L''ancien président de la République sur la voie du soufisme : Moussa Traoré invité d''honneur de Cheick Soufi Bilal pour le Maouloud 2007

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Depuis son élargissement en 2002 par le Président de la République Alpha Oumar Konaré, l”ancien Chef de l”Etat, le Général Moussa Traoré, vit dans la résidence que l”Etat malien lui a affecté à Djicoroni-Para. Il est devenu un très pieux musulman. C”est pourquoi sa présence, dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 mars, lors du grand prêche de Soufi Bilal à l”occasion du Maouloud 2007, n”a pas surpris grand monde, même si certains fidèles avaient commencé à l”oublier. Invité d”honneur de la cérémonie, Moussa Traoré était accompagné pour la circonstance de son fils Idrissa, plus connu sous le nom de Idy. L”événement a eu lieu à la grande Zawiya de Djicoroni-Para.


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ésident Moussa Traoré invité d”honneur de Cheick Soufi Bilal pour le Maouloud 2007
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Les fidèles musulmans ont célébré le samedi 31 mars dernier la naissance du Prophète Mohamed (PSL), la commémoration de son baptême a été célébré le vendredi 6 avril. Comme à l”accoutumée, la communauté musulmane des Soufis du Mali a commémoré avec éclat cette fête. Dans la nuit du vendredi 30 au 31mars, son guide spirituel, Cheick Soufi Bilal, a animé un grand prêche à la grande Zawiya de Djicoroni-Para. Les populations ne sont pas restées en marge de l”événement puisqu”elles sont sorties massivement pour écouter Cheick Soufi Bilal, de 23 heures à l”aube. 

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L”invité d”honneur de la soirée était le Général Moussa Traoré, ancien Président de la République du Mali, qui était accompagné pour la circonstance de son fils Idrissa, plus connu sous le nom de Idy. Comme à son habitude, l”ancien Chef d”Etat était habillé en bazin blanc brodé et avait pris un sérieux coup de vieux. 

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Selon nos informations, c”est son fils Idy qui s”occupe de lui actuellement. Le choix de Moussa Traoré, selon Soufi Bilal, s”explique par le fait que ce dernier est un pieux musulman, qui a le Coran dans le cœur. "Je n”ai aucune relation particulière avec Moussa Traoré. Lorsque je l”ai invité, il n”a posé aucun problème. Sa présence à cette fête du Maouloud nous honore. Elle prouve à suffisance qu”il accorde beaucoup d”intérêt à notre communauté. Nous ne pouvons que l”en remercier" nous a confié le Cheick.

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Depuis son l”élargissement en 2002 par le Président Alpha Oumar Konaré, aujourd”hui président de la Commission de l”Union Africaine, le Général Moussa Traoré coule des jours paisibles dans sa résidence de Djicoroni-Para. Toujours selon nos sources, il  est devenu aujourd”hui un pieux musulman, qui passe tout son temps à prier. Balayé en mars 1991 par le vent de la démocratisation, Moussa vit aujourd”hui dans les meilleures conditions. Il bénéficie de tous les avantages et privilèges dus à son rang d”ancien Président de la République du Mali, alors que l”époux de Mariam Sissoko a régné sans partage sur le Mali pendant plus de 22 ans. Après sa libération, il n”a pas été donné à n”importe quel journaliste d”interviewer Moussa.

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On ne sait pas comment il a accepté d”accorder un entretien, lors de cette nuit du Maouloud, à notre confrère d”Africable Yacouba Dansoko. C”est un vrai scoop pour la Chaîne du Continent, car on sait que cela faisait longtemps que les Maliennes et les Maliens ne voyaient plus le visage de Moussa Traoré sur le petit écran. Il a saisi cette opportunité pour exprimer toute sa joie.. Selon lui, "l”espace où l”événement se déroule aujourd”hui est trop petit pour contenir tous les fidèles musulmans qui souhaitent y assister. Il faut donc penser à l”agrandir où à trouver un nouveau site pour que les gens puissent venir écouter Cheick Soufi Bilal". Moussa était tellement ému qu”il a même versé des larmes à un moment de la soirée.

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La religion n”est pas seulement la lecture du Saint Coran ou encore le prêche, c”est aussi le sport et la culture. Raison pour laquelle la communauté musulmane des Soufis du Mali organise, lors de chaque Maouloud, une semaine sportive et culturelle. Les festivités  de la présente édition ont démarré le samedi 31 mars.

