Suspension du maire de Gao : De l’électricité en l’air

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La MINUSMA tire sur les manifestants à ‪‎Gao‬En fait, qu’il s’agisse de cet accord devant ramener la paix, en clair, qui devrait redonner espoir aux populations, ou de la sécurité devant découler et la nouvelle de la suspension  surprise du maire de la commune urbaine de Gao, M. Sadou Harouna Diallo, rien de tout cela n’a fait qu’augmenter
l’amertume et la désolation à telle enseigne que les personnes interrogées ne croient pas au régime IBK pour donner une quelconque lueur d’espoir. En tout cas, de Sévaré à Gao, en empruntant la route, le visiteur est effaré, voir désarçonné par l’état indescriptible de la route, tout comme il ne saurait fermer les yeux sur les souffrances lisibles sur les visages des populations qui se débattent dans une conjoncture économique exécrable pendant qu’à Bamako, on se la coule en douce, voir en fanfare avec les révélations de corruption s’élevant à des centaines de milliards en deux ans à peine, de gestion du Kankéléntigi. Comme le dit cet habitant du quatrième quartier de Gao : « Nous avons voulu le changement avec IBK, nous sommes bien servis ». Au moment où nous bouclons cette édition, hier, des milliers de personnes ont envahi le gouvernorat pour remettre une lettre sommant sans délai le Ministre Aliou d’annuler
la décision de suspension du maire Sadou Harouna Diallo. «  Lire le reportage de Bokari Dicko.
Jeudi 07 aout dernier à 15H, le bus qui nous a transportés de Bamako pour Gao, entrait dans la gare de « Nour Transport Voyageurs » sous une chaleur humide de 38°, où nous transpirons à grosses gouttes. Cela présageait ce que nous allons découvrir et entendre dans la cité des Askias, visiblement marqué par la crise sécuritaire et économique. Qu’à cela ne tienne, des chantiers embellissent la ville, avec les cris des enfants jouant au football, d’autres, aident leurs parents à crépir des murs par-ci sans se soucier de l’insécurité qui pèse.
Peur au ventre quotidienne d’une attaque
Selon M. Samba Arya Maiga parlant de l’insécurité : « Beaucoup de chose n’ont pas changé. Nous vivons quotidiennement la peur au ventre d’une attaque ou d’obus tirés sur la ville. Pour nous, après la signature, il doit y avoir la sécurité. C’est le contraire qui se passe et ceux qui posent ces attaques doivent être arrêtés et jugés. Pire, notre cité est envahie nuitamment par des motocyclistes armés qui pillent les boutiques, cambriolent à satiété sans qu’ils ne soient inquiétés ou arrêtés.
Absence d’autorités et de fermeté
A vrai, il y a un manque d’autorités qui ne s’assument pas ». Et notre interlocuteur d’ajouter : « Nous, nous réjouissons de nos milices ‘autodéfense qui veillent sur la ville malgré nos maigres moyens. Et en cas d’appel, ils agissent avec efficacité. Nous sommes fiers d’eux». Poursuivant ses propos, M. Samba Arya déplore l’absence des services techniques financiers de l’Etat : le Trésor et les Impôts de Gao et déplore l’effectif réduit du personnel des banques.
« C’est dieu qui nous protège », dixit Caïs
Quant au Secrétaire Général du syndicat des chauffeurs de la région de Gao, non moins président des taximen, M. Aliou Sagayer Maiga dit « Cais » martèle par ces mots : « Seul Dieu nous protège après avoir vécu toutes sortes de souffrances ». Certes il a salué la présence de Barkhane et de la MINUSMA mais déplore que la dernière n’ait recruté aucun chauffeur de la région. Et le SG des chauffeurs d’interpeller les autorités maliennes à prendre leurs responsabilités par rapport à ce point car dit-il : «nous sommes chez nous et il n y pas de raison que nos autorités ne rappellent cela à nos partenaires ».
