PPR
Djiguiba Keita PPR

Une fois n’est pas coutume, dit-on. Fidèle à son devoir d’informer l’opinion nationale et internationale , l’opposition politique se déclarant républicaine et démocratique, a au lendemain du départ de ses représentants de la salle de réunion du cadre de concertation Ministre de l’Administration Territoriale et Présidents de partis politiques le 12 avril 2016,organisé une conférence de presse à la maison de la presse pour exprimer son ras-le –bol sur des  questions d’intérêt général qui, estime-t-elle la préoccupent sérieusement. Il s’agissait pour le conférencier, Djiguiba Keïta, secrétaire général du PARENA, d’entretenir les médias sur les raisons qui motivent le  refus de l’opposition de participer aux activités du cadre de concertation opposition/majorité présidentielle ; son retrait du cadre de concertation entre le ministre de l’Administration Territoriale et les présidents de partis politiques  ; la saisine de la Cour Constitutionnelle aux fins de contrôle de constitutionnalité de l’institution des autorités intérimaires et enfin  l’organisation d’une marche prévue le samedi  23 avril 2016 pour dénoncer les dérives du régime(finalement reportée). Le conférencier communément appelé PPR avait à ses côtés l’ancien ministre des Sports, Maître Boubacar Karamoko Coulibaly de l’URD, l’honorable Daouda Diakité, secrétaire général adjoint de l’URD, Mama Sanogo, premier-vice-président du PS Yelen coura, Nouhoum Togo du PDES.

Abordant le volet du son refus de participer aux activités du cadre de concertation opposition/majorité présidentielle, Djiguiba Keita a  déclaré que : « nous avons été désagréablement surpris d’entendre le secrétaire du principal parti de la majorité présidentielle, le RPM, accuser publiquement vers fin mars l’opposition politique d’être en train de préparer un « coup d’Etat » contre le président de la république et les institutions pour le 26 mars 2016. Nous avons écrit au président de la majorité  présidentielle pour nous indigner de l’attitude du secrétaire général du RPM et conditionne la reprise du dialogue à l’administration de la preuve du complot et de l’identification de ses auteurs par l’accusateur, ou à défaut, la présentation d’excuses publiques  à l’opposition, qui au demeurant ne s’est jamais départie de son attitude légaliste, républicaine et démocratique ».

S’agissant de la saisine de la Cour Constitutionnelle aux fins de contrôle de constitutionnalité de l’institution des autorités intérimaires, PPR souligne que l’article 98 de la Constitution qui dispose « les collectivités s’administrent librement par des conseils élus et dans les conditions fixées par la loi » a été violée. Selon lui, prescrire dans la loi le remplacement de conseils élus par des organes dont les membres sont nommés par le pouvoir central consacre une mise en cause du principe de la libre administration par le législateur au profit de la décontraction.

En ce qui concerne, du départ de ses représentants de la salle de réunion du cadre de concertation entre le ministre de l’Administration Territoriale et les présidents de partis politiques  le conférencier dira que l’ordre du jour qui était consacré au projet de relecture de la loi électorale, de la charte des partis, l’agenda et chronogramme des élections, montre à suffisance l’incapacité du gouvernement à avoir une vision d’ensemble des questions  institutionnelles et électorales. «  Nous avons décidé solennellement de ne plus accepter de nous associer à une quelconque concertation qui ne prend pas en compte les vrais problèmes du pays », a laissé entendre PPR avant d’exiger la résolution immédiate des questions relatives des 900.000 cartes NINA et l’introduction de la biométrie dans le système électoral

Pour ce qui est enfin de  l’organisation d’une marche prévue le samedi  23 avril 2016 pour dénoncer les dérives du régime, le secrétaire général du PARENA a dit «  nous avons été traités de tous les noms d’oiseaux .Notre pays souffre. Les espoirs s’effritent. Nous invitons les Maliennes et les Maliens  à sortir pour dénoncer la mauvaise gestion du nord, les autorités intérimaires, la mauvaise gouvernance, la corruption généralisée, la dilapidation de nos ressources, l’arrogance et le mépris ».

Prenant la parole, Maître Boubacar Karamoko Coulibaly de l’URD, a précisé que : «  le socle de la démocratie est la justice. Sans justice, c’est le désordre et la pagaille».

Pour conclure, Djiguiba Keïta a fait savoir que la politique de la chaise vide est une arme de résistance à des pratiques inadmissibles.

Jean GOÏTA   

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