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La cérémonie de lancement a eu lieu dans une ambiance festive et populaire, puisque tout le quartier était mobilisé pour la circonstance. Pour en rehausser l”éclat, des délégations s”étaient déplacées de nombreux pays, comme le Sénégal, le Burkina Faso, la Côte d”Ivoire, le Togo, la Guinée, etc. Certains guides spirituels soufis venus des quatre coins du Mali étaient eux aussi présents. Cette semaine, dont la clôture est prévue pour ce vendredi 6 avril est une opportunité offerte aux jeunes de se rencontrer et de se faire connaître. C”est une semaine de ferveur qui fait oublier les aléas du quotidien et pendant laquelle la foi renaît dans les cœurs.  C”est également un facteur de développement.

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Cette semaine sainte a été marquée par plusieurs activités comme la lecture du Saint Coran et du Dalayil, les chants et cantiques, les arts martiaux, la poésie et les sketches. L”innovation de la présente édition est la tenue d”une conférence-débat sur la protection de l”environnement. La clôture de la semaine a été marquée par la remise de diplômes de participation et de prix aux lauréats. C’est la Zawiya de Lomé qui a remporté la première place. Suivie respectivement par Djicoroni III, Banconi, de Côte d’Ivoire et Djicoroni II.

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La bénédiction finale du grand guide, Cheick Soufi Bilal, bouclera la boucle.

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Alou B HAIDARA

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Qui est Moussa Traoré ?

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Né le 23 septembre 1936 à Sébétou dans la région de Kayes, d”une famille malinké, Moussa Traoré est le fils d”un soldat de l”armée française, dans laquelle il s”engagera lui-même en 1954. Admis en 1960 à l”école d”officiers de Fréjus en France, il en sort Major de sa promotion. Il est nommé Lieutenant de l”armée malienne en 1964, puis sera Instructeur de l”Ecole Interarmes de Kati jusqu”en 1968.

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Général Moussa TRAORELe 19 novembre 1968, le jeune Lieutenant est le principal promoteur du coup d”Etat qui renverse Modibo Kéïta, au pouvoir depuis l”Indépendance en 1960. Dès lors, il va s”appliquer à verrouiller l”ensemble de l”appareil d”Etat. En septembre 1969, il devient président du "Comité militaire de libération nationale", Chef de l”Etat et du gouvernement. Il est promu Colonel en 1971 et Général sept ans plus tard. C”est ensuite l”heure des purges.

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 En février 1978, il fait arrêter plusieurs membres du gouvernement accusés de vouloir créer un "Etat dans l”Etat" et fonde l”Union démocratique du peuple malien (UDPM, parti unique), dont il devient le Secrétaire général en mars 1979. Grâce à cet organe pseudo démocratique, il fait valider son pouvoir par les urnes et devient Président élu quatre mois plus tard. 

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Elégant, vêtu toujours de boubous blancs et bleu ciel, la voix douce et le sourire franc, il dissimule une poigne de fer et une fine capacité de calcul politique, qui lui permettent d”affronter une forte agitation estudiantine puis une grave crise économique. Il supprime le poste de Premier ministre en 1988 et reste sourd aux pressions intérieures favorables au multipartisme, en même temps qu”il prend une dimension régionale importante, grâce à ses talents de diplomate.

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Il préside le Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (1980-83), puis l”Organisation de l”Unité africaine (OUA) en 1988-89. Il jouera notamment un rôle important dans la résolution des crises sénégalo-mauritanienne et tchado-libyenne ainsi qu”entre les parties belligérantes au Libéria.

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En janvier 1990, il réussit à obtenir un accord de paix avec la rébellion armée des Touaregs du Mali, auxquels il consent d”importantes concessions. En mars 1991, les militaires qu”il avait envoyé contre les manifestants pro démocratie se retournent contre lui et le renversent, mettant un terme à une sanglante insurrection qui a fait officiellement plus de deux cent morts et un millier de blessés.

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En 1992, l”ancien autocrate était condamné à mort pour crimes "politiques" puis de nouveau condamné à la même peine en 1999 pour crimes "économiques". Son épouse, Mariam, était elle aussi condamnée à mort pour crimes économiques. Lui et son épouse ont été graciés en 2002 par l”ex-Président de la République Alpha Oumar Konaré.

rnBamako-Hebdo du 13 Avril 2007.

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