Abordant dans le même sens, M. Amadou Alassane Maïga, président du GIE « Gakarey » qui est composé de six associations (de bouchers, Maraichers, Pêcheurs, Condiments, Poulets et divers) qui gère le Marché Daniel Boiteux » : « En tout cas, nous nous adaptons à la situation sécuritaire. Dieu est grand ».
« Les perturbateurs sont le MNLA et le MUJAO qui ne sont pas inquiétés », dit Bilal Astor
Selon le Conseiller municipal, M. Bilal Astor : « L’absence de sécurité, empêche tout progrès dans notre cité. Et dieu sait que les populations veulent travailler. Ce qui nous exacerbe, ce sont les braquages et vous ne pouvez pas quitter hors de Gao à plus de 40km, sans être braqué. C’est le cas du Directeur du Plan statistique qui a été braqué, son véhicule emporté par les bandits et tous les jours, il est convoqué à la Gendarmerie pour des enquêtes interminables. Les perturbateurs de la paix, sont des éléments du MNLA et du MUJUAO. L’Etat doit prendre ses responsabilités en donnant des moyens conséquents aux Forces Armées Maliennes (FAMA), sinon la MINUSMA est en ville pour ses intérêts et non pour notre sécurité ».
La signature de l’accord n’a rien changé
De l’avis général, la signature de l’accord n’aura rien changé dans la vie quotidienne des populations de la région, en général.
M. Bilal Ag Ahmed est très amer : « La signature de l’accord est nulle et non avenue car l’insécurité a pris une propension inquiétante. Nous comptons sur Dieu et sur notre armée qui en lui donnant les moyens adéquats saura en finir avec cette situation d’insécurité puisque ne viendra mourir à la place des FAMA ». M. Aliou Sagayer Maiga est on ne plus amer et critique : « L’accord n’a rien changé. Nous étions mieux sous l’occupation du MUJUAO que maintenant ».
Les FAMA sont limitées…
«Nous déplorons que les FAMA soient limitées dans leur travail pour absence de moyens, de matériels. Gao est en guerre, pour cela, nos autorités doivent donner les pleins pouvoirs aux représentants de l’Etat dans la région de Go et partout dans le nord. Pour le moment, en cas d’attaque de l’ennemi, les représentants de l’Etat, attendent le feu vert de Bamako. Cela n’est pas normal ».
Et Abderhamane Cissé de déplorer l’insécurité résiduelle sur la cité des Askias et dans toute la région nous qui avions pensés que la signature de l’accord allait ramener la paix ».
« L’insécurité existe à des degrés différents », explique le Sous Préfet Adjoint
A écouter l’adjoint au Préfet de Gao, M. Ibrahim Barry : « L’insécurité existe à des degrés différents. Les gens se contentent de cela. Et l’accord est une aubaine à saisir après les évènements de 2012. Nous devons faire la culture de la paix ». « L’incident de Gouma-Rharous est entamé le moral des FAMA qui ont besoin d’être soutenu par tous les fils du Mali. Seul l’union, la synergie, nous nous en sortirons », a ajouté le préfet adjoint de Gao.
« Nous sommes inquiets pour nos enfants », dit Mme hassanatou de Sanèye

Selon Mme Hassanatou Maïga du quartier « Sanèye » : « La pluie de roquettes  tirée sur la ville, les cambriolages de boutiques, de maisons, les vols à mains armées, constituent notre quotidien malgré la signature de l’accord. Nous sommes inquiets et surtout pour nos enfants que nous ne pouvons pas envoyés hors de la ville sans qu’ils ne soient agressés, blessés et même tués par des bandits ».
M’Barka Touré déplore les souffrances quotidienne des populations ; selon lui, la signature de l’accord en suffit pas, il faut de la bonne foi de tous les protagonistes au conflit.
Situation critique
Pour notre confrère Kader Touré, directeur de la radio « Annia de Gao qui rappelle que la cité des Askias a été occupée en deux temps : d’abord par le MNLA, ensuite le MUJAO. « De nos jours, la situation est critique ». Il a profité de l’occasion pour remercier « Serval » pour son appui combien important aux radios de la ville après la libération de la ville du joug djihadistes. Evoquant la situation sécuritaire actuelle, M. Kader fustige les enlèvements, les vols à mains armées. « C’est une situation qui joue sur l’activité économique de notre ville. C’est la raison pour la quelle, les populations sont inquiètes », a dit le directeur de la radio « Annia ».
