Culture et tradition : Ségou : Symboles et mythes

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Demandez à n’importe quel communicant de vous faire une  carte postale de Ségou, il vous  évoquera  les 4444 balazan plus 1 balazan bossu, avant de bouclent  généralement le  par les neuf MARAKADOUGOU et les douze DODOUGOU  De quoi s’agit-il en fait ?

S’agissant des 4444 balazan plus 1 balazan bossu, les explications varient d’une source à l’autre .Pour les sources d’obédience philosophiques et métaphysique, l’existence humaine se trouve au milieu de quatre rectangles concentriques. Les Premiers quatre mille équivalent aux quatre points cardinaux (EST/OUEST et le NORD /Sud).Dans ce grand rectangle  qui équivaut à l’univers, l’homme évolue dans un autre rectangle plus petit qui détermine son horizon à savoir  la droite /la gauche  puis les haut et le bas. Ce polygone  vital est gouverné  par quatre phases contraires  que sont  la sante et la maladie d’une part et la vie et la mort d’autre part. Le balazan bossue reste l’inconnu et selon  cette philosophie « l’homme est l’animal inconnu car sa robe (pelage) est invisible pour le distinguer des autres » comme l’atteste  un vieil adage bamanan. Une deuxième  version proche de la numérologie atteste que Ségou  d’alors était divisée en quatre entités (terroirs) de part et d’autre du fleuve Niger. Ces entités certes relevant du pouvoir central disposaient d’une grande autonomie. Il s’agit du Kala et du Kouroumary sur la rive gauche, du Ségou et du Sarro sur la rive droite. Le chiffre 4 représenterait ces quatre entités autonomes .Le pouvoir de Ségou qui tire sa légitimité de sa force combative était protégé par 4.000 fantassins, 400 chevaliers, 40 docteurs en sciences occultes. Cette thèse est soutenue par d’autres  sources plus  partagées qui se rapportent à la matérialité. Selon celles-ci  les balazan représentent les gardes prétoriennes disposées en quatre  rectangles concentriques qui protègent le pouvoir. L’ensemble des sources s’accordent sur le fait  que le balazan bossu demeure l’inconnu, le grand secret des rois. Lequel ? A cette question  des traditionalistes soutiennent que les rois de Ségou consultaient une multitude de conseillers qui ne se connaissaient pas. Si bien que chacun pensait être le plus proche de lui avant d’être surpris par la tournure de certaines décisions du trône. Ces derniers se sentaient trahi car le roi venait d’exécuter le contraire de ce qu’il venait de lui conseiller la veille. C’est pourquoi le balazan bossu est assimilé à la trahison. Ce que rejette  le cosmos bamanan pour lequel  trahir revenait à ne pas honorer volontairement un engagement. Ce qui est très gravissime  dans une culture où la trahison est reconnue  comme le  propre des  enfants adultérins. Elles   précisent que le  roi  écoutait  avec une attention particulière ses conseillers Mais sa décision était prise sans eux car cela relève de sa seule discrétion après avoir récolter assez d’informations. En effet  le pouvoir bamanan avait développé un système de renseignement dont les principaux centres  d’apprentissage étaient basés à  WELENGANA dans la commune rurale de Pelengana actuel et Wetta sur la rive gauche du Fleuve à la limite du sahel dans l’actuel arrondissement de Farako * C’est pourquoi les noms de ces deux cité figurent dans  la carte postale Par ailleurs le balazan reste très présent dans la culture Ségou qui l’a élevé au rang de mythe Acacia Cette  plante du sahel dans la cosmogonie bamanan est la preuve de la grandeur et de l’unicité de Dali mansa (dieu créateur). Cette plante a la faculté de perdre ses feuilles durant l’hivernage et de verdir pendant la saison sèche. Cette faculté unique en son genre dans le biotope du sahel fait du balazan une plante presque vénérée car ses feuilles et ses fruits permettent de nourrir le bétail au moment où la savane brule de chaleur. Par ailleurs, les branches et rameaux une fois à terre se décomposent rapidement en fixant l’azote. En nourrissant le bétail en période de soudure et en fertilisant les sols, le balazan force le respect dans l’idéologie populaire des peuples de la savane en majorité agriculteur. Un adage de Ségou dit qu’ « un pied de balazan équivaut à un bonus de 20 paniers de mil ». C’est pourquoi la plante est protégée contre toute coupe anarchique et il est déconseillé de consommer son fagot comme bois de chauffe. Les rois de Ségou ajouteront le balazan au symbole ou sacrement du pouvoir. Ainsi, à chaque campagne la troupe était chargée de disséminer  des graines du balazan sur son parcours et à travers tous les territoires nouvellement conquis. Ce qui fait que le balazan est devenu signe de présence du pouvoir central de Ségou.

