Colloque international sur la participation des femmes dans la justice transitoire : Femme, pilier de la Réconciliation

1
Célébration de la journée internationale de la femme : Les femmes maliennes plus que jamais déterminées pour leur autonomisation

La participation des femmes maliennes dans le processus de paix, de recherche de la vérité, de la Justice et de la Réconciliation nationale au Mali étaient au cœur d’un colloque international organisé du 12 au 14 avril dernier à l’hôtel Salam.

Cette rencontre regroupant plus d’une centaine de participants venus de la Côte d’Ivoire, de la France, de la Sierra Leone, du Benin, du Kenya, du Libéria, du Niger, du Rwanda et du Sud-Soudan et du Togo a  été organisée par l’Agence de Coopération et de Recherche pour le Développement (ACORD) grâce au financement d’ONU Femmes à travers le Projet KARAMA1.

 

L’évènement s’est déroulé sous la présidence de Mme Sangaré Oumou Bah, ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille. Elle avait à ses côtés, Mme Doucouré ariétou Diaby, directrice de l’ACORD, Dr Maxim Winato, représentant résident d’ONU-Femme, S.E Mme Ava Emnéus, ambassadeur de Suède et Mr Ousmane Oumarou Sidibé, président de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR).

Dans son discours, Mme Sangaré Oumou Bah, ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, après avoir souhaité la bienvenue aux participants, a signalé que jamais dans l’histoire de notre pays, les droits de l’homme en général et ceux des femmes en particulier n’ont été aussi vilipendés au mépris de toutes les lois nationales et autres conventions ratifiées par le Mali.

C’est pourquoi, dira Mme Sangaré Oumou Bah, ‘’pour la réconciliation des cœurs et des esprits, il y a un besoin impérieux pour notre pays de mettre en œuvre l’accord et les cercles juridiques qui garantissent les droits fondamentaux des femmes.’’

Selon Mme le ministre, ce colloque est une occasion pour notre pays d’accorder une attention particulière à la participation des femmes dans ce processus en tant que catégorie ayant été victime et témoin des conflits et des différentes violations des droits humains. « Cette rencontre permet aussi de développer des stratégies globales de lutte contre les violences basées sur le genre, de garantir l’accès à la réparation et de non répétition des violations massives des droits de femmes », a expliqué Mme Sangaré.

 

La ministre a enfin assuré au nom du gouvernement, la mise en œuvre des recommandations issues des 3 jours de travaux.

Une rencontre opportune

 

L’initiative d’organiser ce Colloque international a été inspirée par le fait que les femmes sont incontournables pour réussir la réconciliation nationale au Mali.

Elles constituent plus de 50% de la population et  sont été grandement touchées par le conflit de 2012-2013 (viols, mariages précoces/forcés, mariages communs, flagellations, restrictions de déplacements et des libertés, perte de biens, etc.), dans un environnement où, ni la communauté, ni le système traditionnel ou le système judiciaire n’avaient la capacité d’y faire face.

La nécessité de prendre en compte les besoins des femmes s’impose donc, tant leur rôle dans la prévention et la résolution des conflits est important dans la société malienne, malgré les contraintes socioculturelles.

 

Au cours de la rencontre, il s’agit aussi d’initier une plate-forme internationale de partage d’expériences de différents pays en Afrique sur la justice transitionnelle après les conflits et la participation des femmes.

Enfin ? le colloque devrait aussi contribuer à la prise en compte d’un perspectif genre dans la conception et la mise en œuvre des mécanismes de gestion des conflits au Mali pour assurer la recevabilité envers les survivantes des violences basées sur le genre et de tirer des leçons pour mieux informer les actions entreprises par notre pays à travers une publication.

 

Selon Dr Maxim Winato, représentant résident d’ONU-Femme, promouvoir la participation des femmes dans le mécanisme de justice transitionnelles est une nécessité absolue si  nous aspirons réellement à une paix durable et définitive. Parce que, dit-il, Il est connu et suffisamment documenté que les conflits affectent le plus les femmes et les enfants.

 

Parlant du Mali, selon l’aperçu des besoins humanitaires publié par OCHA en novembre 2015, Mr Winato, dira que, parmi les populations déplacées et refugiées, 54% étaient des femmes contre 46% hommes et 30% (des femmes et filles réfugiées) qui se font violer en situation de crise humanitaire.

C’est pourquoi, estimera Dr Winato, la participation des femmes maliennes dans le processus de paix, de recherche de la vérité, de justice et de la réconciliation n’est pas une question de faveur ou de caprices liés aux revendications féministes. ’’Mais, d’une évidence d’une réparation, d’une question de principe et de droits humains sacrés et consacrés qui devront être garantis et assurés à toutes’’.

Dr Houinato a ensuite indiqué que, sans l’inclusion des femmes (qui ont le plus souffert des conflits), toute tentative de recherche et de vérité restera Vaine.

 

Djibril Kayentao

Commentaires via Facebook :

PARTAGER

1 commentaire

  1. Justice transitionnelle et “transitoire” ! Et dire que le journaliste etait dans la salle!!!!

Comments are closed.