M. Boubacar Dicko, président de la coordination des mouvements armés du nord
« Les FAMA sont mal équipées mais nous avons des hommes »,
En tout cas, le président de la coordination des mouvements armés, non moins président de commerçants détaillants de la région, M. Boubacar Dicko, il déplore la fragilité de la sécurité. « L’Etat doit s’assumer car notre coordination avait pris les armes lorsque l’Etat avait abandonné les régions du nord. Maintenant qu’elles sont reconquises, il faut que nos autorités s’assument et montrent ce dont elles sont capables. Certes les FAMA sont mal équipées mais avions des hommes valables qui pourront sécuriser notre pays ».
L’existence des soldats de la MINUSMA envenime notre situation
Et Dicko Boubacar de déplorer l’envahissement de notre territoire des milliers de militaires étrangers (allusion à la MINUSMA) sans que la paix ne revienne mais qui est plutôt gravement menacée. « Au contraire l’existence de ces soldats sur le terrain, envenime la situation. Nous remercions la France qui doit équiper notre armée et ne s’aurait s’érigée en armée malienne », a dit Boubacar Dicko, président de la coordination des mouvements armés du nord.
« La signature de l’accord est une façade… », a martelé Boubacar Dicko
Et lorsqu’on lui parle de la signature de l’accord, ce chef réagit avec véhémence par ces mots : «  C’est un accord de façade car ici, les vrais acteurs ne l’ont pas signés. Je veux dire M. Iyad Ag Aghaly qui a toujours revendiqué des droits pour ses populations. Pourquoi ne pas le rencontrer et trouver un compromis avec lui au lieu de faire semblant de l’ignorer sachant ce qu’il vaut sur le terrain ?
680 000 FCFA par mois pour l’entretien des combattants de la CMFPR
En tout cas, la CMFPR a pris les armes par amour pour nos villes afin qu’elles ne soient pas à la merci des bandits armés. Et de nos jours, nous continuions à entretenir nos combattants, soit la bagatelle de 680 000FCFA qui sont dépensés par mois, cela grâce aux cotisations  qui sont versées au Cadre de Concertation des Sages de la ville».
La suspension du maire est politique
Dans la cité des Askias, les débats sont alimentés par la nouvelle de la suspension du maire, M. Sadou Harouna Diallo par son jeune frère, non moins Ministre de l’Administration Territoriale, M. Abdoulaye Idrissa Maiga, Aliou pour les intimes.
En fait, c’est suite à la lettre du Préfet N°026/PCG-2015 portant constatation de nullité de la délibération N°12-14/CUG du 27 octobre 2014, « autorisant la mise en gestion déléguée de la berge du fleuve Niger ainsi que la réalisation d’équipements marchands sur cet espace par le motif que : – la délibération suscitée a pour objet ou porte sur le domaine public immobilier de l’Etat qui n’a jamais été transféré à la Commune Urbaine de Gao, cela conformément à l’article 284 du Code des Collectivités Territoriales d’une manière qui sort du domaine de compétence du Conseil Communal de Gao ; que le Conseil Communal en tenant sa cession sur la gestion déléguée de la berge du fleuve Niger, ne détenait ni titre de propriété, ni autorisation provisoire de lotissement, ni celle définitive sur la parcelle citée en objet. Ce qui constitue une violation des articles 7 et 56 de l’ordonnance 002-27/PRM du 22 mars 2000,
portant Code domanial et foncier en république du Mali et ses textes modificatifs subséquents aussi reproche au maire d’avoir laissé présidé la cession de délibération par conseiller alors qu’il a des adjoints et était présent dans la ville », qui propose la suspension du maire Sadou Harouna Diallo au Ministre Maiga.