Selon les botanistes, l’acacia Alida dispose de racines  lui permettant d’aller à la recherche de l’eau dans les profondeurs de la terre. Ces racines peuvent aller jusqu’à 6 m et voilà pourquoi l’acacia Alida poussent des feuilles en pleine saison sèche. Mais avec la remonté de la nappe phréatique, les racines se trouvent submergées ce qui provoquant une asphyxie entrainant une   sous-alimentation de la plante d’où la perte des feuilles en saison des pluies

En ce qui concerne les « neuf marakadougou&, il est admis par toutes les sources crédibles  que les plus anciens éléments du peuplement de Ségou seraient les Bozos ou « gens du fleuve » et les « Marakas » entendez par là Soninké. Ces derniers jadis princes plus au nord  auraient migrés vers le sud suite au déclin  de l’empire du Wagapou à la recherche d’un mieux-être. C’est ainsi qu’ils  fondèrent des cités commerçantes dont les plus célèbres sont les neufs Marakadougou  que sont MARAKADUGUBA, KOUKOUN, FARAKOU, BOUSSIN, TOGOU, FOUNOUFOUNI, KOILA TIEN ET  TATRIMA

Ces cité commerçantes ont fini par devenir des centres de rayonnement de la culture musulmane  et ont imposé le respect à travers des grands érudits et de grands marabouts qui ont participé à l’émergence du Fanga Bamanan. De nos jours nombreux de villages sont craints et respectés à cause de passé, mais aussi à la continuité du rôle qu’ils jouent de nos jours. Il n’est pas rare de rencontrer des émissaires des grands de ce pays sur les pistes qui conduisent vers ces cités légendaires à la recherche de solution à leurs problèmes. . 

Par  étymologie Do veut dire berceau de la connaissance et le pays du do que se partagent les deux rivent du Niger  a été le bastion des guerriers preux et de grand érudits Les douze villages du DO se trouvent aujourd’hui sur les deux rives du Niger  dans les cercle  de baraoueli et Koulikoro  Sur la  rive droite du fleuve Niger dans le cercle de Baraoueli, il s’agit de  DOUGOUBANI (actuel site de  Tamani,). FONI . SIEN plus connu aujourd’hui sous le nom de  Bassidialandougou ou Bachila, KAMBA, KAKORO, TONZOUGOU. Sur la Rive Gauche du fleuve Niger on retrouve NIAMINA , KOLIMANA,BANAMBLE, KON-SOFIN , GANGUE ET  SON

 Ces douze villages mythiques occupent de terroirs dominés par marres qui annoncent le delta du niger .Ces terroirs jadis riches en eau et en gibier ont accueilli les premières vagues de immigrants Soninke venues  suite à l’asséchement du sahel .Les marres qui sont au nombre de sept (7) sont DOKOBA, N’DJIDABOUGOUKO, NIEBLENI, TOLA SEGUELA-BALEN, GANGUE-BALEN et  TONZOUGOU KO. Ces marres qui aboutissent généralement au fleuve Niger ont berce assez de légende et de contes de la savane tel que Ntorongele, la légende du DO

MOC

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