Le RELUTAS-Mali face à la presse : « Il faut augmenter les taxes du tabac pour qu’il soit moins abordable »

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Rejetant l’implantation d’une usine de fabrication de cigarettes Dunhill (refusée par d’autres pays sauf le Mali), le Réseau de Lutte contre le Tabac et autres Stupéfiants au Mali (RELUTAS-Mali), était face à la presse, le samedi 5 février dernier, pour informer et sensibiliser sur les effets néfastes de la consommation des tabacs. La rencontre animée par Dr Mahamane I Cissé, s’est déroulée à l’école de santé de Badialan II,

Docteur en droit privé, Me Mahamane I Cissé, avocat à la Cour, a souligné qu’il faut une « riposte pacifique » pour attirer l’attention des pouvoirs publics, l’opinion nationale et les partenaires au développement (impliqués dans la lutte contre le tabac et autres stupéfiants dans le monde), sur « l’inauguration de la nouvelle usine DUNHILL international » au Mali, le 25 janvier 2022, en présence du ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissement, et des responsables des deux sociétés.

Et d’ajouter que le RELUTAS-Mali a pour missions principales de suivre l’application des dispositions réglementaires favorisant la lutte contre le tabac et autres stupéfiants au Mali. Il s’agit d’appuyer  le gouvernement pour la mise en œuvre de la convention-cadre de l’OMS en matière de lutte contre le tabac, et l’harmonisation et la coordination des actions des associations et ONG de lutte contre le tabac et autres stupéfiants, en vue de réduire leur consommation au Mali. Il s’est indigné contre le message du gouvernement  selon lequel « l’implantation de cette usine augmentera les recettes fiscales de l’Etat et développera le tissu industriel local, permettra la création d’emplois et l’amélioration de l’équilibre de la balance commerciale ».

Réagissant à cette communication, l’orateur dira que la consommation de tabac est l’un des facteurs de risque de maladies non transmissibles (MNT) modifiables les plus importants. « Le tabac est la première cause évitable de décès dans le monde d’aujourd’hui et il tue au moins la moitié de ses consommateurs. Si les tendances actuelles se poursuivent, le tabac causera la mort de plus de 8 millions de personnes par an, d’ici 2030. Il pourrait faire un milliard de victimes d’ici la fin du siècle » a-t-il dénoncé.

Et Me Cissé de conclure en proposant d’appuyer toute initiative pacifique et légale, en matière de communication, pour informer et sensibiliser l’ensemble des parties prenantes, à une réelle prise de conscience. Il souhaite que le gouvernement augmente les taxes sur le tabac, afin de rendre les produits du tabac moins abordables et de faire respecter les interdictions de fumer dans les lieux publics, afin de protéger la population de la fumée du tabac. Car, estime-t-il, «le tabac engendre des pathologies graves, qui sont responsables de morbidité et de mortalité élevées, compromettant le développement économiques et social dans le monde ».

Abréhima GNISSAMA

 

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