Le Ministre Aliou humilié par les siens du RPM, se rabat sur le maire, son souffre-douleur
En guise de rappel, le Ministre en question avait effectuée au mois de juin dernier, une visite privée au cours de la quelle, il devait renouveler les sections du RPM à Gao. Cela a été un fiasco puisque les militants de son parti dirigés par les caciques lui ont fermé les portes du siège. Mécontent, une visite d’écoles et la berge seront improvisées. Et c’est au cours de cela que le Ministre apostrophera le maire devant ses partisans qui vont le huer. Mécontent du constat de constructions sur la berge, le Ministre Maiga menacera Sadou Diallo de sanction, un an après la tenue de la cession du 27 octobre 2014. Selon nos informations depuis l’organisation des législatives où le maire et son équipe ont mouillé le maillot pour le RPM, des tractations et autres tentatives de faire basculer le quatrième vice président du PDES au RPM, ont été menées. En vain, Sadou Harouna Diallo, fidèle à sa philosophie, n’acceptera pas céder
pour aller au RPM.
Les allégations contre le maire ne sont pas exactes
Selon la plus part des conseillers qui sont surpris par la suspension de leur camarade, en aucun cas, les allégations selon les quelles que le maire a agi de façon de délibérée, ne sont pas exactes et mieux, la préfecture n’a jamais fait de feed-back de la délibération qui lui a été transmise par le Secrétaire général de la mairie. Et pour cause, sur 24 conseillers, 14 ont voté pour la délibération dont deux procurations dont celle de Sadou Diallo, dix se sont excusés.
La mairie n’avait pas donné son quitus au GIE Boney de construire
Selon nos informations, outre des conseillers du conseil communal, des voix et non les moindres de l’administration se sont élevées pour condamner le GIE Boney l’intimant d’arrêter les travaux entrepris, en vain. Mieux, ayant envoyé une correspondance à la mairie pour son feu vert, le refus du conseil et du maire a été catégorique. Selon nos sources, le maire Sadou Harouna Diallo, n’a rien à voir dans cette affaire pour la quelle, le Préfet de Gao, nouvellement arrivée (deux mois de séjour seulement), a proposé au Ministre Maïga, la suspension du maire et non du conseil communal qui a voté une délibération autorisant la gestion déléguée de la berge du fleuve Niger et la réalisation d’équipements marchands.
Le maire paie à la place du GIE Boney qui a défié l’Etat
Comme on le voit, le maire Sadou Diallo paie une défiance à l’Etat du GIE Boney pour la quelle, il n’est pour rien et a toujours refusé tous travaux sans l’autorisation des services techniques de l’Etat (urbanisme et les domaines). Une vraie politique de deux poids, deux mesures. Il ressort de nos informations que le GIE Boney s’est entêté de construire sur la berge sans l’autorisation d’aucune autorité compétente de la ville de Gao. Il reste à savoir pour quelle fin a-t-il agi de la sorte ? Ce qu’il nous a été difficile de savoir su place. Enfin, « à la comparution du GIE Boney devant le Tribunal de Gao face au Préfet, le maire Sadou Harouna Diallo n’a pas été convoqué », précise une source au fin dossier.
Un règlement de compte politique
De l’avis général des personnes interrogées (proches collaborateurs, citoyens anonymes), tous conviennent que la suspension du Maire Sadou Harouna Diallo, est un règlement de compte politique entre lui et l’actuel Ministre de tutelle, M. Abdoulaye Idrissa Maiga, Aliou pour les intimes. Mieux, certains concluent que c’est une façon pour le RPM de le récompenser après avoir aidé ce parti lors des législatives remportées avec brio. La touche de Sadou Haouna Diallo est passée par là.
Sadou Harouna Diallo dérange…
« En réalité, Sadou H. Diallo dérangera au cours des prochaines communales à Gao car, il sera difficile pour le candidat du parti majoritaire ou d’un quelconque parti de la battre », a expliqué un observateur local. « Ce qui vient de se passer, ne nous surprend pas car, Sadou est très populaire au près de la population qui l’a élu et très écouté. Je crains un soulèvement dans les jours à venir puisque cette suspension est mal tombée au moment où on parle de ramener la paix qui est dangereusement menacée par cet acte du chef du département », a expliqué M. Sidy Yahyha Touré dit « Bagna », conseiller communal à la mairie.
