Extraction de sable : un moyen de survie pour de nombreuses femmes

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Pour survivre, des femmes sont obligées d’extraire du sable dans le fleuve. Un travail qui ne se fait sans difficultés.

Dans une eau presque puante sous laquelle se trouve mélanger le sable avec de la terre et toute sorte d’ordures, voici des femmes, portant des pagnes (troués pour certaines) atteignant à peine leurs genoux, pieds nus, en train d’extraire du sable.

Des enfants nus assis à même le sol au bord de l’eau attendent en pleurs leurs mères qui se trouvent dans l’eau. Ces femmes appelées par certains en bamanankan «morosɔbɔlaw» -ce qui signifierait les femmes qui extraient du sable et qui vendent en petits tas- sont nombreuses sur la berge du fleuve Niger à Kalaban-coro.

Kany, une d’entre elles, affirme avoir commencé à extraire du sable presqu’en bas-âge, en compagnie de sa maman. Elle affirme aussi que ce qu’elle gagne lui permet de couvrir ses besoins. Elle dit faire ce travail en l’absence de perspectives.

Madame Sinayogo, depuis 8 ans, extrait du sable dans le fleuve. Elle se plaint de ne pouvoir couvrir ses besoins avec les revenus qu’elle tire de son activité. Car, poursuit-elle «nous vendons par tas et nous vendons le tas à 1000 Fcfa et rares sont celles qui peuvent extraire plus d’un tas par jour. Avec ces 1000 Fcfa, comme revenu quotidien, on doit s’acheter du savon pour se laver ainsi que nos habits. Il nous est donc difficile de faire face à nos petites dépenses».

Hawa Coulibaly de son côté affirme que ça fait plus de 12 ans qu’elle fait ce travail. Ce travail, selon elle, n’est pas bénéfique. Car, affirme-t-elle, «ce que nous gagnons ici, c’est pour nourrir nos familles, et faire de petites dépenses». En plus, poursuit-elle, il y a des jours où on ne gagne rien, faute d’avoir pu constituer le moindre tas de sable.

Elle affirme qu’il y a beaucoup de difficultés dans ce travail. Parce que, poursuit-elle, «quand nous descendons le soir, nous avons du mal à dormir car nous ressentons de la fatigue dans tout le corps. Ensuite, il arrive aussi, au cours du travail, qu’on se blesse par les morceaux de bouteille (tessons de bouteille), de fer etc., qui sont sous l’eau».

Soumba Coulibaly, pour sa part, dit faire ce travail depuis 2002. Comme Hawa Coulibaly, Soumba affirme que ce qu’elle gagne est insuffisant pour couvrir tous ses besoins car «si mon revenu pouvait  couvrir tous mes besoins, je ne serais pas toujours en train de faire le même travail depuis 2002». Comme les autres, elle dit vendre le sable en tas mais à 500Fcfa.

Mariam Kané affirme à son tour avoir commencé ce travail il y a 7 ans. Comme certaines, elle dit être soulagée par ce travail ; même si elle déplore l’insuffisance de ses revenus pour pouvoir couvrir tous ses besoins.

Fadiala N. Dembélé

Stagiaire

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