Canicule : « A Bamako, c’est l’eau qui manque le plus »

0

Actuellement certains quartiers de Bamako comme Sébenikoro et Lafiabougou sont confrontés à d’énormes problèmes d’eau. Batoma Dembélé, aide-ménagère dans le quartier de Sébenikoro, est préoccupée par ce manque d’eau. « Ici, c’est l’eau qui manque le plus ; on parvient à trouver de l’eau à travers un forage un peu loin de chez nous », raconte-t-elle assisse, en attendant son tour devant un forage équipé d’un robinet.

Batoma s’était levée très tôt le matin pour aller chercher de l’eau. La plupart des femmes dans des familles environnantes viennent s’approvisionner en eau potable à ce point d’eau qui est animée de monde toute la journée. « Vraiment on est fatigué ici ; chaque jour, je viens prendre de l’eau matin et soir même pour faire la vaisselle ou la lessive », poursuit-elle.

Sebenikoro est un quartier périphérique de la capitale qui n’est pas couvert par le réseau de fourniture d’eau potable de la SOMAGEP, la société publique qui donne de l’eau aux habitants de Bamako. « Si je ne viens pas prendre de l’eau ici ça dévient un problème, parce qu’on ne peut pas travailler. C’est notre principal problème dans le quartier », ajoute Batoma.

En cette période de chaleur commencée le mois de mars dernier, les besoins d’eau ont augmenté dans beaucoup de quartiers de Bamako. Aïssata Keïta, ménagère, montre toutes les difficultés qu’elle traverse pour avoir de l’eau afin d’accomplir ses tâches ménagères « Mon puits est sec maintenant, il y a des gens qui sont venus implanter un forage pour qu’on puisse trouver de l’eau pour nos besoins», raconte –t-elle.

Aïssata aimerait avoir un robinet non loin de sa maison qui est situé dans une partie du quartier ou les forages sont rares. « Sil y a coupure d’eau, on se promène de puits en puits chez les gens pour avoir de l’eau et la plupart de ces puits ont tari », déplore-t-elle.

Même les vendeurs d’eau utilisant les petites charrettes appelées « pousse-pousse » se plaignent alors qu’en période de forte chaleur leur gain augmente. «Il y’a des fois même on se lève à 6h du matin pour chercher de l’eau, mais on n’arrive pas à en trouver jusqu’à 8h, plein de gens viennent s’approvisionner surtout les femmes », raconte Alou Samaké, un vendeur d’eau.

La rupture de l’eau dans les robinets joue sur toutes les activités de ces vendeurs qui apportent de l’eau aux ménagères. Alou est souvent obligé de rentrer à la maison en attendant, ce qui est une perte étant donné qu’il vend un bidon de 25 litres à 75 francs seulement. « On se fatigue énormément pour avoir de l’eau », dit-il.

C’est la même remarque à Lafiabougou. C’est là que vit Malado Diakité, une ménagère, qui regrette que les gens passent la journée assis à attendre de l’eau devant les robinets. La plupart des parties de ce quartier sont couvertes par le réseau de la SOMAGEP, mais avec tout ça le problème d’eau est préoccupant et les habitants en souffrent.

Pourtant, l’approvisionnement en eau potable des quartiers périphériques de Bamako fait partie des priorités du gouvernement dont le programme présidentiel d’urgence sociale a fait des forages dans plusieurs quartiers. Par ailleurs, la construction d’une grande station de pompage est en cours pour réduire considérablement le manque d’eau.

Lala Adam Sidibé

Stagiaire

Commentaires via Facebook :

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here