Sadou ne pourra pas contenir la colère des populations
« Il n’est pas certain que Sadou puisse contrôler la colère des populations, surtout des jeunes qui pensent qu’il fallait lui donner un avertissement s’il est avéré qu’il a fauté. Et rien ne pourra nous empêcher de manifester  notre désaccord face à une telle décision. La suspension est de trop pour deux fils de la même ville », a ajouté Bagna. Enfin, pour ce conseiller : « Cette suspension est un règlement de compte politique qui ne dit pas son nom. Gao n’a pas besoin d’être distrait de la sorte puisque souffrons beaucoup de la crise ».
« Si Sadou ne faisait pas notre affaire, nous allons le débarquer. C’est malheureux de le sanctionner au moment o la paix est très fragile », précise le président de la coordination des mouvements armés du nord.
« Il faut que ceux qui sont au pouvoir évite de vouloir faire ce qu’ils veulent. Cela est très grave. La suspension du maire est politique. Sinon, il y a eu des choses plus graves que cette affaire, les autorités n’ont pas levé le petit doigt. Pour quoi, c’est Sadou Harouna Diallo qu’on veut trainer dans la boue après tout ce qu’il a fait et continue de faire encore pour les populations de Gao et de la région ? », a poursuivi Boubacar Dicko.
De l’avis de M. Idrissa Mamadou Maïga, président de la commission domaniale et foncière, non moins directeur de l’école de Sanèye :
L’acte posé, n’est pas pédagogique…Une affaire entre fils de la même ville
« La suspension du maire nous ai tombée sur la tête puisque nous ne nous attendions pas à cela. Le Ministre devait convoquer le maire chez le gouverneur ou à Bamako et non l’apostropher de la sorte devant la foule. Le maire ne peut pas s’abaisser devant son petit frère. Je vous rappelle que le conseil communal a statué plus de cinq fois sur ce dossier de la berge du fleuve. Il a donc décidé de la création d‘espace vert pour la jeunesse tout en demandant aux bénéficiaires de contacter les services compétents de l’Etat pour se faire. La délibération a été envoyée sur la table du Préfet qui n’a jamais réagi. Et après un mois, sans réaction, comme cela se doit, le conseil pourra délibérer sur la question. Ce que nous avons fait mais en demandant au GIE Boney de contacter les services techniques de l’Etat pour les autorisations y afférentes. Une façon de se mettre en règle. Cette affaire est un problème de Gao au lieu
d’être politique. Il y a un abus de pouvoir manifeste. L’acte posé n’est pas pédagogique. Si l’administration force la passation, ce sera la guerre ouverte car c’est nous populations de Gao qui avons élu M. Sadou Harouna Diallo à la tête de la mairie de notre ville».
Et le régisseur du GIE Gakarey de dénoncer une humiliation à Gao car, ils ne peuvent pas comprendre que deux fils de la ville puissent en arriver à ce stade. M. Mahamane Touré du même GIE enchaine en ces propos : « Cette suspension pourra entrainer de sérieux troubles dans la ville et la région, si nous ne prenons pas garde. Nous saluons notre maire et le signifie toute notre solidarité agissante».
Nous ne sommes pas d’accords et feront parler de nous très bientôt
Pour M. Abdou Hamou Haidara de Djoulabougou, ils ne sont pas d’accords pour cet acte très gros du Ministre Aliou. « Nous nous préparons dans les jours à venir car nous ne saurons accepter un tel affront puisque lorsque a fui le nord, ce sont des hommes comme Sadou qui nous ont aidé, soutenu et continue de le faire. Aujourd’hui, nous avons compris que c’est un patriote. Nous n’allons pas nous laisser faire dans ce scandale politique».
