Infections vaginales chez les femmes : Oser en parler

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La vaginite ou l’infection vaginale est une inflammation du vagin parfois due à une infection. Elle peut être traitée et ne doit pas être négligée car a des conséquences très graves sur la santé de la jeune fille et de la femme. Au Mali, ce sujet reste toujours tabou.

 

Parler des infections vaginales reste encore tabou entre adultes et jeunes. Elles sont rares les mamans qui en parlent avec leurs filles. A. D. 19, ans se cachait au début de ses infections pour suivre un traitement à l’insu même de ses parents. “Les démangeaisons au niveau du sexe devenaient de plus en plus insupportables. Je me grattais beaucoup. Il m’arrivait de me blesser. Quand j’ai commencé à développer les symptômes, je l’ai caché à mes parents et à mes amis. J’avais peur de leurs réactions parce que pour certains, on ne peut les avoir qu’à travers des rapports intimes avec les hommes. Je filais en douce même pour aller acheter des médicaments auprès des vendeurs des médicaments par terre. Malheureusement, cela a aggravé mon état de santé. Ma mère l’a su par finish et m’a amenée à l’hôpital. Maintenant je vais beaucoup mieux car j’avais suivi le traitement du docteur”.

Oser parler des infections vaginales devant les personnes âgées c’était comme creuser sa propre tombe dans certains milieux, selon la vieille Jeanne D’Arc Soucko. “A notre époque, parler des infections génitales et tout ce qui concerne la sexualité avec les parents et les grandes personnes était considéré comme une impolitesse. Les enfants qui osaient parler de de ces infections étaient mal vus dans la société. On avait tendance à les voir comme des enfants qui ont la langue trop pendue. En général les femmes âgées se méfiaient d’eux et ils étaient chassés comme des malpropres. Une fois atteinte d’une quelconque infection, la personne n’avait d’autre choix que de se débrouiller par soi-même et le traiter en cachette”.

Pour M. Mohamed Abdellahi El Khalil sociologue, la sexualité est un sujet tabou dans toutes les sociétés africaines. “Le sexe, de manière générale, est un sujet sensible. Parler de sexualité ou des éléments portant sur le sexe c’est tout d’abord reconnaitre qu’elle existe, ce qui n’est pas évident dans une société où la culture est imprégnée de la mauvaise compréhension des religions. Autrefois au Mali, les mamans préparaient la sexualité de leurs filles par des herbes dès la naissance comme les (moussofin ou les bounafin) “.

Le sociologue explique que les infectons étaient méconnues du grand public dans la société traditionnelle bambara. “Dans nos anecdotes, on avait l’habitude de comprendre et voir que les femmes qui n’avaient pas des infections vaginales étaient considérées comme des femmes qui ne pouvaient pas faire d’enfants. Ce qui faisait que les infectons étaient méconnues par le grand public comme chez les Ségoviens qui l’appelaient (Abidjanbana, en Français maladies des Abidjanais) ce qui faisait qu’elle était vraiment méconnue”.

De nos jours, sur l’ensemble du pays, il existe de nombreux spécialistes qui aident les patientes jeunes ou âgées à comprendre les infections vaginales pour une meilleure prise en charge.

Mme M. R. T. a aussi suivi un traitement contre les infections vaginales il y a quelques années. Se rendre chez un gynéco est la seule astuce pour prévenir les conséquences. “J’avais des démangeaisons. C’était accompagné de perte blanche. Je suis allée à l’hôpital voir un gynécologue. Je lui ai expliqué mon problème. Il m’a fait faire des examens et aussi une échographie car j’avais aussi des maux de ventre. Après le résultat des analyses, le gynécologue a fait une prescription tout en me donnant des conseils. J’ai suivi le traitement pendant au moins deux mois. Depuis, je me sens mieux”.

Dr. Seydou Sogoba est gynécologue obstétricien à l’hôpital de Tombouctou. Selon lui, les infections vaginales se manifestent par des pertes blanches, des démangeaisons et sensations douloureuses au niveau du vagin ou de la vulve. “Les infections vaginales ont diverses causes qui vont des manques d’hygiène corporels aux contacts directs avec les partenaires qui pourraient être individuels ou multiples”.

Il y’a aussi certaines maladies qui affaiblissent l’organisme et qui pourraient être responsables des infections à répétition notamment le VIH et le diabète, explique le gynécologue. A ses dires, si ces infections vaginales ne sont pas traitées, elles pourraient engendrer des conséquences graves comme les infertilités et les infécondités.

La bonne nouvelle est qu’il existe un traitement. Une fois que le diagnostic est fait, assure Dr. Seydou Sogoba, “les médicaments sont donnés en fonction du germe présent”.

 

Marie Thérèse Coulibaly

(stagiaire)

 

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