Lutte contre le Covid-19 : le mépris de Michel envers les médecins

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Dans le cadre de la lutte contre la pandémie du coronavirus, l’une des difficultés décelées reste le manque d’équipements pour la protection du personnel de santé. Dans un entretien qu’il nous a accordé, le secrétaire général du syndicat des médecins du Mali, Boubacar Niaré a déploré cet état de fait dans les hôpitaux en charge de la lutte contre l’épidémie.

Dans notre pays, le manque d’équipements de protection pour le personnel de santé demeure un sérieux problème de nos jours. Le paradoxe, c’est que le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Michel Hamala Sidibé, saisi par une lettre syndicale décriant ce manque d’équipements pour le personnel, reste indifférent, sur la problématique.

« C’est pratiquement tout le personnel de santé qui est confronté à ce problème. Le lundi dernier, nous avons déposé une lettre auprès du ministre de la Santé et des Affaires sociales pour lui faire comprendre que le personnel de santé n’est pas protégé. Et qu’il faut rapidement doter les structures en matériels de protection des agents sanitaires. Mais jusqu’aujourd’hui, nous n’avons eu aucune réponse de la part du ministre Michel Hamala Sidibé », nous confie Boubacar Niaré, secrétaire général du syndicat des médecins du Mali.

Se fiant aux propos de M. Niaré, toutes les différentes structures sanitaires sont actuellement confrontées à ce problème. « Le mardi dernier, nous avons été à l’hôpital Point G, celui du Gabriel Touré, de l’hôpital du Mali, celui de Kati, le Luxembourg, l’hôpital dermatologique. Nous avons été dans les six (6) Csref de Bamako. En plus, nous avons été dans des structures privées, dont la clinique Mohamed V, la clinique ‘’téria’’ en commune I, la clinique concorde de Kati… C’est pour dire que nous avons été dans toutes les structures sanitaires chargées de lutter contre le covid-19. Mais partout où on a été, on a constaté ce manque d’équipements de protection des agents sanitaires qui s’occupent des consultations de routine…», a-t-il expliqué.

S’expliquant davantage, Boubacar nous décante le sujet : « Avec la pandémie du covid-19, on ne peut plus examiner les gens comme avant. Aujourd’hui, il faut être muni des outils de protection pour éviter toute contagion. D’habitude, ce sont les bureaux des services sanitaires qui nous appelaient pour dénoncer le manque d’équipements. Mais le mardi passé, nous nous sommes personnellement rendus dans les services ci-dessus cités. Le personnel de santé manque de gants, de masques, lunettes, des baguettes, des gels hydro alcooliques. Il manque des masques à porter pour protéger la tête, voire des combinaisons individuelles à porter sur les blouses pour faire certains examens ».

Par contre, le syndicaliste reconnait que les médecins chargés de s’occuper des personnes atteintes de l’épidémie sont dotés des équipements de protection nécessaire. Même s’ils ne sont pas certainement nombreux, il a par ailleurs souligné que certains agents sont, par manque d’équipements, en train de déserter les hôpitaux, ce, par crainte d’être contaminés par le virus.

« Dans certains services, c’est l’administration qui décide elle-même de prendre sa responsabilité en fermant les postes qui n’importent pas la prise en charge de certaines maladies. À ce rythme, si l’État ne s’assume pas, certains services sont actuellement en train de laisser les autres maladies à cause du coronavirus. Nous alarmons les autorités en leur disant que si on ne fait pas attention, on risque de voir les gens mourir des autres cas de maladie dont les services sanitaires minimisent à cause de l’épidémie ».

Le syndicaliste Niaré a saisi l’occasion pour dénoncer le traitement réservé dans le cadre du couvre-feu aux agents sanitaires par les policiers. « Le chef du département de gynéco obstétrique de l’hôpital Gabriel Toure, le professeur Mounkoro a été humilié par les policiers lorsqu’il venait de son service. Alors qu’il avait été appelé pour suspicion d’un cas de covid-19 à l’hôpital Gabriel Touré, Mounkoro avait oublié de sortir sans l’ordre de mission. Après avoir géré le cas du suspect, il décide d’entrer à la maison. C’est là qu’il croise les policiers qui vont l’amener au commissariat du 1erArrondissement. Ce, ajoute le syndicaliste, bien vrai que le professeur s’était expliqué en présentant sa carte professionnelle ».

Boubacar cite le cas d’un autre médecin, embarqué par les policiers, lorsqu’il était sorti pour s’occuper d’un cas d’urgence de l’hémorragie de la délivrance (l’écoulement du sang qui s’effectue lorsqu’une femme accouche).

Mamadou Diarra

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