Selon notre confrère de la radio « Annia », le linge sale s’est lavé sur la place publique. En tout cas, cette affaire ne fait que commencer car, Gao a besoin de cadre comme Sadou Hariuna Diallo qui a fait ses preuves pour nous qui avions été abandonné par l’Etat sous occupation djihadistes.
Chez les sages du CCS, la déception et l’amertume sont de mise
Chez les sages du cadre de Concertation, l’amertume est grande, la déception indescriptible. Et pour cause, ici dans le vestibule où nous avons été reçus, les sages auraient souhaités que la suspension du maire vienne de quelqu’un d’autre qu’un fils de Gao car pour eux, ce sont les enfants de la cité qui pourront la construire et le pays aussi. En tout cas au CCS, la synergie et la cohésion sont martelés durant notre entretien. Enfin, les sages du CCS ont demandé aux pouvoirs publics plus de fermeté. Ils ont ensuite réclamé l’envoi des services techniques (Impôts et trésor) à Gao tout comme beaucoup de moyens aux FAMa afin qu’elles puissent assumer leur mission régalienne.
La force du maire
Fils du terroir, humble et beaucoup apprécié par les populations de la région à cause de sa solidarité envers, la suspension du maire Sadou Harouna Diallo, a été comme un coup de massue sur la tête des populations. En tout cas, la plus part des personnes interrogées n’en croient pas leurs oreilles et retiennent d’abord leur souffle avant de se prononcer. Ainsi, à l’unisson, toutes les personnes interrogées rappellent les acquis de l’enfant de Tizi-Mizi entre autres : Prise en charge des salaires du personnel durant plus de sept mois d’être remboursé ; construction d’un rond-point  pour la paix, tout la place de l’Indépendance qui subit une réfection très attractive ; des dépôts d’ordures partout dans la ville et sans compter la colline d’ordures du quartier « Sossokoïra » qui a été dégagé totalement et l’endroit construit par des citoyens ; curage régulier des caniveaux ; électrification de la ville, dallage
de certaines rues ; reconstruction de la mairie après l’occupation djihadiste ; reconstruction du marché « Daniel Boiteux », du marché « Washington », de l’ancien marché à bétail  au quatrième quartier sans compter des milliers d’emplois dont il est à l’origine pour bien d’anonymes de la ville que nous avons eu à rencontrer.
Refus du maire de faire la passation
Au moment où nous bouclons cette édition, hier, la ville s’est réveillée par une grande marche pacifique qui a réuni des milliers de personnes à majorité des jeunes qui ont remis une lettre au gouverneur pour lui signifier leur refus de voir leur  maire sanctionner et exigent sans délai, son retour à son poste.
Au paravent, depuis lundi dernier où il était rentré la veille de voyage, le Maire Sadou Harouna Diallo, s’est rendu à la mairie où l’attendaient le Préfet et son équipe afin qu’il fasse la passation avec son premier adjoint comme l’indiquent les textes. La cérémonie n’a pas eu lieu puisque le maire a refusé de signer le document de la passation rappelant au Préfet qu’il n’est pas d’accord avec sa suspension et exige d’être mis dans droits puisqu’il a été élu par els populations. Mieux, l’occasion était propice pour dire au Préfet qu’il a commis un avocat qui a porté plainte contre la décision de suspension.
« Je fais confiance à la justice de mon pays car je n’ai posé aucun acte qui soit contraire aux textes ; Je suis victime d’une situation pour laquelle, je veux que la justice s’assume », nous a confié Sadou Harouna Diallo.
Les jours à venir seront décisifs dans ce dossier pour le quel, depuis son retour dans la cité des Askias, le maire Sadou H. Diallo et ses conseillers ainsi que toutes les bons offices n’ont cessé d’appeler au calme. Il reste à savoir si cet appel sera entendu ?
Pour le moment, non, car hier, les populations sont sorties en masse pour mettre en garde le gouvernement des conséquences de la mesure de suspension si elle n’est pas annulée. Et personne ne sait de quoi demain sera fait.
Bokari Dicko, envoyé spécial

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