Tabassés et sans nourriture, des migrants coincés à la frontière Algérie-Maroc
"Un de nos compagnons a une fracture au bras, un autre s’est évanoui"
Photo prise par un migrant. Elle montre le drapeau algérien flottant sur un poste frontière de l'Algérie. Facebook.[/caption]
Depuis, c’est un calvaire. Au début, nous avions quelques biscuits que nous nous partagions. Mais là, il ne nous reste plus rien. Pour nous alimenter, nous cueillons une plante qui pousse ici et qui ressemble à l’oignon. Pour boire, nous recueillons l’eau dans une espèce d’étang. Je ne sais même pas si elle est potable. Les militaires algériens et marocains ont refusé de nous donner des vivres.

Un groupe de migrants coincés dans un no man's land à la frontière entre le Maroc et l'Algérie. Facebook.[/caption]
Il y a plusieurs blessés parmi nous. Deux de mes compagnons sont blessés au niveau de la tête. Un autre a un genou enflé et ne peut plus marcher. Un autre encore souffre d’une fracture du bras. À bout de forces, l’un de nous s’est même évanoui aujourd’hui [lundi]. Nous sommes totalement livrés à nous-même. Il faut nous aider !
Je croyais ces pratiques révolues. Depuis la mise en place d’une nouvelle politique d’immigration basée sur l’accueil en 2014, les autorités marocaines ne reconduisaient plus les migrants à la frontière algérienne [Environ 25 000 personnes, pour la plupart originaires d'Afrique subsaharienne et de Syrie, ont été régularisées en 2014. Fin 2016, les autorités marocaines ont lancé une deuxième vague de régularisation qui devrait concerner des milliers de personnes, NDLR]. Certes, les autorités marocaines procèdent régulièrement à des arrestations de migrants dans le nord du pays. Mais ils sont conduits dans des villes du sud du pays, comme Fez et Agadir, le but étant de les éloigner des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. C’est la première fois depuis plus de trois ans que j’entends parler de migrants reconduits à la frontière algérienne. C’était une pratique assez courante avant 2013. Toutefois, les migrants pouvaient rebrousser chemin et retourner vers les villes du nord du Maroc. Mais là, ils sont totalement coincés. C’est étonnant.Ses propos sont corroborés par d’autres ONG comme le Centre national des droits de l’Homme. Pour en savoir plus sur la situation de ces migrants, la rédaction des Observateurs de France 24 a contacté le commissariat d’Oujda, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions. Nous publierons leur réponse si leur réponse des autorités marocaines dès qu’elle nous parviendra.